Dans un rapport, le Center for Countering Digital Hate (CCDH) s’offusque de la diffusion par Google et Facebook d’informations relatives à la réversibilité de l’avortement médicamenteux (cf. IVG médicamenteuse : un processus irréversible ?). Des « publicités » qui expliquent que la prise de progestérone peut annuler les effets du mifepristone, le premier des deux produits administrés pour mettre fin à une grossesse (cf. Etude sur l’IVG médicamenteuse : « Je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Une douleur sans nom »). Huit Etats américains imposent que les femmes qui ont recours à l’avortement médicamenteux soient informées de cette possibilité.
« Nous avons supprimé un grand nombre des annonces identifiées dans le rapport – dont la plupart étaient inactives et dataient de plusieurs mois ou années – pour avoir enfreint nos politiques concernant l’offre de produits et services pour adultes », a déclaré un porte-parole de Facebook.
De son côté, Lila Rose, présidente de Live Action, un groupe de défense de la vie, a indiqué que Google avait cessé de diffuser leurs publicités. En revanche, « la publicité pour les services d’avortement reste autorisée » pointe-t-elle, déplorant l’absence de « contrepoint ».
Sources : The Guardian, Alex Hern (15/09/2021) ; Aleteia, Zelda Caldwell (15/09/2021) – Photo : Tumisu de Pixabay
À l’heure où sévit la « culture » de l’effacement des symboles de la civilisation dans les esprits de nos élites, il est instructif, et réconfortant, de voir chaque année les Français se presser aux portes des monuments civils et religieux, à l’occasion des Journées du patrimoine. Comme une sorte de plébiscite avec les pieds, chez des Français jamais lassés de redécouvrir les richesses de leur histoire… Mais aussi comme une illustration concrète d’un terreau, encore riche de plus de 50 % de nos concitoyens qui se disent catholiques, au moins du point de vue culturel. À l’instar, semble-t-il, d’un Jean-Paul Belmondo…
Encore faut-il que ce ne soit pas uniquement pour l’attrait des belles pierres, mais que celles-ci soient « habitées », c’est-à-dire des églises ouvertes et accueillantes, et aussi, au sens figuré, animées par un mystère qui nous dépasse. Avec son sens de la formule, Gustave Thibon exhortait à « dénuder la soif » de ce mystère, pour en « montrer la source ». Autrement dit, à conduire ce désir d’enracinement du naturel au surnaturel, « dans le Christ », selon le mot de saint Paul.
Dès lors, l’Église a l’immense responsabilité de faire découvrir à nos contemporains cette soif qui les anime, parfois inconsciemment, et elle possède pour cela une science bimillénaire : sa liturgie, qui est comme une « mise en musique » précise, d’une richesse poétique et spirituelle inégalée, à travers les sacrements, la prière des Heures, les bénédictions, etc. Tout ce qui permet à l’homme de se rapprocher de Dieu, et à Dieu de renouer son Alliance en partie rompue par l’homme après le péché originel.
Car en définitive, cela seul peut parler au cœur de l’homme du XXIe siècle, qui n’en finit pas de se déclarer coupable et qui ne trouve nulle part dans la société matérialiste de quoi étancher sa soif d’absolu. Sauf que pour renverser la vapeur, il faudrait un miracle, remarquait déjà Mgr Georges Chevrot en 1942. La bonne nouvelle est que ce miracle existe, il est même à notre portée, soulignait le curé de Saint-François-Xavier à Paris : c’est la messe, qui oppose au règne du péché celui de Dieu, par l’actualisation du sacrifice de la croix. Ainsi, « seul Dieu peut briser les forces du mal » et nous donner la vraie paix.
La liturgie : un antidote
Car il y a quelque chose de « cosmique » dans la liturgie, affirment les spécialistes, qui englobe toutes nos réalités humaines, y compris la Création, et qui réconcilie la nature blessée avec Dieu en l’élevant au-dessus d’elle-même, jusqu’au porche du mystère divin, que nous connaîtrons en pleine lumière après notre mort.
La liturgie constitue ainsi un antidote à l’activisme, au règne de l’immédiat, à la laideur, l’individualisme, l’angoisse, le désespoir… Tous les maux modernes se trouvent guéris par la beauté et la contemplation de ce mystère, à condition de ne pas vouloir l’adapter sans cesse au goût du jour… Comme le disait Simone Weil, marquée par les totalitarismes du XXe siècle, mais restée au bord de la foi, « la quantité de mal qui est en nous ne peut être diminuée que par le regard posé sur une chose parfaitement pure… »
Mariage homosexuel, pilule, euthanasie… Un texte inédit de Benoît XVI sort en Italie Posted: 16 Sep 2021 07:44 PM PDT Dans un livre sur l’Europe à paraître ce 16 septembre en Italie, le pape émérite Benoît XVI alerte sur les conséquences en cascade de la séparation entre sexualité et fécondité. Une analyse partagée et saluée par le pape François. « Avec la légalisation du “mariage homosexuel” dans seize États européens, le thème du mariage et de la famille a pris une nouvelle dimension qui ne peut certainement pas être ignorée ». Telle est la première phrase du texte inédit du pape émérite Benoît XVI introduisant l’ouvrage La Vera Europa, identità e missione, – La vraie Europe, identité et mission – qui paraît le 16 septembre aux éditions Cantagalli. Le livre de 264 pages est le troisième volume d’un projet éditorial qui rassemble une sélection des textes de Joseph Ratzinger-Benoît XVI. Les deux précédents ouvrages avaient également été préfacés par le pape François. Liens étroits entre la pilule et le suicide assisté Dans son texte d’un peu plus de deux pages envoyé à l’éditeur en avril dernier, Benoît XVI dresse un raisonnement en quatre temps. D’abord, il explique que « le “mariage homosexuel” est en contradiction avec toutes les cultures de l’humanité qui se sont succédées jusqu’à présent ». Jamais auparavant n’avait été remis en question le fait que « l’existence de l’homme – en tant que mâle et femelle – [était] ordonnée à la procréation », insiste-t-il. Cette « certitude originelle qui a été évidente pour l’humanité » a selon lui été bouleversée avec l’introduction de « la pilule » contraceptive. Car celle-ci a rendu possible la « séparation entre fécondité et sexualité ». Dès lors, toutes les formes de sexualité sont devenues « équivalentes » ; « il n’existe plus aucun critère de fond », constate le pontife émérite. Il en déduit que, si la sexualité est séparée de la fécondité, « alors, inversement, la fécondité peut naturellement être pensée sans sexualité ». L’homme ne serait donc plus compris comme « un don reçu » mais un comme « produit planifié ». Or, « ce qui peut être fabriqué peut aussi être détruit », prévient le théologien de 94 ans. Et de s’inquiéter de la « tendance croissante » au recours au « suicide comme fin planifiée de la vie ». Finalement, le pape émérite assure que derrière les réflexions sur le mariage homosexuel, la pilule ou bien le suicide assisté se cache une « question fondamentale » : « qui est l’homme ? ». Il pose alors cette alternative : « soit l’homme est la créature de Dieu, l’image de Dieu, le don de Dieu, soit l’homme est un produit que lui-même sait créer ».Un raisonnement salué par le pape François Dans sa préface rédigée le 28 juillet dernier, le soutien du pape François au pape émérite est manifeste. « Je suis heureux de présenter ce volume », commence-t-il par écrire, avant de reprendre brièvement l’alternative existentielle proposée par son prédécesseur et les enjeux qu’elle soulève. Il s’attriste lui aussi du fait qu’en Europe, « l’idée de respect de toute vie humaine disparaît de plus en plus, à partir de la perte de la conscience de son caractère sacré ». Puis il écrit : « au fil des ans, Benoît XVI n’a pas craint de dénoncer avec beaucoup de courage et de clairvoyance les nombreuses manifestions de ce renoncement dramatique à l’idée de création, jusqu’aux conséquences actuelles les plus récentes ». Des conséquences qui, selon le pontife argentin, sont « décrites de manière absolument claire et convaincante dans le texte introductif [de Benoît XVI, ndrl]». En conclusion de sa préface, le pape François fait sienne l’espérance de son prédécesseur, convaincu que « le désir de Dieu » est « profondément inscrit dans chaque âme humaine et ne peut disparaître ». Et de le citer : « nous les humains, sommes agités jusqu’à ce que nous ayons trouvé Dieu. Cette agitation existe aussi aujourd’hui. C’est l’espérance que l’humanité, encore et toujours, se mette en route vers ce Dieu ». Source : Famille chrétienne
François a rencontré lundi à la nonciature de Bratislava l’ancien archevêque de Trnava, Robert Bezák, 61 ans, pour une audience privée avec ses proches. Mercredi, il a co-présidé la messe de François à Šaštín.
Mgr Bezák a été nommé archevêque de Trnava en 2009, à l’âge de 49 ans, ce qui en fait le plus jeune évêque slovaque. Le père polonais Dariusz Oko documente que Bezák fréquentait des salles de sport et des saunas gays et a créé un réseau de prêtres homosexuels. Il a donc été destitué par Benoît XVI en 2012, tandis que les médias dominants, qui aiment Bezák, continuent de prétendre qu’il a été puni pour avoir dénoncé son prédécesseur.
Des témoins ont confirmé que Bezák, qui travaillait comme professeur de religion dans une école protestante, a continué à exercer son vice jusqu’à récemment. François – qui a un faible personnel pour le clergé homosexuel, dont le cardinal McCarrick – a rouvert de vieilles blessures en réhabilitant de facto Bezák aux yeux des médias.
Déposé par Benoit XVI, réhabilité par François : l’évêque slovaque Mgr Robert Bezák, qui avait été mis sur le banc de touche par l’ancien pontife allemand pour cause d’homosexualité s’est trouvé un allié de poids, el Papa argentin.
« Du point de vue canonique et ecclésiastique, analyse le journaliste italien Riccardo Cascioli, spécialiste du Vatican, dans un article paru le 15 septembre dernier, on ne peut pas parler de réhabilitation réelle, mais du point de vue de l’opinion publique et de la perception générale, la réhabilitation est aussi complète que déconcertante. Il s’agit de l’évêque « homosexuel » slovaque Robert Bezák, déposé en 2012 par le pape Benoît XVI et désormais remis de facto en selle par le pape François lors de la visite pastorale en Slovaquie. A tel point que ce matin, comme la nonciature apostolique l’a communiqué à l’épiscopat slovaque, il fait partie des évêques concélébrant à la messe finale du Pape en terre slovaque. »
Le Pape a en effet rencontré, à la nonciature, le prélat Robert Bezák et les membres de sa famille, et le photographe officiel a immortalisé ce moment, photographie destinée en Slovaquie à avoir un impact bien plus grand que toutes les réunions officielles de ces jours.
Cascioli rappelle de quelle sorte est la sordide histoire qui colle à la peau de Monseigneur Bezák et qui a profondément divisé l’Église slovaque il y a dix ans :
« Bezák a été nommé évêque de Trnava en 2009, à l’âge de 49 ans, le plus jeune évêque de son pays, se présentant comme un pasteur ouvert, attentif aux questions sociales, déterminé à gouverner dans la transparence. Il était l’antithèse de son prédécesseur, Jan Sokol, qui a pris sa retraite en raison de la limite d’âge mais avec l’ombre de lourdes accusations pour de prétendues relations ambiguës avec les services secrets de l’ancien régime communiste et pour une gestion obscure des finances du diocèse. Cette dernière accusation est amplifiée par les dénonciations au Saint-Siège de Mgr Bezák lui-même. Mais bientôt les ombres s’épaississent également sur la tête du jeune évêque de Trnava qui, en juin 2012, a été invité à démissionner et, lorsqu’il a refusé, a été promptement relevé de sa charge pastorale. »
Que s’est-il passé ?
« Bezák, raconte Roberto Casciloi, a toujours soutenu qu’il n’avait jamais reçu de motivation officielle pour cette procédure, même si certaines objections à ses positions doctrinales en matière de moralité sexuelle avaient été explicitement formulées. Et pour cette raison, une partie de l’Église slovaque a vivement réagi à la décision du Saint-Siège. On a également parlé pour lui d’une gestion douteuse des actifs économiques du diocèse, mais en réalité la principale raison de la décision du Vatican se trouve dans l’homosexualité pratiquée par Bezák, également documentée dans le livre du prêtre polonais Dariusz Oko consacré à l’homohérésie et à l’activité de lobbying gay dans l’Église. »
« Il était largement admis que Bezák fréquentait les gymnases et les saunas avec une tendance claire, mais pas seulement : en tant qu’évêque, il est également tenu pour responsable d’avoir contribué à la formation d’un réseau de prêtres homosexuels. Au fil des années, cet aspect est devenu de plus en plus clair, à tel point que les cercles libéraux extérieurs à l’Église se sont mobilisés pour sa défense en Slovaquie.
« Pendant ce temps, Bezák, qui ces dernières années enseignait la religion dans un lycée protestant de Bratislava, était déjà en mesure en 2014 de remettre une de ses lettres au Pape, qui l’a en fait reçu au Vatican en avril 2015, et de là une relation familiale a continué qui a conduit aux développements de ces jours derniers. Précisément en prévision de sa visite en Slovaquie, le pape François avait invité Mgr Bezák au Vatican le 24 juin, où l’ancien évêque de Trnava a concélébré et dîné avec le pape. »
Afin de ne pas créer d’opposition au sein de la hiérarchie slovaque, le pape François a imposé la réhabilitation publique de Mgr Bezák en l’invitant parmi les concélébrants à sa messe de clôture de sa visite pastorale, sans en informer au préalable les autres évêques slovaques. Ces récents développements en faveur du retour en grâce au Vatican de cet prélat gay-friendly mettent en embarras l’actuelle Conférence épiscopale slovaque, unie dans le jugement négatif sur Monseigneur Bezák, d’autant plus qu’il existe des rapports de documents et de témoins qui confirmeraient que Mgr Bezák a continué à se comporter de manière inappropriée ces dernières années, et c’est un euphémisme. Et il est certain que les milieux habituels proches du pape actuel en profiteront pour faire avancer l’agenda du lobby gay dans l’Église conciliaire.
Vatican II a détruit la doctrine, le post-concile détruit par voie de conséquence la morale, telle est la logique en marche du progressisme, principe qui anime l’Eglise conciliaire depuis sa naissance, le pape François n’étant que l’instrument placé à ce poste d’autorité pour mettre en pratique l’idéologie du progrès.
Seule au monde ? La France face au vertige de son destin géopolitique
Alors que l’annulation par l’Australie du contrat de la vente des sous-marins français révèle le resserrement des rangs de l’Occident anglo-saxon (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie) face à la Chine, la France est bien seule, toute membre de l’UE et du couple franco-allemand qu’elle est.Barthélémy Courmont et Gaspard Schnitzler
Seule au monde ? La France face au vertige de son destin géopolitique
Atlantico : L’Australie a rompu un contrat de 56 milliards d’euros avec la France portant sur l’achat de 12 sous-marins pour finalement privilégier les Etats-Unis. Dans le même temps, les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont conclu un pacte de sécurité dans l’Indo-Pacifique. Comment peut-on expliquer ce revirement ?
Barthélémy Courmont : Ce revirement est aussi spectaculaire que maladroit de la part du premier ministre australien Scott Morrison. Spectaculaire car il met un terme à un partenariat important pour les deux pays, et qui répondait à la volonté de Canberra de ne pas être trop dépendant de son allié American. Maladroit parce que cette dépendance est renforcée, et parce que l’Australie de Morrison réussit la prouesse de froisser deux de ses principaux partenaires dans le Pacifique sud, la France et la Nlle Zélande, cette dernière se montrant irritée par l’acquisition de sous marins à propulsion nucléaire. Ce revirement est le résultat des pressions exercées par Washington et Londres, et en plus de porter un coup à la relation de confiance entre allies, il fragilise l’Indopacifique, qui apparaît ici comme la manifestation d’un hégémon américain, sans que les partenaires ne disposent d’une marge de manœuvre. Avis à bon entendeur. Gaspard Schnitzler : Il y a plusieurs explications à ce revirement. Tout d’abord, ce contrat n’était pas très populaire en Australie. Il y a eu tout une campagne médiatique de la part d’une partie de la classe politique australienne qui souhaitait négocier un nouveau contrat. C’est aussi lié à un repositionnement géopolitique de l’Australie qui prend conscience de la menace grandissante de la Chine dans la zone indo-pacifique. L’Australie a décidé de revoir ses orientations de défense en acquérant des sous-marins non plus à propulsion classique (diesel et électrique, ceux vendus par la France) mais à propulsion nucléaire (ceux vendus par les Américains). Ces derniers sont plus furtifs et offrent une plus grande autonomie, une plus grande capacité de projection. La France ne veut pas exporter des sous-marins à propulsion nucléaire parce que ce sont des technologies sensibles. Il était par ailleurs question d’un transfert de technologie entre la France et l’Australie. C’est quelque chose qu’on pouvait imaginer avec un sous-marin classique mais sûrement pas avec un sous-marin à propulsion nucléaire.
D’un point de vue diplomatique, les Australiens se rapprochent des Etats-Unis et du Royaume-Uni dont ils sont déjà très proches, notamment grâce à l’organisation Fives Eyes qui est une communauté de renseignement des pays du Commonwealth. Avec l’arrivée de Joe Biden, l’Amérique continue de se comporter de façon unilatérale comme le faisait Trump, allant jusqu’à torpiller le contrat d’un pays allié. Le Royaume-Uni suit sa stratégie « Global Britain » consistant à diversifier les partenariats et montrer que le Brexit n’est pas un isolement. Pour la France, c’est un échec cuisant d’un point de vue stratégique quand on voit tout ce qui a été entrepris ces dernières années dans le domaine de la coopération dans l’indo-pacifique et un fiasco commercial pour Naval Group évidemment. À Lire Aussi Le contrat du siècle (34 milliards d’euros pour les douze sous-marins australiens) offre une formidable leçon d’économie à l’Etat français
Faut-il y voir de la part d’une partie de l’Occident une volonté de désigner la Chine comme la menace n°1 sans inclure l’UE dans la bataille ?
Barthélémy Courmont : C’est évidemment la Chine qui est désignée comme le compétiteur, et justifie cette alliance de pays anglophones. La construction de la menace chinoise ne date pas d’hier à Washington, elle reçoit aujourd’hui un écho favorable du Royaume Uni en quête désespérée de partenaires depuis le Brexit, et des milieux conservateurs australiens. Dans ce décor, l’UE, qui ne souhaite pas entrer dans cette logique de guerre froide (et c’est heureux), n’est visiblement pas la bienvenue. Les Etats-Unis y perdent en crédibilité, et la Chine marque des points… Gaspard Schnitzler : Les Etats-Unis ont cette volonté de rallier les autres pays dans leur lutte contre la Chine qu’ils considèrent comme la menace principale. Les Britanniques sont aussi préoccupés par la Chine mais de toute façon ils se sont souvent positionnés sur la ligne américaine.
Pour l’UE, c’est aussi une opportunité de mener sa propre stratégie indo-pacifique avec la France en tête de file. C’est le premier pays de l’UE à avoir adopté une stratégie dans cette région. Entre-temps, l’Allemagne a aussi intégré l’indo-pacifique comme une zone prioritaire alors que ce n’est pas du tout leur environnement traditionnel.
La France de la défense se retrouve-t-elle seule au monde, malgré son appartenance à l’UE et son implication dans le couple franco-allemand ? Doit-elle changer d’alliés ou faut-il se préparer à faire cavalier seul faute d’alliés fiables ?
À Lire Aussi La modernisation de la flotte australienne de sous-marins : un enjeu géopolitique pour la France Barthélémy Courmont : La France ne doit surtout pas se contenter de communiqués qualifiant de « regrettable » ce revirement australien. Il faut des actes forts. Pour rappeler à nos partenaires l’importance stratégique de Paris, avec ses appuis dans la région, et une capacité navale qui en fait un acteur incontournable. Cela passe par deux impératifs. D’abord la formulation d’une stratégie Indopacifique indépendante, et non dictée par Washington, et donc en ne s’alignant pas sur la politique étrangère hasardeuse de Joe Biden. Ensuite en se retirant, à titre provisoire, de l’OTAN. Comment pouvoir rester dans une alliance si deux des principaux membres, Washington et Londres, agissent dans l’ombre pour affaiblir les intérêts de la France? Le scandale de la rupture du contrat des sous marins australiens doit inviter le président de la République à muscler son discours face à des alliés qui ne le respectent pas. Il en va de la crédibilité de notre pays sur les questions stratégiques. Ce n’est pas uniquement la politique de la France en Indopacifique qui est attaquée, mais la relation transatlantique qui montre, une nouvelle fois, ses limites. Gaspard Schnitzler : Je ne sais pas si cet événement isole vraiment la France. On parle ici de trois pays anglo-saxons qui veulent partager des capacités dans le domaine de l’IA, du cyber et des armements stratégiques. C’est finalement assez pragmatique. L’Australie est plus proche culturellement du Royaume-Uni et des Etats-Unis que de la France.
Le France reste très présente militairement dans l’Indo-pacifique (7 000 militaires, une quinzaine de bâtiments et une quarantaine d’aéronefs français, NDLR) et le sera toujours. Il y a 2 millions de ressortissants français ainsi qu’un certain nombre de territoires et de zones économiques exclusives. La France lutte pour défendre la libre circulation dans ces eaux. Dans cet environnement, l’Inde est un allié essentiel à qui on a vendu des sous-marins. On a aussi un certain nombre de prospects dans des pays comme les Philippines. À Lire Aussi Australie : retour au réel
« Ce dont nous avons besoin, c’est de l’Union européenne de la défense », avait encore martelé Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union. L’actualité vient-elle corroborer ses propos ? A quel point la France en a-t-elle besoin face aux autres puissances ?
Barthélémy Courmont : Bien sûr que ces propos sont fondés, même si on sait à quel point ce vœu reste une promesse qui ne s’accompagne pas de mesures fortes. L’UE doit être en mesure de définir une stratégie sur l’Indopacifique et face au défi chinois qui soit à la hauteur de ces enjeux, dans l’affirmation de sa souveraineté et de ses valeurs, et en toute indépendance. La rivalité Chine-USA est une réalité géopolitique que personne ne peut ignorer. Mais elle ne doit pas imposer à l’UE un positionnement qui ne répondrait pas à ses intérêts. Le rôle de médiateur et d’arbitre de cette compétition est le meilleur possible, l’alignement sur d’autres puissances sonnerait de son côté le glas de la politique étrangère et de défense de l’UE. Gaspard Schnitzler : La solution se trouve sûrement en Europe. Encore faut-il trouver une stratégie commune aux Etats membres de l’UE. D’ailleurs, quand on regarde le communiqué de presse diffusé par le ministre des Affaires étrangères hier matin, on voit bien qu’ils utilisent cet évènement en faveur d’un renforcement de la coopération entre Européens en soulignant que les Américains ne sont pas des alliés fiables
L’homme nu et jaune exposé sur la scène de la dernière eucharistie de François à Šaštín, en Slovaquie, était « saint Joseph », affirme le site web des évêques slovaques.
Selon la peintre, Dorota Sadovská, l’image montre « l’ouverture » de Joseph, sa qualité pour « l’écoute » et « le changement ».
« La ligne de base de sa posture, allant de sa tête par-dessus son épaule droite jusqu’au geste d’accueil de sa main droite, crée un arc imaginaire ouvert et acceptant », a-t-elle philosophé.
La fleur dans la main gauche est un « lys » qui fait référence à la pureté de Joseph. Mme Sadovská estime que la simplicité des formes et la couleur jaune « évoquent le corps nouveau et glorifié des saints au ciel. » Elle aurait dû devenir romancière car elle s’explique mieux par l’écriture que par la peinture.
Ce n’est qu’un exemple de plus du fait que l’Église du Conseil est tombée dans le piège d’un « art » sexualisé et sécularisé.
La pancarte dit : Bolsonaro est un taliban évangélique
Alors que le torchon brûle entre le sommet de l’Etat brésilien et le pouvoir judiciaire, la célébration de la fête de l’indépendance, le 7 septembre 2021, revêtait un caractère particulier, des dizaines de milliers de partisans de Jair Bolsonaro manifestant dans tout le pays. Le même jour, l’Eglise catholique encourageait l’opposition au président à descendre aussi dans les rues.
Au cours de l’été 2021, Jair Bolsonaro – donné largement perdant face à son concurrent déclaré, l’ex-président Ignacio Lula, en cas de duel électoral – ne ménage plus ses critiques à l’égard de la Cour suprême, en particulier deux de ses juges, Luis Roberto Barroso et Alexandre de Moraes, qui ont intenté plusieurs actions judiciaires contre le chef de l’Etat.
De leur côté, les soutiens de l’actuel président brésilien affirment qu’il y aurait une conspiration de certaines élites contre sa réélection.
Les partisans de Bolsonaro se sont mobilisés par dizaines de milliers dans le pays, le 7 septembre, à l’occasion de la fête nationale, afin de défendre celui qu’ils acclament du nom de « Mito », le Mythe. Dans une ambiance survoltée, le « mythe » est apparu, juché sur un char et hurlant à l’adresse ses nombreux fidèles : « seul Dieu me fera sortir du pouvoir. Jamais je ne serai fait prisonnier ! »
Dans le cortège qui battait le pavé de Sao Paolo, les croix des protestants évangéliques se mêlaient à des bikers en veste de cuir et aux treillis des militaires de réserve venus acclamer leur chef. S’y trouvaient également des monarchistes venus avec la bannière impériale, voyant dans l’actuel chef de l’Etat une « transition » vers une monarchie « féodale et catholique, d’avant les Lumières »…
L’ambiance était tout autre un peu plus loin, où une seconde manifestation se déroule, au même moment, mais celle-là contre le président, à l’appel de l’association Cri des exclus.
Ce mouvement de gauche – qui défile tous les 7 septembre dans les villes brésiliennes depuis 1994 – était bien décidé à ne pas se laisser voler la vedette en cette fin d’été, trouvant un soutien inattendu de taille : celui de l’Eglise catholique. « L’Eglise nous apporte tout son soutien », jubile Alderon Costa, l’un des responsables du Cri des exclus.
Quelques jours plus tôt, dans un communiqué officiel de la Conférence des évêques du Brésil (CNBB), Mgr Walmor Oliveira de Azevedo, archevêque de Belo Horizonte, fustigeait l’atmosphère de « rage et d’intolérance » qui règne, selon lui, dans un pays où la « paix ne se construira pas avec des armes à feu », allusion aux efforts de Bolsonaro pour assouplir les restrictions sur les armes.
Et Mgr de Azevedo d’attaquer le chef de l’Etat : « ne vous laissez pas séduire par ceux qui attaquent les pouvoirs législatifs et judiciaires. L’existence de ces trois pouvoirs est une entrave contre le totalitarisme ». Une belle vigueur, rare lorsqu’il s’agit de défendre le Credo et la morale de l’Eglise.
Le P. Antonio Manzatto, professeur à l’Université pontificale catholique de Sao Paulo, pense que l’Eglise est désormais consciente des risques que l’administration Bolsonaro représenterait pour la démocratie : « son projet depuis la campagne était de procéder à un coup d’Etat, en utilisant les forces armées pour faire taire l’opposition », explique-t-il auprès de l’agence d’informations Crux.
Mgr Leonardo Steiner, archevêque de Manaus, a déclaré à Crux se réjouir du fait que le Cri des exclus « gagne à nouveau en force avec toute cette série d’exclusions dont souffre notre peuple ».
Même son de cloche du côté de Mgr José Valdeci Mendes, évêque de Brejo, également à la tête de la Commission pastorale de l’action sociale de la CNBB, qui prétend que les initiatives mises sur pied par le Cri des exclus ont pour objectif d’accroître la participation populaire à la politique, ce qui est, à ses yeux « plus important que jamais ».
Cet engagement de la hiérarchie dans ce qui ressemble à une croisade anti-Bolsonaro peut surprendre, à un moment où l’Eglise perd du terrain, par rapport au protestantisme notamment.
Certes, l’actuel chef de l’exécutif brésilien est loin d’être irréprochable dans sa gestion des affaires publiques, avec un bilan catastrophique à quelques mois de nouvelles élections générales, que ce soit dans les domaines de la santé ou de l’économie.
Mais Jair Bolsonaro, nonobstant les excès qu’on peut imputer à cet « évangélique » exalté, a toujours défendu la culture de la vie dans son pays, avec une vigueur et une clarté qu’on aimerait voir partagées par les pasteurs catholiques.
De plus, parmi ceux qui cherchent à le faire tomber en invoquant l’Etat de droit, nombreux sont ceux qui, à l’intérieur comme à l’étranger, cherchent en réalité à imposer au plus grand pays d’Amérique latine les idéologies progressistes qui triomphent dans de nombreux pays occidentaux : il suffit de considérer ce qui s’est passé dans l’Argentine voisine.
Ainsi, soutenir sans discernement la fronde contre Jair Bolsonaro au nom du primat de l’action pastorale et sociale, pourrait s’avérer une fatale erreur de calcul pour l’Eglise : tant il est vrai qu’il y a toujours quelque inconvénient à scier la branche sur laquelle on se trouve soi-même assis
Un évêque anglican démissionne pour devenir catholique
14 Septembre, 2021 Provenance: fsspx.news
Jonathan Goodall
Jonathan Goodall, évêque anglican de l’Eglise d’Angleterre – Church of England (CofE) – a annoncé le 3 septembre 2021 qu’il quitterait ses fonctions quelques jours plus tard pour devenir catholique. Il était évêque d’Ebbsfleet, évêché suffragant du diocèse de Canterbury.
Jonathan Goodall était visiteur épiscopal provincial de l’Eglise anglicane. Les visiteurs provinciaux sont surnommés “évêques volants”, à cause de leur rôle pastoral vis-à-vis de groupes de paroisses traditionalistes.
Il démissionne après ce qu’il a décrit comme « l’une des périodes les plus éprouvantes de ma vie ». L’archevêque de Canterbury, Justin Welby, a déclaré qu’il avait accepté sa démission « avec regret ».
L’archevêque Justin a ajouté qu’il était « profondément reconnaissant à l’évêque Jonathan pour son ministère et ses nombreuses années de service fidèle ».
Jonathan Goodall a précisé : « Je ne suis arrivé à la décision de quitter mon poste d’évêque d’Ebbsfleet, afin d’être reçu en pleine communion dans l’Eglise catholique romaine, qu’après une longue période de prière, qui a été parmi les périodes les plus éprouvantes de ma vie. »
L’ancien évêque anglican, âgé de 60 ans, est marié à une musicienne et a deux enfants. En tant qu’évêque assistant, il a eu la charge épiscopale dans diverses paroisses et diocèses.
Il a enfin ajouté : « Je me réjouis de servir l’Eglise à l’avenir, quelle que soit la manière dont je serai appelé à le faire. »
Il faut rappeler que les ordinations sacerdotales conférées dans le rite angliacan ont été déclarées invalides par le pape Léon XIII. Dans la lettre Apostolicae curae du 13 septembre 1896, il affirmait :
« C’est pourquoi (…) confirmant et renouvelant [les décrets des pontifes nos prédécesseurs], Nous prononçons et déclarons par notre autorité, de notre propre mouvement et science certaine, que les ordinations conférées selon le rite anglican ont été et sont absolument vaines et entièrement nulles. » Symboles et définitions de la foi catholique, Denzinger, n° 3319.
Depuis 1992, 12 évêques de la CofE se sont convertis au catholicisme dont Gavin Ashenden, ancien aumônier de la reine Elisabeth. Neuf d’entre eux, à ce jour, ont été ordonnés prêtres dans l’Eglise catholique.
La retraite n’a visiblement pas affaibli les facultés intellectuelles de Joseph Ratzinger : dans son dernier ouvrage paru le 16 septembre 2021 en italien, l’ancien pontife romain plaide pour que l’Europe redécouvre et réaffirme son identité chrétienne. Et tacle au passage les promoteurs des unions homosexuelles en tous genres.
La nouvelle risque de ne pas trouver un écho favorable dans la presse progressiste. C’est un véritable réquisitoire qui paraît en cette fin d’été 2021, alors que le Parlement européen appelle à la reconnaissance du « mariage pour tous » dans tous les pays de l’Union.
Dans son dernier opus, La Vera Europa Identita e Missione – L’Europe authentique, son identité et sa mission (non traduit à ce jour) – l’ancien pontife romain ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évoquer les maux qui touchent le Vieux continent.
Notamment la dérive du « mariage pour tous » : « le concept de ‘mariage homosexuel’ est en contradiction avec toutes les civilisations qui se sont succédées jusqu’à présent, et signifie donc une révolution culturelle qui s’oppose à toute la tradition de l’humanité jusqu’à présent », explique-t-il.
Cette « certitude originelle qui a été évidente pour l’humanité » a, aux yeux de Benoît XVI, été mise à mal avec l’introduction de la pilule contraceptive qui a ouvert le chemin vers la « séparation entre fécondité et sexualité ». A partir de là, toutes les formes de sexualité sont devenues « équivalentes » : « il n’existe plus aucun critère de fond », estime le pape émérite.
Un constat clair et juste quoiqu’incomplet, qui mériterait de souligner combien Vatican II, en accompagnant, au nom d’un irénique aggiornamento, le mouvement de sécularisation à l’œuvre dans les années 50-60, a accéléré cette faillite éthique dont on déplore aujourd’hui les résultats.
Ce livre de 264 pages constitue en fait le troisième volume d’un projet éditorial qui rassemble une sélection des textes de Joseph Ratzinger-Benoît XVI, avec l’ajout d’un texte inédit, rédigé en avril 2021, intitulé « Rendre compte devant Dieu de la tâche qui nous a été confiée pour l’homme ».
Un ouvrage qui se veut le dernier et sincère appel lancé à l’Europe, pour qu’elle redécouvre et réaffirme son origine et sa véritable identité qui ont fait d’elle une grande civilisation et un modèle de beauté et d’humanité.
Pour éviter toute ambiguïté, le pape actuel a tenu à signer en personne la préface apposée à l’ouvrage de son prédécesseur :
« Avec la clarté, l’accessibilité immédiate et en même temps la profondeur qui lui sont propres, le pape émérite esquisse ici magnifiquement cette ‘idée de l’Europe’ qui a sans doute inspiré ses pères fondateurs et qui est à la base de sa grandeur, et dont l’obscurcissement définitif sanctionnerait son déclin global et irréversible », écrit l’actuel pontife romain.
Et François d’ajouter : « au fil des ans, Benoît XVI n’a pas craint de dénoncer avec beaucoup de courage et de clairvoyance les nombreuses manifestions de ce renoncement dramatique à l’idée de création, jusqu’aux conséquences actuelles les plus récentes ». Un hommage appuyé d’un pape peu suspect de faire prévaloir la doctrine sur la dimension pastorale du « qui suis-je pour juger ? »
D’ailleurs, dans l’avion qui le ramenait de Slovaquie, le 15 septembre dernier, le pape François est revenu sur la question, affirmant que si d’un côté « le mariage ne peut exister qu’entre un homme et une femme », néanmoins quand « deux homosexuels veulent passer leur vie ensemble, les Etats ont la possibilité civile de les soutenir, de leur assurer la sécurité de l’héritage et de la santé ».
Et de conclure : « il faut respecter tout le monde, mais l’Eglise ne nie pas sa vérité ». Chassez le naturel, il revient au galop.