| Covid : Nice légalise l’étoile jaune pour les commerçants vaccinés Posted: 03 Jul 2021 01:28 AM PDT Il a fallu à peine deux ans de ce nouveau régime global, pour que les insignes extérieurs de différenciation fassent officiellement leur apparition. Bienvenus à Nice, avec son « label sanitaire vaccin« . Nous vivons une époque formidable … surtout si nous pourrons en sortir vivant – et encore humain.A Nice, dans cette douce ville ensoleillée du Sud de la France, les commerçants vaccinés pourront apposer un label sanitaire vaccin, quel progrès ! Le grand bond en arrière se précise :À l’image du “label confiance sanitaire” que nous avions mis en place à la sortie du premier confinement afin de rassurer les clients et accompagner les commerçants, artisans et chefs d’entreprise dans l’application des règles sanitaires, j’ai décidé de mettre en place un “label sanitaire vaccin” », a indiqué ce jeudi le maire de Nice Christian Estrosi.Et d’ajouter: « Celui-ci permettra aux restaurants et aux commerces, sur la base du volontariat, d’indiquer à leur clientèle que tout leur personnel est vacciné. Apposé à l’entrée des établissements, ce label sera un gage de confiance pour les clients. Je labelliserai les premiers établissements dès la semaine prochaine ». Ainsi, il y a aura les commerces (et les gens) sains … et les autres. Puisque, comme nous l’avons bien compris, en dehors du vaccin, rien n’existe, le Virus n’est pas un virus comme les autres, personne ne semble avoir l’intention de soigner les malades, que leur inconscience rend responsable de tomber malade. Chers compatriotes, restez entre gens sains, les autres sont trop dangereux. Certains disent même qu’ils pourraient être d’extrême-droite, c’est pas peu dire …Evidemment, la seule vaccination qui intéresse désormais est celle contre le Covid. Donc si vous êtes vaccinés contre l’hépatite, par exemple, tout le monde s’en moque, vous n’entrez pas dans la catégorie des élus « sains ». Aux poubelles de la société.J’ai un doute, à quelle époque, la dernière fois, nos sociétés ont-elles différencié leur population entre catégorie saine et autre ? Mais oui, c’était à la grande heure nazie, dont manifestement nos dirigeants semblent regretter la matrice de gouvernance. Ironie du sort, l’on marquait alors les personnes non-saines …A la différence de ces heures funestes pour l’humanité, quand le monde était divisé et certaines forces combattaient le mal, aujourd’hui, il n’y a plus de forces réelles pour combattre la globalisation. Soit les pays qui constituent une force ne combattent pas cette dérive totalitaire, soit ceux qui ne se plient pas ne sont pas des forces. Les pays qui se sont construits sur l’idéal libéral sont soumis, ceux qui parlaient il n’y a pas si longtemps de leur souveraineté sont entrés dans la danse covidienne. Car le « danger » est au-dessus du droit et de la morale, dit-on. Il peut donc détruire les Etats de droit et l’humanité. N’oubliez pas votre signe de propreté en sortant … Où sera-t-il cousu ? |
Auteur : lettreelectronique
Blog a lupus:Le procès intenté par les États-Unis contre Assange subit un coup dur : un témoin clé admet avoir menti
Le procès intenté par les États-Unis contre Assange subit un coup dur : un témoin clé admet avoir menti
Par The Wolf le • ( 4 Commentaires )
Le procès intenté par les États-Unis contre Assange subit un coup dur : un témoin clé admet avoir menti

PAR JADE · PUBLIÉ · MIS À JOUR
Le procès intenté par le gouvernement américain à Julian Assange pourrait reposer sur des bases juridiques fragiles après que l’un de ses principaux témoins, l’Islandais Sigurdur Ingi Thordarson, a admis avoir fabriqué des accusations clés contenues dans l’acte d’accusation du ministère de la Justice, selon des aveux étonnants faits au magazine Stundin.

Sigurdur Ingi Thordarson Mynd : Sigtryggur Ari
Thordarson, sociopathe avéré et pédophile condamné, qui s’est également livré à une « fraude financière de grande envergure », a été recruté par les autorités américaines comme témoin clé contre Assange après avoir fait croire qu’il était un proche collaborateur du fondateur de WikiLeaks. Il a également menti sur sa position au sein de l’organisation de dénonciation – admettant avoir établi « des voies de communication avec des journalistes et fait payer par les médias des voyages somptueux à l’étranger où il se présentait faussement comme un représentant officiel de WikiLeaks ».
Il a également admis avoir volé des documents au personnel de WikiLeaks en copiant leurs disques durs, y compris celui de l’avocate de WikiLeaks Renata Avila, qui travaillait à la fois pour l’organisation et pour Assange.
« En fait, il s’était porté volontaire de manière limitée pour collecter des fonds pour Wikileaks en 2010, mais il s’est avéré qu’il avait profité de cette occasion pour détourner plus de 50 000 dollars de l’organisation. »

Sigurdur Ingi Thordarson et Julian Assange, dont Thordarson a falsifié le nom alors qu’il détournait des fonds de WikiLeaks.
De plus, Thordarson a avoué à Stundin qu’il « a poursuivi sa série de crimes tout en travaillant avec le ministère de la Justice et le FBI et en recevant une promesse d’immunité contre les poursuites ».
Les États-Unis cherchent actuellement à obtenir l’extradition d’Assange du Royaume-Uni afin de le juger pour espionnage lié à la publication de documents classifiés. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à 175 ans de prison. L’acte d’accusation a suscité des craintes pour la liberté de la presse aux États-Unis et ailleurs et a donné lieu à de fortes déclarations de soutien à Assange de la part d’Amnesty International, de Reporters sans frontières, de la rédaction du Washington Post et de bien d’autres.
L’été dernier, des responsables américains ont présenté une version actualisée de l’acte d’accusation à son encontre à un tribunal de première instance de Londres. La véracité des informations qu’elle contient est désormais directement contredite par le témoin principal, dont elle s’appuie sur le témoignage. -Stundin
L’ajout à l’acte d’accusation initial d’Assange visait à étayer le dossier du ministère de la Justice en alléguant des activités illégales en Islande, notamment des tentatives de piratage des ordinateurs de membres du Parlement et d’enregistrement de leurs conversations.
Thordarson admet maintenant qu’Assange ne lui a jamais demandé de pirater ou d’accéder à des enregistrements téléphoniques de députés, et affirme maintenant avoir reçu des fichiers d’une tierce partie qui prétendait avoir enregistré les fonctionnaires – offrant de les partager avec Assange bien qu’il affirme n’avoir aucune idée de ce qu’ils contiennent réellement. M. Thordarson affirme n’avoir jamais regardé les fichiers et n’avoir aucune idée s’ils contenaient des enregistrements audio comme le suggère sa source tierce. De plus, Assange ne lui a jamais demandé d’accéder à des ordinateurs pour essayer de trouver de tels enregistrements, affirme-t-il maintenant.
Pendant ce temps, la juge Vanessa Baraister, de la Magistrate Court britannique, s’est rangée du côté de l’équipe juridique du ministère de la Justice, citant notamment les exemples spécifiques de Thordarson, bien qu’elle se soit finalement prononcée contre l’extradition pour des raisons purement humanitaires liées à la santé d’Assange, au risque de suicide et au potentiel de mauvais traitements dans les prisons américaines.
D’autres éléments trompeurs se trouvent dans l’acte d’accusation, et se reflètent ensuite dans le jugement du magistrat, sur la base des mensonges désormais admis de Thordarson. L’un d’eux est une référence à des documents bancaires islandais. Le jugement du tribunal de première instance dit : « Il est allégué que M. Assange et Teenager ont échoué dans une tentative commune de décryptage d’un fichier volé dans une banque du ‘pays de l’OTAN 1′ ».
M. Thordarson admet à Stundin qu’il s’agit en fait d’un événement très médiatisé au cours duquel un fichier crypté a été divulgué d’une banque islandaise et supposé contenir des informations sur des prêts non remboursés accordés par la Landsbanki islandaise. La banque a fait faillite à l’automne 2008, comme presque toutes les autres institutions financières islandaises, et a plongé le pays dans une grave crise économique. Le fichier a été à cette époque, à l’été 2010, partagé par de nombreux internautes qui ont tenté de le décrypter dans le but de révéler, dans l’intérêt public, ce qui a précipité la crise financière. Rien ne permet d’affirmer que ce fichier a été « volé » en tant que tel, car il est supposé avoir été distribué par des dénonciateurs au sein de la banque en faillite.
Un langage encore plus trompeur apparaît dans le jugement susmentionné, où il est dit : « …il [Assange] a utilisé l’accès non autorisé qui lui a été donné par une source, pour accéder à un site web gouvernemental du pays de l’OTAN-1 utilisé pour suivre les véhicules de police ».
Cette description laisse de côté un élément important, que Thordarson clarifie dans son interview avec Stundin. Les informations de connexion étaient en fait les siennes et n’avaient pas été obtenues par des moyens malveillants. En fait, il admet maintenant qu’on lui avait donné cet accès de façon routinière en raison de son travail de secouriste dans le cadre de son bénévolat pour une équipe de recherche et de sauvetage. Il affirme également qu’Assange n’a jamais demandé un tel accès. -Stundin
Les aveux de Thordarson à Stundin s’inscrivent dans le cadre d’un rapport approfondi qu’il est en train de compiler sur ses activités et qui comprendrait des journaux de discussion et de nouveaux documents jamais vus auparavant. Les journaux de discussion donnent un aperçu complet de ses communications lorsqu’il était bénévole pour Wikileaks en 2010 et 2011, y compris les discussions avec le personnel de WikiLeaks – ainsi que des communications non autorisées avec des membres de groupes de piratage internationaux qu’il a rencontrés dans le cadre de son rôle de modérateur sur un forum IRC WikiLeaks ouvert. Rien n’indique que l’organisation était au courant des contacts de Thordarson avec lesdits groupes, et les journaux montrent « sa déception manifeste », par laquelle on le voit gonfler régulièrement sa position au sein de WikiLeaks – se décrivant comme le numéro 2 du commandement, le chef du personnel et le chef des communications. On peut le voir demander aux pirates des documents provenant d’entités islandaises ou attaquer régulièrement des sites web islandais avec des attaques DDoS.
Sabu et le FBI

Hector Xavier MonsegurUn hacker et un membre du groupe de hackers LulzSec, plutôt tristement célèbre. Mynd : afp
Thordarson a continué à intensifier ses activités illicites au cours de l’été 2011 lorsqu’il a établi une communication avec « Sabu », le pseudonyme en ligne d’Hector Xavier Monsegur, un pirate informatique et un membre du groupe de pirates informatiques LulzSec plutôt tristement célèbre. Tout porte à croire que Thordarson a agi seul, sans aucune autorisation, et encore moins d’incitation, de quiconque au sein de WikiLeaks.
Ce que Thordarson ne savait pas à l’époque, c’est que le FBI avait arrêté Sabu au début du mois de juin 2011 et l’avait menacé pour qu’il devienne un informateur et un collaborateur du FBI. Ainsi, lorsque Thordarson a continué à demander des attaques contre des intérêts islandais, le FBI savait et a vu une occasion d’impliquer Julian Assange.
Plus tard dans le mois, une attaque DDoS a été menée contre les sites Web de plusieurs institutions gouvernementales.
Cet acte a été réalisé sous l’œil attentif du FBI, qui a dû autoriser l’attaque, voire la lancer, car Sabu était alors leur homme. Il s’ensuit un épisode où il semble évident que les autorités islandaises ont été dupées pour coopérer sous de faux prétextes. -Stundin
« Ils essayaient d’utiliser des choses ici [en Islande] et d’utiliser des personnes dans notre pays pour tisser une toile, une toile d’araignée qui attraperait Julian Assange », a déclaré l’ancien ministre islandais de l’Intérieur Ögmundur Jónasson, qui se souvient que le FBI a contacté pour la première fois les autorités islandaises le 20 juin 2011 pour les avertir d’une menace imminente et grave pour les réseaux gouvernementaux. Quelques jours plus tard, le FBI s’est rendu en Islande et a proposé d’aider officiellement à déjouer l’attaque – ce que les autorités ont accepté.

Ögmundur Jónasson, ancien ministre islandais de l’Intérieur. Mynd : Davíd Por
« Ce que je me demande depuis, c’est si la toile d’araignée n’avait pas déjà commencé à l’époque avec l’acceptation de la commission rogatoire établissant une coopération qu’ils pourraient utiliser comme prétexte pour des visites ultérieures », dit Jónasson.
L’Islande se fait rouler par le FBI
À la fin du mois d’août 2011, M. Thordarson était déjà poursuivi par le personnel de WikiLeaks pour avoir perdu le produit de la vente en ligne de marchandises, qu’il avait transféré sur son compte bancaire privé en imitant la signature d’Assange. Le personnel étant sur sa piste, il a contacté l’ambassade des États-Unis en Islande le 23 août, proposant de devenir témoin public. Dans les 48 heures, huit agents du FBI ont pris un jet privé pour Reykjavik, où ils ont rapidement organisé des rencontres avec leur nouveau témoin ainsi qu’avec des procureurs islandais et le commissaire de la police d’État.
Ils étaient là pour tendre un piège…
À la mi-journée, M. Jónasson, alors ministre de l’Intérieur, a eu vent de cette nouvelle visite et a demandé confirmation qu’il s’agissait bien de la même affaire que plus tôt dans l’été. « J’ai demandé sur quelle commission rogatoire était basée cette visite et s’il s’agissait exactement de la même affaire », raconte M. Jónasson dans une interview accordée à Stundin. « J’ai alors découvert que c’était d’une nature totalement différente de ce qui avait été discuté précédemment ». Il dit qu’il a fait le rapprochement entre deux et deux et qu’il était évident que l’intention était de tendre un piège en Islande à Assange et à d’autres membres du personnel de WikiLeaks.
Selon Jónasson, ces actions sortaient largement du cadre de l’accord et il a donc ordonné de cesser toute coopération avec les agents et de les informer qu’ils agissaient en Islande sans aucune autorité. Quelques jours plus tard, il a appris que les agents et les procureurs n’avaient pas encore quitté le pays. Le ministère des affaires étrangères a donc contacté l’ambassade des États-Unis pour lui demander de cesser ses activités policières en Islande et de quitter le pays. -Stundin
Pourtant, le FBI a fini par se désintéresser de l’affaire. « À peu près au même moment, les accusations s’accumulaient contre Thordarson auprès des autorités islandaises pour fraude massive, falsifications et vols, d’une part, et pour des violations sexuelles à l’encontre de garçons mineurs qu’il avait trompés ou forcés à des actes sexuels, d’autre part. »
Lisez la suite du rapport ici.
Traduction de Zero Hedge par Aube Digitale
« Fin de l’affaire Assange » ? Les confessions explosives d’un repris de justice à la solde du FBI
Pour étayer les allégations de piratage visant Assange, la justice américaine aurait incorporé dans son dernier acte d’accusation les déclarations d’un sulfureux témoin qui, selon un journal islandais, admet désormais avoir menti.
Manifestations de soutien à Julian Assange devant la Cour centrale criminelle, à Londres, le 4 janvier 2021.
Repris de justice avec une palette de condamnations pour le moins substantielles (pour détournements de fonds, fraudes, vols et abus sexuels sur plusieurs dizaines de mineurs), l’Islandais Sigurdur Thordarson « a admis avoir fabriqué des allégations clés dans l’acte d’accusation contre le fondateur de WikiLeaks ». C’est ce qu’a révélé le 26 juin le bihebdomadaire islandais Stundin, repris par WikiLeaks et le média américain Consortium news, entre autres.
En effet, selon le journal, le multirécidiviste contredit par exemple désormais toute affirmation selon laquelle il aurait reçu de la part de Julian Assange des consignes de piratage visant un pays membre de l’OTAN. Pour rappel, cette allégation correspond à une pièce maîtresse dans le dernier acte d’accusation formulé par la justice américaine contre Julian Assange. Le département de la Justice des Etats-Unis souhaite en effet faire comparaître le journaliste de WikiLeaks pour espionnage.
Malgré le faible écho médiatique dont elles bénéficient pour l’heure, ces dernières révélations ont déjà été repartagées plusieurs dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. « C’est la fin de l’affaire contre Julian Assange », a notamment réagi le lanceur d’alerte Edward Snowden en repartageant l’article en question.
« Il est grand temps de mettre fin à cette parodie », a renchéri Nils Melzer, rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, en listant les événements qui ont permis, les uns après les autres, de « démanteler la persécution d’Assange ».
« La défense de Julian Assange avait déjà démontré le manque de crédibilité du « témoin vedette » des Américains : un criminel jugé en Islande pour fraude, pédophilie et autres crimes, transformé en informateur du FBI. Maintenant que ce même témoin a admis que tout ce qu’il a déclaré sur Julian Assange est un mensonge, qu’il a probablement tout inventé pour obtenir de l’argent du FBI, cet aveu discrédite les accusations des procureurs américains », a de son côté confié à RT FranceFidel Narvaez, ex-consul de l’Equateur au Royaume-Uni, proche du dossier Assange.
Les mensonges d’un malfaiteur devenu informateur pour le FBI
Sur la base d’un entretien de plusieurs heures avec Sigurdur Thordarson, aujourd’hui âgé de 28 ans, Stundin énumère ainsi au discours indirect plusieurs confessions de son interlocuteur. « Sigurdur Thordarson admet aujourd’hui qu’Assange ne lui a jamais demandé de pirater ou d’accéder à des enregistrements téléphoniques. […] Il dit avoir en fait reçu les fichiers d’un tiers qui prétendait avoir enregistré des députés, et [explique qu’il] avait proposé de les partager avec Assange sans avoir la moindre idée de ce qu’ils contenaient réellement », relate notamment le journal islandais, avant de revenir en détails sur d’autres affirmations à charge contre Julian Assange, toutes issues de l’acte d’accusation susmentionné.
Ainsi, concernant une allégation selon laquelle le ressortissant australien aurait « utilisé l’accès non autorisé que lui a[vait] donné une source pour accéder à un site internet gouvernemental d’un pays de l’OTAN », Thordarson admet désormais qu’il avait lui-même accès à ce site pour d’autres activités, et que Julian Assange n’a jamais demandé à le consulter, toujours selon Stundin.
Pour rappel, Sigurdur Thordarson a collaboré à partir de 2010 avec WikiLeaks, qui l’a plus tard accusé de lui avoir volé plusieurs dizaines de milliers de dollars et d’avoir usurpé l’identité d’Assange. Le jeune Islandais est devenu en 2011 un informateur du FBI contre la structure fondée par Julian Assange. Dès le mois d’août de cette année-là, après avoir offert « des informations relatives à une enquête criminelle » à l’ambassade des Etats-Unis en Islande, Sigurdur Thordarson a été sollicité par Washington auprès de qui « il a confirmé qu’il proposait d’être un informateur dans l’affaire contre Julian Assange », ainsi que le rappelle encore Stundin.
En tout état de cause, le rapprochement entre le jeune Islandais et les autorités américaines n’est aujourd’hui plus un scoop, puisqu’il a déjà fait l’objet de plusieurs articles qui remontent au début de la décennie. Ainsi, le mensuel californien Wired publiait en 2013 : « Un collaborateur de WikiLeaks devenu informateur rémunéré par le FBI. »
L’Islande dupée par Washington ?
S’appuyant sur plusieurs confidences, dont celles de l’ancien ministre islandais de l’Intérieur Ögmundur Jónasson, Stundin revient également sur les méthodes utilisées par Washington afin de mettre la main sur Julian Assange.
« Ils essayaient d’utiliser […] notre pays pour tisser une toile d’araignée afin de rattraper Julian Assange »
« Ils essayaient d’utiliser […] notre pays pour tisser une toile d’araignée afin de rattraper Julian Assange », constate aujourd’hui l’ancien ministre cité par le bihebdomadaire islandais. Ögmundur Jónasson se souvient en effet que lorsque le FBI a pour la première fois contacté les autorités islandaises en juin 2011, il s’agissait officiellement d’avertir le pays d’une menace imminente et grave d’intrusion contre les ordinateurs du gouvernement. C’est dans ce contexte que l’Islande a accepté de coopérer avec le FBI mais, comme le confie désormais Ögmundur Jónasson à Stundin, Washington préparait déjà le terrain pour un objectif ultime bien précis : « Piéger Julian Assange [et] les autres membres du personnel de WikiLeaks. »
Toujours selon Stundin, constatant que les actions du FBI en Islande avaient rapidement dépassé le champ d’application de l’accord de coopération, la diplomatie du pays a demandé à la partie américaine d’arrêter le travail du FBI en Islande et de quitter le pays. « Ils l’ont fait, mais sont partis avec le nouvel informateur et « témoin vedette », Sigurdur Ingi Thordarson, qui s’est envolé avec eux pour le Danemark », relate le journal islandais.
Stundin rapporte enfin qu’en 2019, le département de la Justice des Etats-Unis aurait décidé de donner à Sigurdur Thordarson « un statut formel de témoin dans les poursuites contre Julian Assange et de lui accorder l’immunité contre toute poursuite en retour ». L’homme aurait continué de commettre des crimes et des délits, selon le journal islandais.
Suède, Royaume-Uni, Equateur, Islande… Les déplacements de Julian Assange l’ont tous exposé aux poursuites américaines depuis les révélations fracassantes de WikiLeaks sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan montrant des crimes de guerre de l’armée des Etats-Unis. En effet, après avoir rendu possibles les fuites d’informations d’intérêt général les plus massives du XXIe siècle, le fondateur de WikiLeaks a traversé une décennie de calvaire juridique, rythmée par plusieurs affaires destinées à le diffamer. Consécutivement à un confinement de sept années à l’ambassade de l’Equateur à Londres où il était réfugié, il est détenu depuis plus de deux ans dans une prison britannique de haute sécurité.
A l’occasion de son 50e anniversaire le 3 juillet, plusieurs événements sont organisés en soutien au journaliste emprisonné. Pour rappel, à l’issue du procès sur son extradition, la justice britannique a pour l’heure décidé de s’opposer à la demande américaine, en raison de l’état de santé d’Assange. En effet, dans sa décision finale, le parquet britannique a noté les risques de suicide en cas d’incarcération sur le sol américain, où il encourt jusqu’à 175 ans de prison. La justice britannique doit maintenant statuer sur l’appel interjeté par les Etats-Unis contre le refus d’extradition.
Source : RT France
NCR:John Paul II Institute No Longer Reflects the Aims of Its Namesake, Critics Contend
John Paul II Institute No Longer Reflects the Aims of Its Namesake, Critics Contend
Since its refounding in 2017, the institute’s main focus is to promote the work of the family synods of 2015-2016 and Pope Francis’ document Amoris Laetitia.

Edward PentinVatican July 2, 2021
VATICAN CITY — Nearly four years ago Pope Francis changed the trajectory of the Rome-based John Paul II Pontifical Institute for Studies on Marriage and the Family and “re-founded” the academic institution John Paul founded with Cardinal Carlo Caffarra in 1981.
Since that time, many changes have taken place, and critics of today’s institute have told the Register it is hardly recognizable, with staff faithful to the late pontiff’s magisterium largely removed, and new senior and lower-level faculty members openly contradicting John Paul’s teaching. The name of the institute, they insist, must therefore be changed.
Pope Francis published his apostolic letter Summa Familiae Cura,issued motu proprio, that changed the name to the Pontifical John Paul II Theological Institute for Marriage and Family Sciences just 13 days after Cardinal Caffarra, the archbishop of emeritus of Bologna, died on Sept. 6, 2017.
From that point on, the apostolic letter stated, the refounded body would carry forward the work of the 2014-2015 synods on the family and the 2016 apostolic exhortation that came from those meetings,Amoris Laetitia(The Joy of Love) — a document notable for omitting any references to John Paul II’s encyclical on moral theology, Veritatis Splendor.
Cardinal Caffarra’s connection with the timing of the institute’s refounding was not incidental. He, along with Cardinals Walter Brandmuller, Raymond Burke and Joaquim Meisner, had sent five questions, or dubia, to the Congregation for the Doctrine of the Faith in the fall of 2016 in a bid to clear up “grave disorientation and great confusion” which, they said, Amoris Laetitia had caused.
To this day, the Pope has neither formally replied to the dubia, nor offered audiences to the cardinals to discuss the issue, leaving two of the four — Cardinal Caffarra and Cardinal Joachim Meisner — to pass away in 2017 before having their wishes granted.
Instead, this pontificate has forged ahead to dismantle the institution that, like Veritatis Splendor, was meant to serve as a bulwark against dissent from Paul VI’s 1968 encyclical Humanae Vitae(On the Regulation of Birth), and instead reform the institution to make it coincide more closely with the ideals set forth in Amoris Laetitia.
Founded as an integral part of Rome’s Pontifical Lateran University, the institute was the fruit of the 1980 Synod on the Family and his apostolic constitution on that synod, Familiaris Consortio(On the Role of the Christian Family in the Modern World). John Paul wanted the pontifical institute because he was “convinced that defense and promotion of marriage and the family would be one of the most important elements of the Church’s mission in the third millennium,” Cardinal Caffarra said in 2011.
The late Polish Pontiff, he added, wanted “to build, at the intellectual level, an adequate anthropology, an internal theology of the body and a rational — philosophical and theological — foundation for Humanae Vitae.”
But the writing was on the wall early on in Pope Francis’ pontificate when not a single member of the Institute was represented at the first the Synod on the Family in 2014.
Less than two years later, in August 2016, Archbishop Vincenzo Paglia, who has faced criticism also for his leadership of the Pontifical Academy for Life (in 2017 he appointed the pro-abortion theologian Nigel Biggar as a member of the academy and in June voiced support for changing the Catechism’s teaching on homosexuality) was appointed grand chancellor of the institute.
The change of the institute’s name in 2017 further sounded the alarm. Stanislaw Grygiel, one of the institute’s founding professors and a former friend of John Paul II, told the Register June 20, “Immediately after the founding of the new Institute, during a meeting of professors and academic authorities, I asked to remove the name of John Paul II from the title of the Institute — without effect.”
But it wasn’t until the change of statutes in July 2019 that Francis’ intentions for the institute became considerably clearer.
The new statutes led first to the suspension of five master’s degree programs, a course on priestly formation and the dismissal of Grygiel as a lecturer (he remains the director of the institute’s Karol Wojtyla Chair) and two leading professors from tenured positions. These were Msgr. Livio Melina, a former president of the institute, whose chair of fundamental moral theology, a position first held by Cardinal Caffarra, was abolished; and Father José Noriega, a moral theologian who was removed on grounds that being a superior general of a religious congregation (Disciples of the Hearts of Jesus and Mary) was incompatible with being a tenured professor in the new institute.
None of these professors were notified in advance of the decision, nor were they given recourse to challenge their dismissals, leading to a number of protests, including by its own students and alumni and more than 200 international scholars who signed an open letter asking Archbishop Paglia to reinstate them without success. Six other professors were also let go in the second wave that followed days later, and a number of other respected professors have since also been dismissed in the third wave, or left of their own accord, including Father José Granados, a former vice-president of the institute and a member of Father Noriega’s congregation.
In the lead-up to the publication of the new statutes, staff had already criticized the drafting process, noting that not all prior consultations promised by the institute’s leaders had taken place, and most of the professors had only learned about the statutes when they were published in L’Osservatore Romano on July 18, 2019.
Sources have told the Register that throughout 2018 and 2019, the institute’s president, Msgr. Pierangelo Sequeri, had led faculty staff to believe he was working with them to update the old statutes only to astonish them by presenting completely different rules in July 2019. The professors also noted that various points in the draft statutes, ones that they had rejected, remained in the final version.
Msgr. Sequeri insisted the body’s new statutes were “in continuity” with those John Paul II established in 1982 and that they were the result of a “three-year process and dialogue.” The professors, however, forcefully disagreed. The institute wasn’t being renewed and expanded, Grygiel said in an interview, but rather dissolved and destroyed.
In the same month as these dismissals, the institute announced it was hiring Father Maurizio Chiodi, an Italian moral theologian who dissents from Humanae Vitae and has taught that “responsible parenthood” can obligate a married couple to use artificial birth control. Father Chiodi has also argued, on the basis of Amoris Laetitia, for the need to go beyond “nature” and consider the possibility that homosexual acts can, in certain circumstances, be morally good.
The institute also hired Father Pier Davide Guenzi, a professor of anthropology and the ethics of birth at the University of Milan, who is similarly well known for questioning moral absolutes. In an interview with Avvenire, the newspaper for the Italian bishops’ conference, heequivocated on whether homosexual acts could ever be licit and argued that the natural law “must be continually rethought.”
Signs that these changes were affecting the institute emerged earlier this year when, on its Facebook page, the institute reposted an article from the Huffington Post sympathetic to President Joe Biden’s “social gospel.” Some commenters questioned why the institute appeared to be supporting praise for Biden on the social media platform, to which the head of the institute’s press office, Arnaldo Casali, commented that “defending the right to abortion does not mean defending abortion.” He added that “above all, if we have to assign Catholicity licenses based on the political positions, very few politicians could describe themselves as Catholic.”
Casali, who is not a theologian but instead a friend of Archbishop Paglia dating to when the archbishop was bishop of Terni, apologized for the comment.
Riccardo Cascioli, editor of the Italian-language Catholic daily La Nuova Bussola Quotidiana, said such thinking was directly opposed to John Paul II’s encyclical Evangelium Vitae(On the Value and Inviolability of Human Life), which condemned the ethical relativism that’s often used to justify abortion, and added his name to a long list of critics calling for the institute’s name to be changed.
Cascioli, as well as many associated with the institute, believe it would be more appropriate to rename it the “Amoris Laetitia Institute” or something similar. Keeping the name is an attempt to hide the destruction of the curriculum desired by John Paul, some former staff and students believe, and therefore a means of manipulating bishops unaware of the recent changes.
These very public changes haven’t gone unnoticed, not least by prospective students keen to promote John Paul II’s teaching. This slow but steady drift away from the late Pope’s vision has influenced enrolments, and the institute has reportedly been forced to cut some courses because they did not attract a minimum number of students. Others are said to have lost 90% of students, according to Catholic News Agency. The shift in emphasis away from theology toward human sciences is cited as another problem, along with a relativistic shift promoted by the institute that critics say attacks the natural family.
“It denies the relevance of the truth that Christ redeems God’s plan on human sexuality rooted in creation,” said one source close to the institution. Instead, the source said, these views are embraced, unavoidably leading to “abuse and fracture within families and also within seminaries, when they are being taught the opposite of truth by those who are formed at the new institute.”
“When such institutions succumb to and proliferate the distortions of a worldly insipid view on the family, they end up losing the taste of the salt which the Church is called to preserve in its mission of teaching,” the source said. “Therefore, students who sincerely search for the beauty of God’s plan for the family will have to look elsewhere to find it.”
Others whom the Register contacted were not so critical, arguing that hearing views contrary to John Paul II’s magisterium challenges the students, makes them think, and avoids them being spoon-fed. “It’s part of a good formation to engage with different professors,” said a source.
A former student of the institute disagreed, telling the Register that opposing views to the magisterium had always been presented and intelligibly dismantled by the dismissed professors to help the students build a strong response to the post-modernist pansexual perspective.
“The difference now is that such views are no longer refuted in the new institute, but presented from a relativistic perspective,” said the ex-student who, like many associated with the academic institution, asked to speak anonymously.
The latest news affecting the institute, and which critics say is conclusive proof that the institute no longer represents John Paul II’s founding intentions, is the appointment of Msgr. Philippe Bordeyne as its new president. The rector of the Institut Catholique de Paris since 2011, Msgr. Bordeyne is known to dissent from Humanae Vitae and its reaffirmation of a ban on artificial contraception, writing in 2015 that the “discernment on birth control methods” should be left “to the wisdom of couples.”
Some accused him of further dissenting from the magisterium when, in response to the Congregation for the Doctrine of the Faith’s definitive “No” to the blessing of same-sex unions in March, he wrote that although he did not support the blessing of the unions as such, he did back the private blessings of individuals in those unions and using special liturgical formulas.
In June, Msgr. Bordeyne was also appointed administrator of the Pious establishments of France in Rome and Lorette, a body that manages five French churches in Rome. From September, he will therefore hold two contemporaneous positions — a reason the institute used against Father Noriega to dismiss him from his position in 2019.
“This double standard shows the real aim of these appointments of this institution over the past three years,” said the informed source close to the John Paul II Institute. “The elimination of those professors faithful to the teaching of the Church has, in fact, been part of the wider aim to destroy the original mission of the Institute.”
Msgr. Bordeyne replaces Msgr. Sequeri, 75, whose term has ended. But although he dissents from a number of key positions, some are viewing it as a positive appointment given the great respect he enjoys in France and, moreover, argue that he is reputedly closer to John Paul II’s magisterium than some think. Some were expecting the institute to close in a year or two, but with Msgr. Bordeyne, they believe it is likely to survive longer than that.
The French professor won’t take up his position as the pontifical institute’s president until September, and therefore declined to respond to questions from the Register at this time.
Archbishop Paglia was also asked to comment for this article but Casali said he was “very busy” and could not give the treatment this subject deserves at this time.

Edward Pentin Edward Pentin began reporting on the Pope and the Vatican with Vatican Radio before moving on to become the Rome correspondent for the Register. He has also reported on the Holy See and the Catholic Church for a number of other publications including Newsweek, Newsmax, Zenit, The Catholic Herald, and The Holy Land Review, a Franciscan publication specializing in the Church and the Middle East. Edward is the author of The Next Pope: The Leading Cardinal Candidates (Sophia Institute Press, 2020) and The Rigging of a Vatican Synod? An Investigation into Alleged Manipulation at the Extraordinary Synod on the Family (Ignatius Press, 2015). Follow him on Twitter at @edwardpentin.
Pierre et le loup:Les vainqueurs
Les vainqueurs
Publié le samedi 3 juillet 2021
Auteur / source : Mark Mallett
Catégorie : Réflexions et méditations diverses

La chose la plus remarquable chez Notre Seigneur Jésus est qu’Il ne garde rien pour Lui-même. Non seulement Il rend toute gloire au Père, mais Il veut encore partager Sa gloire avec nous dans la mesure où nous devenons cohéritiers et bénéficiaires de la même promesse dans le Christ (cf. Ep 3: 6).
Première publication sur ce blog le 24 mars 2019
En parlant du Messie, Isaïe écrit :
Moi, le Seigneur, je t’ai appelé [pour faire triompher] la justice ; je t’ai saisi par la main, je t’ai façonné, j’ai fait de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres.
Isaïe 42: 6-8 ; entre crochets : traduction depuis l’anglais
Jésus, à Son tour, partage cette mission avec l’Église : devenir une lumière pour les nations, guérir et délivrer ceux qui sont emprisonnés par leur péché et enseigner la vérité divine sans laquelle il n’y a pas de justice. Il nous en coûtera d’entreprendre cette tâche, tout comme il en coûte à Jésus. Car si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. [1] Mais le Christ partage également avec Ses disciples Son propre héritage, payé au prix de Son sang. Ce sont les sept promesses qu’Il nous a faites :
Au vainqueur, je donnerai de goûter à l’arbre de la vie qui est dans le paradis de Dieu. (Ap 2: 7)
Le vainqueur ne pourra être atteint par la seconde mort. (Ap 2: 11)
Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai un caillou blanc, et, inscrit sur ce caillou, un nom nouveau… (Ap 2: 17)
Le vainqueur, celui qui gardera fidèlement mes oeuvres jusqu’à la fin, je lui donnerai autorité sur les nations. (Ap 2: 26)
Le vainqueur portera des vêtements blancs ; jamais je n’effacerai son nom du livre de la vie ; son nom, je le proclamerai devant mon Père et devant ses anges. (Ap 3: 5)
Du vainqueur, je ferai une colonne dans le sanctuaire de mon Dieu ; il n’aura plus jamais à en sortir, et je graverai sur lui le nom de mon Dieu et le nom de la ville de mon Dieu… (Ap 3: 12)
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône… (Ap 3: 21)
A mesure que nous voyons la Tempête de persécution tourbillonner à l’horizon, nous serions bien inspirés de relire ce « credo du Vainqueur » toutes les fois où nous nous sentons accablés. Pourtant, comme je l’ai déjà dit, ce n’est que par un pur don de la grâce que l’Église parviendra à traverser cette heure où il lui sera donné de partager la Passion de Notre Seigneur :
… Elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection.
— Catéchisme de l’Église catholique, n° 677
Ainsi, si Jésus a reçu une onction avant d’entrer dans Sa Passion, comme nous le racontent les évangiles [2], l’Église recevra elle aussi une onction de Dieu pour la préparer à sa propre Passion. Cette onction lui viendra également par l’intermédiaire d’une femme nommée « Marie », mais il s’agira cette fois de la Mère de Dieu qui, par son intercession et par la Flamme d’Amour qui jaillit de son coeur, aidera les saints, non seulement en les équipant de l’armure de la persévérance, mais aussi en leur donnant la force de marcher en territoire ennemi. [3] Remplis de l’Esprit Saint, les fidèles pourront dire, même face à leurs persécuteurs :
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?
Ps 26 (27) : 1
Car les souffrances du temps présent ne sont rien en comparaison de la gloire qui sera révélée pour les Vainqueurs. [4]
… Le Saint-Esprit change ceux en qui Il vient habiter et transforme complètement leur façon de vivre. Avec l’Esprit en eux, il devient tout à fait naturel pour ceux ayant été absorbés par les plaisirs mondains d’avoir désormais un regard qui transcende complètement les choses de ce monde, et pour les lâches de devenir des hommes de grand courage. Il ne fait aucun doute que c’est ce qui est arrivé aux disciples. La force qu’ils reçurent de l’Esprit Saint leur permit de demeurer fermement attachés à l’amour du Christ, et de faire face sans crainte à la violence de leurs persécuteurs.
— Saint Cyrille d’Alexandrie ; extrait d’un commentaire sur l’évangile de saint Jean ; chastitysf.com
L’on a toutes les raisons de croire que, vers la fin des temps et peut-être plus tôt qu’on ne le pense, Dieu suscitera de grands hommes remplis du Saint-Esprit et imprégnés de l’esprit de Marie. A travers eux, Marie, cette Reine si puissante, accomplira de grandes merveilles dans le monde, détruisant le péché et établissant le royaume de Jésus son Fils sur [les ruines] de ce monde corrompu.
— Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret de Marie, n° 59
Pour une école libre au Québec:« La planète va se vider de sa population, changeons nos idées reçues «
| « La planète va se vider de sa population, changeons nos idées reçues » Posted: 02 Jul 2021 10:08 PM PDT Pour Darrell Bricker et John Ibbitson, la chute de la natalité et celle à venir de la population mondiale représenteront le phénomène majeur du XXIe siècle. L’enjeu majeur du XXIe siècle ne sera pas la surpopulation, mais le déclin de l’humanité. Dans le passionnant Planète vide (publié aux Arènes), les Canadiens John Ibbitson, grand journaliste au Globe and Mail (quotidien de tendance libérale et progressiste), et Darrell Bricker, PDG d’Ipsos Public Affairs, montrent que la natalité est déjà en chute libre sur presque tous les continents, et que cela aura des conséquences vertigineuses sur les plans géopolitique, économique ou de l’immigration. Depuis la parution de leur livre en 2019, les données ou l’épidémie du Covid-19 n’ont fait que confirmer cette thèse qui bouleverse toutes nos idées reçues. Extraits d’un entretien de ces deux auteurs paru dans L’Express. — Dans un monde moderne et technologique, n’avons-nous pas tendance à sous-estimer l’importance de la démographie ? Darrell Bricker — Comme l’a dit Auguste Comte, « la démographie, c’est le destin ». Plus jeune dans ma carrière, en tant que sondeur, j’ai sous-estimé son influence, en pensant que le plus important était les comportements et les opinions des personnes. Mais si vous changez la structure de la population, cela bouleverse tout. J’ai ainsi compris que Comte était en avance sur son temps. Un grand nombre d’événements historiques peuvent s’expliquer à travers la démographie. Pourquoi les pays font-ils la guerre ? Eh bien, il y a une forte corrélation entre le bellicisme d’une nation et le fait d’avoir une population jeune, à l’image de la France de Napoléon. [Voir Gunnar Heinsohn : jeunesse de la population et index de belligérance] Pourquoi y a-t-il aujourd’hui moins de conflits sur la planète ? Parce que nous n’avons plus autant de jeunes hommes pour combattre… — Vous rappelez par exemple que le conflit israélo-palestinien est aussi une bataille démographique, les deux populations ayant des taux de fécondité identiques et élevés de 3,1… D.B. — En plus, le taux naturel fait qu’il y a en moyenne près de 105 garçons qui naissent pour 100 filles. Quand une population a une moyenne d’âge peu élevée, cela renforce la frustration des jeunes hommes, comme on peut le voir en Palestine. Ce n’est bien sûr pas le seul facteur, mais c’est une des explications. Quant à Israël, il a le taux de fécondité le plus élevé des pays du monde développé, le double de la majorité des nations occidentales. C’est même le seul pays à ma connaissance qui a réussi à remonter ses taux de fécondité, passant de 2,70 enfants par femme au début des années 1990 à plus de 3 aujourd’hui. [Note du carnet : la fécondité en Algérie est passée de 2,4 enfants par femme en 2000 à 3,1 enfants par femme en 2015. Cela s’explique généralement par la réislamisation de la société alors que les conditions économiques ne sont, paradoxalement, pas améliorées pour former des ménages et accueillir plus d’enfants.] La population juive, un îlot au milieu de populations arabes qui lui sont hostiles, semble donc ressentir un impératif de conserver un niveau élevé de naissances pour ne pas être submergée, alors même que les taux de fécondité des Arabes israéliens sont eux en baisse. […] — Depuis Malthus, nous ne cessons de craindre la surpopulation. Mais la thèse de votre livre est que l’événement marquant du XXIe siècle sera au contraire le déclin inévitable de la population mondiale… Famille chinoise. Quatre grands-parents, deux parents, un seul enfant ? L’indice de fécondité chinoise serait de 1,3 enfant par femme en 2020. D.B. — Selon les projections des Nations Unies, la population mondiale devrait culminer à la fin du XXIe siècle à environ 11 milliards. Mais nous expliquions dans notre livre que ce modèle n’est pas réaliste. La population devrait plutôt atteindre un maximum de 8 à 9 milliards d’humains au milieu de ce siècle, avant de connaître un déclin important. Personne ne sait jusqu’où ira cette baisse. Tout simplement parce que nous, humains, avons fait le choix de ne plus avoir autant d’enfants que par le passé. Autre élément clé : ce n’est pas seulement la taille de la population mondiale qui va connaître des bouleversements spectaculaires, mais aussi sa structure. Nous allons ainsi connaître un rapide vieillissement. La disparition des baby-boomers, nés avant le milieu des années 1960, représentera une extinction de masse (rires [!]). Ce ne sera donc pas un déclin progressif, mais une chute dramatique. Il faut vraiment reconsidérer notre avenir, car nos perceptions actuelles sont totalement fausses. Castropignano, entre Rome et Naples, un des villages italiens qui vend des maisons à 1 euro pour attirer de jeunes habitants — Depuis, une étude publiée l’année dernière dans The Lancet a confirmé que le pic de la population mondiale pourrait être atteint dès 2064. Selon vous, le Covid-19 va-t-il encore renforcer ces tendances ? [Voir À partir de 2064 la population mondiale devrait diminuer rapidement.] D.B. — C’est amusant, car tous les journalistes qui nous ont interviewés étaient initialement sceptiques. Mais aujourd’hui, cette idée d’une planète qui va se vider de sa population s’impose de plus en plus. Même les Nations Unies ont en 2019 révisé leurs projections à la baisse, en tablant sur 300 millions de personnes en moins à la fin du siècle. Quant au Covid-19, les chiffres en Chine, en Grande-Bretagne ou en France ont tous illustré une chute importante des naissances durant la pandémie. Quand les personnes se sentent en situation d’insécurité face à l’avenir, ils ne font pas d’enfants. [Note du carnet : ce n’est pas du tout évident : la natalité a rebondi en France à partir de 1942 pendant la 2e GM. Période très incertaine… La population congolaise (RDC) a continué d’augmenter rapidement malgré des conditions matérielles qui empirent depuis l’indépendance en 1960, la population de l’ancienne colonie belge est passée de 15,3 millions en 1960 à environ 100 millions en 2020, environ car le dernier recensement date de 1984… À contrario, c’est en pleine Trente glorieuses (1945-1975), années très prospères, que la fécondité s’est effondrée en Occident passant pour la France de 3 enfants par femme en moyenne après la 2e GM à moins de 2 enfants en 1975. Au Québec, la chute sera encore plus brutale pendant ces années prospères : après avoir connu un sommet à 4,1 enfants par femme dans les années 1950, l’indice synthétique de fécondité a chuté de façon constante dans les années qui ont suivi pour passer sous les 2 enfants par femme dès 1971.] Aux États-Unis, le Brooking Institution a même estimé à 300 000 le nombre de bébés qui ne sont pas nés du fait du Covid-19. Depuis, on observe une petite remontée de la natalité, mais il est fort probable que le Covid-19 n’a fait qu’accentuer une tendance durable, celle de la baisse des taux de fécondité. [Au Québec aussi, après une chute importante en 2020, depuis mars 2021 la natalité remonte. Voir Québec — Indice de fécondité pour 2020 est tombé à 1,52 enfant/femme, il était de 1,57 en 2019.] Il faut bien avoir conscience que si la population mondiale continue aujourd’hui à croître, ce n’est pas du fait des naissances, mais parce que les humains ne meurent plus aussi vite qu’avant. — Comment expliquer qu’il y ait encore tant de préjugés et idées fausses sur les niveaux de natalité dans le monde ? Les personnes imaginent par exemple souvent le Bangladesh avec de nombreux enfants, alors que taux de fécondité y est de 2. En Iran, c’est 2,1, ce qui inquiète d’ailleurs le régime des mollahs. Le Brésil, c’est 1,8… John Ibbitson — Il suffit de regarder les pays qui ne sont pas loin de la France. La Tunisie a un taux de fécondité de 2,2. Pareil en Libye. L’Algérie, c’est 3, mais en était encore à 7 en 1960 ! Votre pays est entouré de pays qui ont une natalité déclinante, et cela ne concerne pas que l’Europe, mais également l’Afrique du Nord. [C’est certainement vrai pour toute l’Europe. Mais ce n’est pas le cas de l’Algérie, répétons-le, dont le taux de fécondité a rebondi depuis 2000.] Maison vide au Japon. Il y en avait plus de 8,46 millions en 2019… — Quelles sont selon vous les principales causes de ces déclins spectaculaires des taux de fécondité dans le monde entier ? J.I. — La réponse est très simple et peut se résumer à un mot : urbanisation. La planète s’est urbanisée à une vitesse spectaculaire. En 1950, seulement 30 % de la population mondiale était urbaine. En 2007, pour la première fois dans l’histoire, la population urbaine a surpassé celle rurale. Et en 2050, deux tiers d’entre nous devraient vivre en ville. Or à la campagne, l’enfant représente un atout économique, avec des bras supplémentaires pour travailler dans les champs. Mais quand on déménage en ville, il se transforme en un fardeau financier. […]Par ailleurs, et c’est sans doute encore plus important, l’urbanisation favorise l’éducation [enfin une certaine éducation, certaines valeurs] des femmes à travers le système scolaire, internet, les librairies, les médias, mais aussi la fréquentation d’autres femmes. Et une fois que les femmes ont cette liberté, elles veulent contrôler leur vie comme leur corps, ce qui passe par avoir moins d’enfants. L’influence des religions organisées est également plus forte dans des environnements ruraux que citadins. Or les sociétés religieuses ont des taux de fécondité plus élevés que les profanes. Et puis il y a aussi l’influence clanique — les tantes qui vous poussent à vous marier et faire des enfants — qui, en ville, est remplacée par celle de vos pairs. Vous entendrez ainsi rarement vos collègues [éduqués comme vous, avec les mêmes valeurs] vous inciter à avoir des enfants. […] La végétation envahit un bâtiment à Mostar, en Bosnie-Herzégovine — La Chine vient d’autoriser les couples à avoir trois enfants pour tenter d’éradiquer la baisse des naissances. Cela aura-t-il un impact ?[VoirLa Chine va autoriser les familles à avoir trois enfants] D.B. — Autoriser les personnes à avoir des enfants dont ils ne veulent pas ne va pas changer grand-chose (rires). [Si c’est vrai qu’en Chine le nombre de naissances par femme correspond au nombre idéal d’enfants désiré par les familles. Ce n’est pas partout le cas dans le monde. Voir la carte ci-dessous. Dans de nombreux pays, dont le Québec les gens veulent plus d’enfants qu’ils n’en auront, mais voilà, ces enfants coûtent cher dans nos sociétés urbanisées qui poussent au carriérisme. En orange tous les pays où la fécondité est inférieure à la taille de la famille idéale selon les sondages effectués. ] Peut-être que cela aura un petit impact sur les taux de fécondité dans les régions plus rurales, mais cela n’inversera pas la tendance. La Chine est l’exemple même du pays qui s’est rapidement urbanisé. En 1960, seuls 16 % des Chinois vivaient dans des zones urbaines. Aujourd’hui, c’est 54 %, et en 2050, cela devrait être plus de trois quarts. Les Chinoises, qui sont d’ailleurs en proportion moins nombreuses que dans les autres sociétés du monde du fait de la politique de l’enfant unique, ont décidé de ne pas vivre l’existence de leur mère, et elles en ont aujourd’hui le pouvoir. Au mieux, cette décision du gouvernement chinois d’autoriser trois enfants par couple ne ainsi fera que ralentir légèrement le déclin démographique. Les médias se focalisent sur la Chine, car c’est le pays le plus peuplé, mais ce déclin de la natalité a lieu partout dans le monde. J.I. — N’oublions pas non plus que la tragédie des Ouïghours en Chine a aussi une cause démographique. C’est un génocide contre une minorité religieuse commise par le gouvernement, dans le but de réduire de force sa natalité, qui était plus élevée que celle de la majorité Han. D’où des stérilisations contraintes et la déportation de parents de trois enfants ou plus. Ces atrocités sont directement liées aux taux de fécondité. [Voir Chine dit libérer les femmes Ouïgoures de la maternité en les émancipant et en les rendant plus autonomes.] — Les États-Unis devraient être la seule superpuissance dont la population va croître à la fin du siècle du fait de l’immigration. Est-ce un avantage important ? J.I. — La Chine va connaître un rapide déclin. Si le taux de fécondité de 1,3 annoncé dans le recensement de 2020 est correct, ce pays peut perdre la moitié de sa population au cours de ce siècle, passant de 1,4 milliard d’habitants à 700 000. La Russie, qui a une faible natalité et une faible espérance de vie, a déjà moins d’habitants qu’à la fin de l’URSS. L’Union européenne a elle aussi un taux de fécondité faible, de l’ordre de 1,5 [comme le Québec]. Les États-Unis sont historiquement la superpuissance la plus ouverte à l’immigration. Si cette tendance continue — ce qui n’est pas une certitude au vu de l’opposition grandissante à l’immigration —, leur population pourrait croître de quelques millions d’habitants en 2100. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est l’inverse de ses rivaux. Cela aura un impact géopolitique évident. [D’une part, La Russie a jugulé son déclin démographique rapide et si sa population a baissé dernièrement c’est un « écho » de la calamiteuse ère Eltsine. Cependant la fécondité russe est passée de 1,16 enfant en 1999 à 1,50 enfant par femme en 2019. D’autre part, est-ce qu’un pouvoir autoritaire chinois se croisera les bras devant une implosion démographique et ces « femmes qui ont le pouvoir » selon ces deux auteurs anglo-saxons ? Rien ne permet de prévoir avec précision ce qui arrivera dans 80 ans, même si des tendances lourdes sont bien visibles.] Rue qui traverse la partie abandonnée de la capitale lithuanienne, Vilnius. — Pays le plus vieux du monde, le Japon a déjà un citoyen sur quatre qui est un senior. Pensez-vous que les robots et l’intelligence artificielle puissent compenser ce déclin démographique ? D.B. — Vous pouvez certes compenser la productivité grâce à la technologie. Mais vous ne pouvez rien face à la baisse de la consommation. Nous sommes dans une économie qui est tirée par les consommateurs. Mais qui va acheter les nouveaux produits quand, comme au Japon, la population devrait passer de 125 à 80 millions, voir même à 60 millions en 2100 ? Le Japon a ainsi certes le plus grand nombre de robots de service dans le monde. Mais les robots ne sont pas des consommateurs. [Ils n’achèteront pas plus votre maison ou vos actions en bourse… Bref, vos avoirs, votre magot pour votre retraite.] Après avoir lu notre livre, Charles Jones, un économiste de Stanford, a analysé les implications économiques d’une baisse de la population mondiale. Selon lui, il y a deux grandes conséquences négatives. La première, c’est qu’une diminution des consommateurs signifie une baisse de la croissance. C’est inévitable. La deuxième, c’est une régression en matière d’innovation, qui est le privilège de la jeunesse. Une population vieillissante diminue ainsi la probabilité que vous puissiez développer un nouveau logiciel révolutionnaire. [Le démographe nataliste Alfred Sauvy (1898-1990) disait déjà la même chose… dans les années 1930.] J.I. — Le Japon mise aujourd’hui tout sur les travailleurs temporaires étrangers pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre liée au déclin démographique. D.B. — Un démographe japonais m’avait expliqué que le modèle pour le Japon est Dubaï, avec l’importation d’une main-d’œuvre étrangère non intégrée dans la société. Mais cela sera-t-il possible d’un point de vue culturel, en sachant que le Japon, contrairement aux Émirats arabes unis, est une démocratie ? Par ailleurs, n’oublions pas que les pays d’où est issue cette main-d’œuvre sont eux aussi touchés par la baisse des taux de fécondité. L’immigration n’est souvent qu’une solution à moyen terme pour faire face au déclin de la population. Car tous les pays du monde vont connaître cette même transition démographique… J.I. — Si on regarde le cas du Canada, qui a la politique migratoire la plus ouverte au monde, on voit que l’Inde, la Chine et les Philippines sont les principaux fournisseurs d’immigrés. Or l’Inde a déjà atteint le seuil de renouvellement des générations si on en croit l’étude du Lancet, la Chine est bien en dessous, et aux Philippines, le taux de fécondité est passé de 6,4 en 1969 à 2,75 en 2020. Le Canada pourrait donc, plus vite qu’on ne le pense, être privé de ces réserves migratoires. [Note du carnet : Il restera l’Afrique…]Wittstock-Dosse en Allemagne de l’Est a été rénovée, ses façades rafraîchies, mais la ville continue à perdre des habitants Des « pays en voie de disparition » — En Europe de l’Est, la Bulgarie pourrait perdre plus de 20 % de sa population en 2050. La Hongrie devrait, elle, connaître une baisse de plus de 10 % sur la même période. Ce qui explique l’obsession de son dirigeant Viktor Orban pour la démographie et une politique nataliste activiste. Pensez-vous que cela puisse fonctionner ? D.B. — C’est Orban qui a l’approche la plus agressive en matière de politique nataliste. Mais les données dans les autres pays montrent que vous pouvez ralentir la baisse des naissances, mais qu’il est très difficile d’inverser la tendance. C’est ce qu’on appelle le « piège de la fécondité basse ». Une fois que la famille à un ou deux enfants devient la norme, cela le reste. Quand une société arrive à un taux de fécondité en dessous de 1,5, il est presque impossible de remonter ce chiffre. Outre une natalité faible, la Hongrie doit faire face à un autre problème : l’émigration de sa jeunesse. Il y a une forte diaspora hongroise dans toute l’Europe. Résultat, ce pays fait face à une diminution de sa population depuis les années 1980. Je ne pense pas que les aides natalistes changent grand-chose à cela. […]Pour ces nations qui perdent déjà leur population, le coût du vieillissement va être très lourd. « Nous sommes un pays en voie de disparition », avait même averti la ministre de la Santé italienne Beatrice Lorenzin. — L’Afrique subsaharienne reste aujourd’hui une exception. Un pays comme le Niger a toujours un taux de fécondité au-dessus de 7… D.B. — L’Afrique subsaharienne n’échappera pas à cette chute de la natalité, car le reste du monde l’a fait avant elle. Cela arrivera, c’est inévitable. La seule vraie question est de savoir à quelle vitesse. Avec l’accélération technologique, je pense que l’évolution démographique en Afrique sera encore plus spectaculaire qu’ailleurs. Il a fallu cent-cinquante ans à l’Europe pour arriver aux taux de fécondité actuels. L’Amérique latine, c’est cinquante ans. En Afrique, je pense que la rapide urbanisation et l’essor de l’accès à la technologie rendront ce processus encore plus court. On voit par exemple que le Kenya est passé d’un taux de fécondité de 8 dans les années 1960 à environ 3 aujourd’hui. [Soixante ans déjà… Ce sera donc plus long que pour l’Amérique latine…] C’est juste une question de temps. […] J.I. — Dans notre livre, nous évoquions le fait que le gouvernement kenyan ait rendu obligatoire l’école élémentaire pour les filles comme pour les garçons. Or les résultats de l’examen qui sanctionne la fin de l’école primaire montrent qu’en 2020, les filles représentaient 49,9 % des élèves, et qu’elles ont de meilleurs résultats que les garçons en anglais ou en souahéli. Dans une génération, vous allez automatiquement voir les conséquences de cet accès à l’éducation à travers une chute de la natalité. Et ce qui se passe déjà en Afrique de l’Est va se répandre en Afrique de l’Ouest. […] J.I. — Le ressentiment d’une partie de la population blanche au sein des pays occidentaux contre des immigrés non blancs et non européens est l’un des grands défis politiques de notre époque, cela ne fait aucun doute. C’est vrai au Canada comme aux États-Unis ou en Europe. C’est un débat houleux et miné, mais qui s’avère inévitable, du fait de ces bouleversements démographiques. D.B. — Dans ce livre, nous ne voulions pas donner de points de vue moraux. On peut estimer l’immigration, c’est bien ou mal. En tout cas, c’est un sujet essentiel. Ces questions autour de la démographie et de l’immigration seront les grands enjeux des années à venir. La plus grave erreur serait d’éviter d’en parler et de faire l’autruche. Nous devons avoir un vrai débat identitaire et culturel. Mais la plupart des gouvernements modérés et centristes tentent de l’éviter, car le sujet les effraie. Mais c’est à eux de trouver de meilleures solutions politiques que celles proposées par les extrêmes. [Mais qu’est-ce que « extrême » veut dire quand on ne veut pas donner de points de vue moraux… ?] — Pour conclure : une baisse de la population représente donc à la fois de bonnes nouvelles sur le plan environnemental ou de l’éducation, mais aussi de mauvaises d’un point de vue de l’économie et de l’innovation… D.B. — Sur la question écologique, je pense qu’il faut que nous changions rapidement de logiciel. Car si vous vous focalisez sur la surpopulation et estimez que les humains ravagent la planète, que se passera-t-il quand on sait que dans quelques dizaines d’années, les humains vont diminuer de manière spectaculaire ? La question du changement climatique ne prend généralement pas en compte cette évolution pourtant essentielle. On reste dans une logique popularisée par le biologiste Paul Ehrlich, auteur du succès de librairie La Bombe P, qui avait annoncé à la fin des années 1960 des millions de morts de famine du fait de l’explosion démographique… C’est la même chose du côté des gens du marketing. Tous ceux qui travaillent dans les secteurs de la consommation et de la publicité restent obsédés par la jeunesse. Alors que la réalité, c’est que la majorité des consommateurs sera bientôt âgée. C’est pour cela que la lecture de notre livre peut être difficile à assimiler pour beaucoup de personnes. Cela bouleverse nos certitudes. Pourtant, il va bien falloir complètement changer notre vision du monde. La réalité de ces données sur un déclin démographique inévitable [Note du carnet : certainement sur le court à moyen terme] est d’ailleurs en train de s’imposer. L’ONU a déjà minoré ses modèles prévisionnels de 300 millions de personnes, et d’autres révisions auront lieu après la pandémie. Tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire que la population mondiale va se réduire drastiquement. Le seul débat entre démographes est « quand ? » et « à quelle vitesse ? ». Mais à partir de là, il faut aussi se demander ce que nous allons faire face à un changement complet de paradigme. Comment allons-nous faire face à un vieillissement et à une diminution de la population ? Voir aussiPlus de travail, moins de bébés ? Carriérisme contre familisme (c’est une question de priorités, de « valeurs ») « À long terme, une politique nataliste est plus efficace qu’une politique d’immigration » Un pays à très faible fécondité peut-il jamais renouer avec le taux de renouvellement des générations ? (l’exemple de la Géorgie dans le Caucase) Hongrie — Natalité en hausse et nuptialité stable malgré la Covid-19 en 2020 et de janvier à mars 2021 France : « Le nombre de nos naissances n’a jamais été aussi bas. Il faut changer notre politique de natalité, en prenant exemple sur la Hongrie » Russie — aides aux familles, baisses des avortements, naissances en hausse en mars 2021 Pourquoi le patriarcat a de l’avenir Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ? (professeur Eric Kaufmann) Exodus de Paul Collier, comment l’immigration et le multiculturalisme changent le monde Conseils de lecture : La Grande Déraison et L’Étrange Suicide de l’Europe |
Atlantico:Quand l’Union européenne finance des groupes extrémistes sans s’en rendre compte
Une photographie prise le 13 octobre 2012 à Lille montre une illustration réalisée avec des figurines montées sur des pièces en euros devant le drapeau de l’Union européenne

©PHILIPPE HUGUEN / AFP
Fonds européens
Quand l’Union européenne finance des groupes extrémistes sans s’en rendre compte
Selon des médias allemands, des associations extrémistes islamistes ont reçu des financements de l’Europe. L’association proche des Frères musulmans, « Islamic Relief Germany », aurait perçu 712.000 euros de la Commission européenne. Ces organisations parviennent généralement à utiliser une couverture d’association caritative.Florence BERGEAUD-BLACKLER
Atlantico : Comme l’ont révélé plusieurs médias comme Die Welt en Allemagne, des associations extrémistes islamistes ont reçu des financement de l’Europe. Rien qu’en 2019, l’association proche des Frères musulmans « Islamic Relief Germany » aurait perçu 712 000 euros de la Commission européenne. La Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO) serait en cause. Est-il possible que des associations dont les valeurs sont incompatibles avec celles de l’UE aient profité des failles du système pour recevoir de telles sommes ? Comment ont-elles procédé ? Ont-elles utilisé une couverture d’association caritative par exemple ?
Florence Bergeaud-Blackler : D’abord, il faut bien préciser les termes. Comment détermine-t-on qu’une association est « extrémiste », que ses valeurs ne sont pas compatibles avec celles de l’UE ? La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (UE) d’application, obligatoire depuis le Traité de Lisbonne (2009), énonce un certain nombre de principes comme l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de pensée, de conscience et de religion laquelle inclut d’être libre de ne pas en avoir ou bien d’en changer.
Une ONG qui ne respecte pas ces critères ne devrait, en théorie, jamais être financée ou ni recevoir un quelconque appui des institutions européennes. Pourtant, ces financements et ces appuis passent à travers les mailles du filet parce que bien sûr elles dissimulent leurs activités, mais aussi parce qu’elles se cachent derrière des œuvres caritatives ou la défense des droits humains.
Le cas « Islamic Relief » est particulièrement emblématique. Cela fait une vingtaine d’années que cette ONG humanitaire (et ses bureaux nationaux) sont accusés de liens avec des réseaux terroristes. Plusieurs fois elle a été épinglée en raison de propos antisémites (le département d’Etat américain). En Europe des pays comme la France, la Suisse, les Pays-Bas, l’Allemagne, ont repéré depuis longtemps les liens d’Islamic Relief avec la confrérie des Frères musulmans. Pourtant « Islamic Relief Germany » aurait perçu 712 000 euros de la Commission européenne. En 2019-2020, la Suède -pays où les Frères ont une certaine influence- a accordé à Islamic Relief Worldwide la somme de 2,1 millions de dollars pour un « soutien humanitaire » à Gaza. Et cela alors qu’en 2016 l’Agence suédoise pour les contingences civiles indiquait que Islamic Relief était une « organisation clé » dans le soutien aux Frères musulmans, qu’elle soutenait des milices dans le conflit syrien, que les Émirats arabes unis avaient inclu des agences Islamic Relief sur sa liste d’entités terroristes dès 2014. À Lire Aussi La stratégie évolutive de conquête mondiale des organisations affiliées aux Frères musulmans
Les fondateurs de Islamic Relief ont des liens proches avec la confrérie quand ils n’en sont pas des cadres, et ils ont été très impliqués dans la diffusion du frérisme en Europe.
Essam El-Haddad, cofondateur d’Islamic Relief Worldwide et ancien administrateur d’Islamic Relief Worldwide et d’Islamic Relief-UK a été un haut responsable des Frères musulmans.
Ahmed Al-Rawi, ancien directeur d’IRW, a été président de l’organisation frériste européenne FIOE, en plus d’être membre du Conseil Européen de la Fatwa sous la houlette de Youssef el-Qardahoui.
Dans le champ de la recherche, l’UE n’a-t-elle pas également favorisé le financement de recherches portant notamment sur l’islamophobie et autres concepts idéologiques islamisto-compatibles ?
À Lire Aussi Séparatisme : mais pourquoi ce refus de regarder la réalité de l’islamisme en face ?
Un autre canal de financement de l’ideologie frériste est la subvention et le soutien à des organismes spécialisés dans la lutte contre le racisme, les discriminations et l’islamophobie (ou la haine anti-musulmans). On sait que ces organismes ont subverti cette cause légitime pour faire taire toute critique des idéologies anti-démocratiques, qu’elles soient islamistes ou gauchistes.
Le « European Islamophobia Report 2018 » (EIR) publié par la Fondation SETA, affiliée au gouvernement turc d’Erdogan, a été financé par la Commission européenne (126 951,81 euros). Le « Forum des organisations européennes de jeunes et d’étudiants musulmans » (FEMYSO), organisation de jeunesse liée aux Frères musulmans, a reçu des subventions des contribuables de l’UE.
Le mieux servi en subventions est certainement l’ENAR European Network Against Racism[1], une créature née à Bruxelles, qui se présente comme « a strong pan-European network of anti-racism » et qui au nom de la lutte contre un supposé racisme systémique fédère et coordonne les actions d’associations sectorielles anti-islamophobie, néo-féministes, antiracistes, décoloniales dans les pays membres. Ses lobbyistes sont très actifs. Ils sont régulièrement reçus par la Commission Européenne. Helena Dalli, Commissiaire à Equality les a reçus le 08/12/2020 pour la publication d’une pétition du réseau pour protester contre l’interdiction du CCIF et je cite « la situation des organisations de la société civile en France »… Le réseau ENAR organise des formations à la presse, aux fonctionnaires, travaille avec des universitaires, des élus et diffusent son message à tous les niveaux.
Ce type d’ONG humanitaire ou anti-raciste parle un langage mimétique qui paralyse les institutions. ENAR revendique sa vision « d’une société qui embrasse la nécessité de l’égalité et de la diversité et les avantages d’une Europe sans racisme pour une société et une économie européennes dynamiques », il exhorte « l’UE et ses États membres à adopter une approche progressiste et fondée sur les droits de l’homme »… et dans le même temps, il a pour membres des organisations comme le CCIF, le CCIB, l’EFOMW, le FEMYSO, toutes liées aux Frères Musulmans. À Lire Aussi Pourquoi il faut interdire les associations liées aux Frères Musulmans
Des membres du parlement européen ont interpellé plusieurs fois la Commission, mais elle répond toujours comme un mammouth autiste : par exemple « ses projets sont sélectionnés par des experts selon des règles et objectifs précis au regard des critères ». La Commission prétend que l’engagement signé d’un bénéficiaire de respecter les valeurs fondamentales de l’UE suffira, ce qui montre qu’elle ne connaît pas son adversaire et ses facultés de dissimulation.
Dans quelle mesure peut-on penser que ce financement se fait sciemment ? Quelle est la part de sincérité, de naïveté ou de cynisme ?
Dernièrement, la vice présidente du Parlement Européen, Nicola Beer, invitée à un webinaire par l’Americain Jewish Committee sur le financement de l’islamisme a affirmé qu’elle était consciente du problème. Sa proposition était de faire une liste des organisations irréprochables, une sorte de certificat pour recevoir des subventions. Ce serait une bonne décision mais cela risque d’être difficle à implémenter car les subventions sont souvent faibles et très disséminées à de nombreuses associations de quartier infiltrées un peu sur le modèle du micro-crédit. Et surtout, c’est moins l’argent que le label bleu étoilé que ces associations recherchent, car si elles le décrochent, les subventions nationales et régionales tombent, les portes des universités, si mal loties, s’ouvrent.
[1] European Network Against Racism (ENAR) received the following grants under the Fundamental Rights and Citizenship Programme (budget line 33 02 04); EUR 1.081.164 in 2012, EUR 1,101,024 in 2013, EUR 1,073,230.65 in 2014 and EUR 809,526 in 2015.
e blog de Frédéric Delorca:A propos d’un clip très « creepy »… et des pandas Parmi les clips français « creepy » (glauques) : « Coco Câline », sorti en 2017. Le titre fait référence à la cocaïne, « drogue du diable », dont le nom est déformé pour la rendre attractive. Le personnage central est un panda, symbole du WWF
| Le blog de Frédéric Delorca |
medias-presse.info: Vaccination obligatoire ? Les règles du droit de l’Union européenne comme celles du droit français sont clairement établies à propos de l’expérimentation médicale
Vaccination obligatoire ? Les règles du droit de l’Union européenne comme celles du droit français sont clairement établies à propos de l’expérimentation médicale par Pierre-Alain Depauw ![]() |
La Revue des Droits et Libertés Fondamentaux a publié une analyse de Philippe Ségur, professeur de droit public, qu’il nous semble indispensable de porter à la connaissance de nos lecteurs dans le contexte actuel de grande inquiétude à l’égard de l’intense campagne de propagande en faveur de la vaccination obligatoire.
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Est-il juridiquement possible de rendre la vaccination anti-covid obligatoire ? En considérant les autorisations de mise sur le marché délivrées pour les vaccins et le droit positif applicable, la réponse paraît négative. En effet, la question de l’obligation vaccinale, bien que souvent évoquée, l’est rarement sous l’angle qui devrait être le sien : celui de l’expérimentation médicale à propos de laquelle les règles du droit de l’Union européenne comme celles du droit français sont clairement établies.
Par Philippe Ségur, Professeur de droit public à l’Université de Perpignan Via Domitia

Quatre vaccins anti-covid sont aujourd’hui autorisés en France : le vaccin Moderna, le vaccin Pfizer & BioNTech (nom de marque : Comirnaty), le vaccin Astrazeneca (nom de marque : Vaxzevria) et le vaccin Johnson & Johnson (nom de marque : Janssen). La vaccination – technique médicale consistant à inoculer une substance capable de procurer une immunité contre une maladie infectieuse – est la réponse prioritairement choisie par les pouvoirs publics français en réponse à la pandémie de covid-19. Devant les résistances d’une partie de la population, la question de savoir s’il ne faudrait pas la rendre obligatoire pour les soignants, voire pour tous les Français, a fait son entrée dans le débat public[1].
De manière générale, l’obligation vaccinale trouve son fondement dans plusieurs textes internationaux et nationaux. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels du 16 décembre 1966 prévoit qu’afin de garantir le droit à la santé individuel, les États devront prendre les mesures nécessaires pour assurer « la prophylaxie et le traitement des maladies épidémiques » (art. 12). En France, c’est le ministre chargé de la santé qui élabore la politique de vaccination et la loi qui détermine quels vaccins sont obligatoires. Onze d’entre eux le sont aujourd’hui pour les enfants (art. L3111-2 CSP)[2]. Les professionnels de santé et thanatopracteurs sont également assujettis à certaines obligations vaccinales de même que les voyageurs qui souhaitent se rendre en Guyane. Il est, par ailleurs, admis que « lorsqu’un petit nombre de décès survient dans le cadre d’un programme de vaccination dont le seul but est de protéger la santé de la société en éliminant les maladies infectieuses », cela ne constitue pas une atteinte au droit à la vie protégé par la Convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950[3]. Les bénéfices de la vaccination, en effet, ne sont plus à démontrer : elle a permis l’éradication de la variole, une diminution de 99% des cas de poliomyélite entre 1988 et 2016, une réduction considérable des cas de tétanos, rougeole, diphtérie, coqueluche, etc[4]. À l’inverse, la recrudescence de certaines maladies infectieuses létales est liée à la diminution de la couverture vaccinale, ce qui peut justifier de rendre les vaccins obligatoires[5].
Dans une affaire récente, la Cour européenne des droits de l’homme a paru donner des gages aux États désireux d’imposer cette obligation en matière de lutte contre la covid-19. Dans l’arrêt Vavřička du 8 avril 2021, elle a considéré que si la vaccination obligatoire des enfants était une ingérence dans la vie privée, celle-ci était nécessaire dans une société démocratique au nom de la solidarité sociale[6]. Ce jugement, assorti du fait que le gouvernement français était intervenu dans la procédure, a été interprété comme un argument supplémentaire en faveur de l’obligation. Cela d’autant plus que le Conseil constitutionnel avait déjà refusé en 2015 de déclarer contraire à la Constitution l’obligation de vaccination infantile contre la poliomyélite, la diphtérie et le tétanos[7].
La crise sanitaire née de la pandémie de covid-19 pourrait donc justifier de rendre la vaccination obligatoire par voie législative pour un motif de santé publique. Le caractère exceptionnel des circonstances ne doit cependant pas faire oublier celui du moyen médical employé pour la faire cesser, à savoir le caractère inédit des procédés vaccinaux utilisés. Ainsi l’autorisation de mise sur le marché qui a été donnée aux fabricants en procédure accélérée par l’Agence européenne des médicaments (EMA) est conditionnelle. Selon l’EMA, ce type d’autorisation est délivrée « sur la base de données moins complètes que ce qui est normalement requis » et suppose que le fabricant s’engage à « fournir des données cliniques complètes à l’avenir ». Les rapports européens publics d’évaluation (EPAR) rendus au sein de l’Agence européenne des médicaments pour Pfizer[8] et Moderna[9] indiquent que les laboratoires pharmaceutiques doivent encore « fournir les résultats de l’essai principal, qui se poursuit pendant deux ans ». L’autorisation de mise sur le marché a été octroyée à Pfizer le 21 décembre 2020 jusqu’en décembre 2022. Le « rapport final de l’étude clinique » sera remis en décembre 2023. Pour Moderna, l’autorisation a été donnée le 6 janvier 2021 jusqu’en janvier 2023. Le « rapport final de l’étude clinique » sera remis en décembre 2022. Le fait qu’il s’agisse d’une vaccination en phase expérimentale ne saurait donc faire de doute.
Pour les deux autres vaccins, l’autorisation de mise sur le marché est également conditionnelle. Le vaccin AstraZeneca a été autorisé le 29 janvier 2021 et le vaccin Johnson & Johnson le 11 mars 2021. Les sociétés qui les commercialisent devront continuer de « de fournir les résultats des essais cliniques, qui sont en cours », comme l’indiquent les rapports d’évaluation du premier et du second[10]. Pour AstraZeneca, les « rapports d’étude cliniques finaux » sont attendus le 31 mai 2022[11]. Ceux du vaccin Johnson & Johnson sont attendus le 31 décembre 2023[12]. La formule « essai clinique » utilisée par l’Agence européenne est sans équivoque. Cette notion est définie par la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001[13]. Selon ce texte, un essai clinique est une « investigation menée chez l’homme, afin de déterminer ou de confirmer les effets cliniques, pharmacologiques et/ou les autres effets pharmacodynamiques d’un ou de plusieurs médicaments expérimentaux (…) dans le but de s’assurer de leur innocuité et/ou efficacité ». On notera, par exemple, qu’en dehors même des incertitudes relatives à leur technique spécifique – ARNm ou ADN recombiné[14] –, « aucune étude de cancérogénicité n’a été réalisée » pour le vaccin Moderna et « aucune étude de génotoxicité ou de cancérogénicité n’a été réalisée » pour les vaccins Pfizer, AstraZeneca et Johnson & Johnson.
L’ensemble de ces informations suffisent à convaincre que la pandémie de covid-19 a conduit les autorités sanitaires à autoriser une expérimentation vaccinale à grande échelle inédite dans l’histoire de la médecine. En période d’urgence, rien ne paraît juridiquement s’y opposer tant sur le plan de la santé individuelle afin de protéger les personnes vulnérables que sur le plan de la santé publique pour éviter la saturation des structures hospitalières. En revanche, le caractère expérimental de la vaccination invite le juriste à en recontextualiser l’usage, car en cette matière, le droit interne comme le droit international ont historiquement construit la notion de consentement du sujet comme garde-fou pour empêcher toute dérive (I). Dès lors, ce principe du consentement semble suffisamment bien établi pour constituer un obstacle à l’obligation vaccinale aussi longtemps que les phases de tests cliniques ne seront pas terminées (II).
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I- LE LIBRE CONSENTEMENT, UN FREIN À L’EXPÉRIMENTATION MÉDICALE
A- Le conflit historique entre l’éthique et l’expérimentation médicale
À partir du XVIe siècle, les progrès de la médecine ont incité aux expérimentations[15]. C’est d’ailleurs l’une d’elles qui a permis l’invention du vaccin. En 1796, le docteur Edward Jenner inocule à un enfant de huit ans du pus prélevé sur une trayeuse de vaches atteinte d’une maladie infectieuse des bovidés, la vaccine. En l’exposant ensuite à un malade contagieux, il démontre que l’injection a immunisé l’enfant contre la variole. La foi dans le progrès et l’exaltation des découvertes scientifiques incitent alors à expérimenter sur les « corps vils », jugés de peu de valeur : les détenus, les internés, les esclaves, les indigènes, les prostituées. Au XVIIIe siècle, des médecins se livrent à des expériences sur des esclaves noirs dans les colonies européennes des Antilles et d’Amérique du Nord[16]. L’inoculation préventive de maladies comme la petite vérole est utilisée sur des populations entières afin de tenter l’immunisation dans un contexte d’expérimentation de masse
Au XIXe siècle, les expériences se multiplient. Certains médecins témoignent d’une haute conscience éthique. C’est le cas, en 1833, d’un chirurgien militaire américain, William Beaumont, qui mène des expériences sur un patient atteint d’une fistule à l’estomac, mais seulement après avoir sollicité son accord et l’avoir engagé à cette fin[17]. En 1856, Claude Bernard, en posant les principes de la méthode expérimentale, recommande de « ne jamais pratiquer sur un homme une expérience qui ne pourrait que lui être nuisible à un degré quelconque »[18]. Cependant le 15 décembre 1859, le tribunal correctionnel de Lyon condamne pour blessures volontaires deux médecins hospitaliers qui ont volontairement inoculé la syphilis à un garçonnet de dix ans venu consulter pour une teigne[19]. En 1884, Louis Pasteur lui-même écrit à l’empereur du Brésil pour lui demander l’autorisation de contaminer des condamnés à mort avec le choléra afin d’essayer sur eux des traitements[20]. Les exigences de l’expérimentation sont donc loin d’être d’emblée synonymes d’éthique. En 1892, en Allemagne, un médecin directeur de clinique est condamné pour avoir injecté la syphilis à des prostituées et à des mineurs à leur insu. À la suite de cette affaire, les services de santé allemands adoptent le 29 décembre 1900 une instruction aux directeurs de cliniques, polycliniques et établissements hospitaliers qui leur impose en matière d’expérimentation « le consentement clair » de la personne concernée[21].
C’est un médecin français, Pierre-Charles Bongrand, qui émet le premier l’idée moderne selon laquelle le sujet humain – et non le médecin – est au centre du dispositif expérimental. En 1905, dans sa thèse pour le doctorat en médecine, il constate que, tout en étant indispensables au progrès médical, les expériences sur l’être humain sont immorales, car elles sacrifient l’individu à la collectivité. C’est pourquoi il propose d’instaurer entre l’expérimentateur et le sujet un accord fondé sur le « consentement préalable »[22]. Cette conception ne se traduira pas immédiatement dans le droit[23]. Le principe du consentement éclairé du patient sera d’abord consacré pour la seule relation thérapeutique par la Cour de Cassation le 28 janvier 1942[24]. Quant à la recherche médicale, on continuera de présupposer qu’elle est humaniste du seul fait qu’elle vise à l’amélioration du sort de la collectivité. « Le labeur des hommes de génie, même orienté dans une direction erronée, finit presque toujours par tourner au plein avantage de l’humanité », écrivait ainsi Mary Shelley dans Frankenstein en 1818.
Le XXe siècle a pourtant largement démenti le présupposé des finalités humanistes de toute recherche médicale. Ainsi l’Unité 731, créé par le Japon impérial en 1932 aurait fait périr plus de dix mille prisonniers servant de cobayes humains en laboratoire[25]. En août 1944, le médecin en chef de l’armée japonaise, Nakamura Hirosato, a provoqué la mort de neuf cents Indonésiens après avoir ordonné l’injection expérimentale d’un vaccin contenant de la toxine tétanique chimiquement modifiée[26]. En Allemagne, ni le serment d’Hippocrate, ni les directives du gouvernement sur les thérapeutiques nouvelles et l’expérimentation scientifique du 28 février 1931 qui prévoyait que l’expérimentation était interdite « dans tous les cas où le consentement fait défaut » n’auront été suffisants pour empêcher les dérives médicales les plus tragiques. Le IIIe Reich a procédé à des expériences à vaste échelle sur des juifs déportés. À Auschwitz, à Buchenwald, à Dachau, à Natzwzeiler, les médecins nazis ont utilisé des cobayes humains auxquels ont été inoculés des pathogènes tels que le typhus, la fièvre jaune, la variole, la typhoïde, le choléra et la diphtérie afin de chercher des vaccins ou de mettre au point des traitements permettant l’immunité[27].
B- La consécration du consentement éclairé après 1947
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, vingt médecins et trois fonctionnaires nazis seront accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et jugés à Nuremberg du 9 décembre 1946 au 20 août 1947. Le jugement du Tribunal militaire américain des 19 et 20 août 1947[28] établit une liste des dix critères retenus pour apprécier les expérimentations reprochées aux accusés et connus aujourd’hui sous le nom de « Code de Nuremberg »[29]. Parmi eux, se trouve le principe du consentement éclairé du sujet. Pour leur défense, les accusés prétendaient qu’en temps de guerre, le serment d’Hippocrate ne tenait plus et que l’État pouvait décider de faire primer l’intérêt de la science sur celui de l’individu pour le bénéfice de la Nation. En réponse à cet argument, les juges de Nuremberg définirent des principes qui ne devaient pas dépendre d’une consécration juridique déterminée – c’est-à-dire du droit de tel ou tel État – mais d’une éthique médicale universelle et même du droit international[30]. C’est pourquoi le Pacte international sur les droits civils et politiques, adopté par l’Assemblée générale des Nations-Unies le 16 décembre 1966, prévoit à son tour qu’« il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique » (art. 7).
En raison de leur atrocité, les crimes des médecins nazis ont laissé croire qu’il s’agissait d’un accident monstrueux de l’Histoire, faisant ainsi oublier ce qu’Hannah Arendt appelle « la banalité du mal ». Or, tout au long du XXe siècle, d’autres drames ont résulté d’expérimentations médicales sans l’accord des personnes[31]. L’histoire des États-Unis où elles sont bien documentées est édifiante : alimentation d’enfants retardés avec des céréales radioactives par des chercheurs du MIT à la Fernald State School (Massachusetts) dans les années 1940 et 1950[32], faux traitements administrés à des Noirs atteints de syphilis par le Service de santé publique de Tuskegee (Alabama) de 1932 à 1972[33], contamination d’enfants handicapés mentaux à l’hépatite par deux médecins universitaires à la Wilowbrook State School de New York de 1956 à 1972[34], essai sur 20 000 Américains du thalidomide – un sédatif responsable de graves malformations fœtales – sur simple prescription par des généralistes à la fin des années 1950 et jusqu’en 1961[35], injection de cellules cancéreuses à des malades âgés et indigents au Jewish Chronicle Disease Hospital de Brooklyn en 1963[36], etc.
Ces exemples attestent que pour certains, la fin peut toujours justifier les moyens. C’est pourquoi l’Association médicale mondiale, une organisation non gouvernementale de médecins créée en 1947, a jugé bon d’adopter en juin 1964 la déclaration d’Helsinki. Il s’agit du premier texte international postérieur à Nuremberg qui revient sur les questions d’éthique dans l’expérimentation. Ce texte affirme que « la participation de personnes capables à une recherche médicale doit être un acte volontaire » (art. 25). En France, les principes du Code de Nuremberg inspirent largement les garanties apportées par le droit. Ils ont été repris par le Comité consultatif national d’éthique dans un avis rendu en 1984[37] et par le rapport du Conseil d’État sur les sciences de la vie, l’éthique et le droit en 1988[38]. C’est toutefois la loi du 20 décembre 1988, dite loi Huriet-Sérusclat, qui a prévu pour la première fois une permission spécifique pour les essais médicaux sur des volontaires en bonne santé – jusqu’alors interdits – tout en tout en rappelant la nécessité d’un « consentement libre, éclairé et exprès »[39]. rappelant la nécessité d’un « consentement libre, éclairé et exprès »[39].
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II- LE LIBRE CONSENTEMENT, UN OBSTACLE À L’OBLIGATION VACCINALE
A- L’encadrement juridique des expérimentations
Les recherches médicales, y compris quand elles comportent une finalité thérapeutique, sont aujourd’hui régies par la loi du 5 mars 2012, dite loi Jardé[40]. Selon le Code de la santé publique, aucune recherche interventionnelle impliquant la personne humaine ne peut être pratiquée « sans son consentement libre et éclairé recueilli par écrit, après que lui a été délivrée l’information prévue » (article 1122-1-1). Les recherches interventionnelles sont celles « qui comportent une intervention sur la personne non justifiée par sa prise en charge habituelle » (article 1121-1), c’est-à-dire une intervention non dénuée de risque pour les personnes qui y participent. En font partie les recherches sur les médicaments, mais aussi les thérapies cellulaires ou les thérapies géniques comme le rappelle l’INSERM. Par leur nature comme par leur méthodologie expérimentale, les quatre vaccins anti-covid semblent entrer dans cette catégorie. Quant à l’information préalable, elle doit inclure notamment « les risques prévisibles » et « les éventuelles alternatives médicales » (article 1122-1).
Ces recherches interventionnelles supposent un avis favorable d’un organisme régional, le Comité pour la Protection des Personnes (CPP), qui dépend de l’Agence Régionale de Santé (ARS), suivi d’une autorisation par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). En principe, le fait de ne pas avoir recueilli ce consentement est puni de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende par le Code pénal (art. 223-8). Néanmoins, la question du vaccin anti-covid a entraîné le dessaisissement des autorités sanitaires françaises au profit de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur le fondement du Règlement (CE) n° 726/2004 du 31 mars 2004. En ce qui concerne les « médicaments à usage humain contenant une nouvelle substance active », notamment pour le traitement des maladies virales, ce règlement prévoit, en effet, une procédure centralisée d’autorisation au niveau européen. En d’autres termes, ces médicaments doivent recevoir une autorisation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) valable pour tous les États membres de l’Union européenne. Ce dessaisissement fait alors obstacle à une éventuelle action devant le juge français pour non-respect de la procédure d’avis et d’autorisation en droit interne, puisque sous la pression des circonstances, celle-ci s’est vu substituer une procédure européenne. En revanche, il ne dispense en rien de l’obligation d’obtenir l’accord des personnes.
Au sein du Conseil de l’Europe, la Recommandation n°R(90)3 du Comité des Ministres concernant la recherche médicale sur l’être humain, adoptée le 6 février 1990, énonce un certain nombre de principes. Selon le troisième, « aucune recherche médicale ne peut être effectuée sans le consentement éclairé, libre, exprès et spécifique de la personne qui s’y prête » et, selon le treizième, « les personnes susceptibles de faire l’objet de recherches médicales ne doivent pas être incitées à s’y soumettre d’une manière qui compromette leur libre consentement ». Ce texte, s’il vaut engagement politique et éthique, n’a cependant pas de valeur juridique obligatoire. En revanche, le règlement (CE) du 31 mars 2004 prévoit d’une manière contraignante au sein de l’Union européenne le respect de certaines exigences éthiques lors de la conduite d’essais cliniques de médicaments autorisés au niveau européen (point 16). Ces exigences sont prévues par la directive 2001/20/CE du 4 avril 2001 qui se réfère explicitement à la déclaration d’Helsinki et qui prévoit elle aussi le consentement éclairé (art. 3). Enfin, la Cour européenne des droits de l’homme a eu l’occasion de juger en 2002 que l’imposition d’un traitement sans le consentement du patient est « une atteinte à l’intégrité physique de l’intéressé »[41] et que « les vaccinations obligatoires en tant que traitements médicaux non volontaires constituent une ingérence dans le droit au respect de la vie privée »[42].
Une question demeure : ce principe s’applique-t-il lorsque l’expérimentation consiste en un vaccin ? La réponse est positive, car la directive du 4 avril 2001 vise les médicaments tels qu’ils sont définis par un autre texte, la directive 65/65/CEE du 26 janvier 1965. Selon celle-ci, un médicament est « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales. Toute substance ou composition pouvant être administrée à l’homme ou à l’animal en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier des fonctions organiques chez l’homme ou l’animal est également considérée comme médicament » (art. 1er). Les vaccins anti-covid répondent sans conteste à cette définition. Dans la mesure où ils sont encore en phase expérimentale, ils sont soumis aux principes éthiques imposés par le règlement de 2004. La règle du consentement libre et éclairé à une expérimentation est donc bien établie en droit français comme en droit de l’Union européenne.
B- Inviolabilité du corps humain et dignité de la personne
Si l’arrêt Vavřička rendu par la Cour européenne le 8 avril 2021 ne fait pas obstacle à l’obligation vaccinale anti-covid, il ne la rend pas pour autant plausible ni juridiquement acceptable. Dans cette affaire, il s’agissait de vaccins longuement éprouvés qui ne suscitent plus que des contestations marginales chez les adversaires radicaux de toute vaccination. Il en va tout autrement des vaccins anti-covid. Ceux-ci se trouvant, de l’aveu même de l’Agence européenne des médicaments, en phase d’essais cliniques, il paraît difficile de les imposer compte tenu des garanties juridiques existantes. Une obligation vaccinale dans un contexte d’expérimentation risquerait fort de se heurter à la sanction du juge, ce d’autant plus que le droit français est fondé sur le principe de l’inviolabilité du corps humain. Cette prohibition s’exprime dans l’adage Noli me tangere, « ne me touche pas », repris de la parole du Christ ressuscité à Marie Madeleine[43] et traduisant le caractère sacré du corps. Si ce principe d’inviolabilité n’a pas reçu de consécration constitutionnelle, il traverse toutefois tout notre système juridique et est couvert par la « sauvegarde de la dignité de la personne », notion plus large que le Conseil constitutionnel a élevé au rang de principe constitutionnel dans sa décision du 27 juillet 1994 à propos de la loi relative au respect du corps humain[44].
Il est commun de dire que l’expérimentation médicale profite à l’espèce humaine tout entière bien qu’elle puisse s’exercer au détriment éventuel de celui qui s’expose à ses risques. Autrement dit, le bénéfice attendu par le plus grand nombre vaudrait bien le danger encouru par quelques-uns. Cependant l’expérimentation médicale sur l’être humain ne peut pas se réduire à une équation qui la rendrait aussi évidente qu’un calcul avantages/inconvénients. En effet, un tel raisonnement postule sa finalité désintéressée en faisant l’économie de ses déterminants économiques, politiques et sociaux. Dans l’affaire Vavřička, le juge Wojtyczek a observé dans une opinion dissidente publiée à la suite de l’arrêt « qu’il n’a été soumis à la Cour aucun élément propre à montrer que les États ayant mis en place l’obligation vaccinale obtiennent de meilleurs résultats en matière de santé publique que les États qui n’ont pas instauré cette obligation ». La remarque est cruciale et lourde d’implications.
Il faut se garder, en effet, d’une vision idéalisée de la rationalité scientifique qui conduirait à faire abstraction des enjeux de pouvoir, des intérêts financiers et des stratégies institutionnelles qui la conditionnent. La recherche médicale possède sa propre logique de déploiement qui n’est pas nécessairement humaniste et qui peut être assujettie à la quête du profit comme l’a rappelé encore récemment l’affaire du Médiator[45]. C’est un fait, par ailleurs, que la rationalité pure échappe à toute norme morale et menace de se retourner contre elle-même comme l’a montré Max Horkheimer[46]. Un marqueur de la civilisation peut alors se transformer en « progrès régressif » selon la formule de Theodor Adorno[47].
Si l’idée de neutralité scientifique est un leurre[48], le seul usage du terme « éthique » dans les textes juridiques ne suffit pas à en garantir l’innocuité. Même lorsque les recherches sont strictement encadrées par le droit, le principe du libre consentement paraît souvent fragile dans le rapport asymétrique qui lie l’autorité médicale au sujet. On voit mal, du reste, comment le consentement pourrait être tout à fait « éclairé » en présence d’un risque inconnu et d’une technique vaccinale complexe. Comme le rappelait Yannick Bardie en 2016, un essai clinique est par nature « un exercice très dangereux et non éthique »[49]. Compte tenu des nombreuses incertitudes qui pèseront jusqu’à la fin des essais sur les vaccins anti-covid, s’il est légitime de laisser aux volontaires, en particulier aux personnes vulnérables, la possibilité de les recevoir en toute connaissance de cause, il paraîtrait contraire au droit en vigueur et aux principes qui fondent notre système libéral de vouloir les imposer à tous les citoyens.
[1] Académie nationale de médecine, « La vaccination des soignants contre la Covid-19 doit devenir obligatoire », Communiqué de l’Académie nationale de médecine, 9 mars 2021.
[2] Loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018, JORF, 31 déc. 2017.
[3] CommissionEDH, 12 juill. 1978, Association X. Contre Royaume-Uni, n°7154/75.
[4] D. Lévy-Bruhl. « Politique vaccinale », in F. Bourdillon (dir.), Traité de santé publique. Lavoisier, 2016, pp. 311-322.
[5] Ph. Sansonetti, « La défiance vis-à-vis des vaccins, un luxe pour ceux qui sont protégés par les autres ? », Après-demain, vol. n° 42, n° 2, 2017, pp. 9-11.
[6] CEDH, 8 avr. 2021, Vavřička c. République tchèque, n°46621/13.
[7] CC, déc. n° 2015-458 QPC, 20 mars 2015, Époux L.
[8] Comirnaty. An overview of Comirnaty and why it is authorised in the EU, EMA/215190/2021, p. 4.
[9] Covid-19 Vaccine Moderna. An overview of COVID-19 Vaccine Moderna and why it is authorised in the EU, EMA/704373/2020, p. 4.
[10] COVID-19 Vaccine Janssen. An overview of COVID-19 Vaccine Janssen and why it is authorised in the EU, EMA/229490/2021; Vaxzevria. An overview of Xaxzevria and why it is authorised in the EU, EMA/213411/2021.
[11] Committee for Medicinal Products for Human Use, Covid-19 Vaccine AstraZeneca, Assessment report, EMA/94907, 20 January 2021, p. 176.
[12] Committee for Medicinal Products for Human Use, Covid-19 Vaccine Janssen, Assessment report, EMA/158424, 11 March 2021, p. 209.
[13] Directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à l’application de bonnes pratiques cliniques dans la conduite d’essais cliniques de médicaments à usage humain, J.O. n° L121, 1er mai 2001, p. 34-44.
[14] Janssen Vaccines & Prevention B.V., Summary Notification Information Format for the Release of Genetically Modified Organisms Other Than Higher Plants in Accordance with Article 11 of Directive 2001/18/EC, Ad26COVS1, 6 July 2020.
[15] Ph. Amiel, « Expérimentation sur l’être humain », in C. Bonah, J.-M. Mouillie et al., Médecine, santé et sciences humaines, Les Belles Lettres, pp. 564-576, 2011.
[16] G. Chamayou, Les corps vils. Expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXe siècles, La Découverte, 2014, pp. 341-384.
[17] W. Beaumont, Experiments and Observations on the Gastric Juice, Plattsburgh, P. P. Allen, 1833, p. 20.
[18] C. Bernard, Introduction à la médecine expérimentale, J. B. Baillère & Fils éd., 1865, II, chap. 2, § 3.
[19] A. Claudy, Histoire de la dermatologie lyonnaise, Société française d’Histoire de la dermatologie.
[20] L. Pasteur, Lettre adressée à Pedro II, empereur du Brésil, 22 sept. 1884, Archives Nationales, AB/XIX/3332.
[21] Schleswig-Holstein Ministerium für Soziales, Gesundheit, Jugend, Familie und Senioren, Wissenschaftliche Untersuchung der Praxis der Medikamentenversuche in schleswig-holsteinischen Einrichtungen der Behindertenhilfe sowie in den Erwachsenen-, Kinder- und Jugendpsychiatrien in den Jahren 1949 bis 1975, 12 Januar 2021, p. 35.
[22] P.-C. Bongrand, L’expérimentation sur l’homme. Sa valeur scientifique et sa légitimité, 1905, Presses de l’Institut Gustave Roussy/IGR Press.fr, 2011, p. 122.
[23] Ph. Amiel, Des cobayes et des hommes ; expérimentation sur l’être humain et justice, Les Belles Lettres, 2011.
[24] Cass, 28 janv. 1942, Teyssier, Gaz. Pal. 1942, 1, p. 177 ; B. Hoerni et J.-P. Bouscharain, « Arrêt Teyssier de la Cour de Cassation, 28 janvier 1942 : quelques remarques sur une décision “oubliée” », Histoire des sciences médicales, t. XXXV, n°3, 2001.
[25] R. Working, « The Trial of the Unit 731 », The Japan Times, 5 June 2005.
[26] J. K. Baird, « War Crimes in Japan-Occupied Indonesia: Unraveling the Persecution of Achmad Mochtar », The Asia-Pacific Journal Japan Focus, Jan. 1, 2016, vol. 14, issue 1, n° 4.
[27] J. Graven, « Le procès des médecins nazis et les expériences pseudo-médicales. Esquisse d’une étude de synthèse, Annales de droit international médical, n°8, juin 1962, p. 5.
[28] Ph. Amiel, « Expérimentations médicales : les médecins nazis devant leurs juges », in F. Vialla, Les grandes décisions du droit médical, LGDJ, 2009, pp. 431-444.
[29] Ph. Amiel, «“Code de Nuremberg” : traductions et adaptations en français», in Des cobayes et des hommes, op. cit.
[30] Ph. Amiel, F. Vialla, « Le “code de Nuremberg”, une jurisprudence pénale inaugurale endroit international de la santé », in E. Cadeau, É. Mondielli, F. Vialla (dir.), Mélanges en l’honneur de Michel Bélanger : modernité du droit de la santé, Les éditions hospitalières, 2015, pp.573-585.
[31] A. M. Salam, A. S. Carr, « Racing for Covid-19 Vaccine and Cure: Lessons and Tragedies in Human Subject Research », Heart Views, 2020 Jul-Sep, 21(3), p. 229–234.
[32] R. Leung, « America’s Deep, Dark Secret », CBS News, Apr. 29, 2004.
[33] Center for Disease Control and Prevention, The Tuskegee Timeline.
[34] S. Krugman, « The Willowbrook Hepatitis Studies Revisited: Ethical Aspects », Reviews of infectious diseases, vol. 8, n°1, Jan.-Febr. 1986, 157-162.
[35] B. Fintel, A. T. Samaras, E. Carias, « The Thalidomide Tragedy: Lessons for Drug Safety and Regulation », Helix, Jul. 28, 2009.
[36] « Hospital Accused on Cancer Study », The New York Times, Jan. 21, 1964.
[37] CCNE, Avis sur les essais de nouveaux traitements chez l’homme. Réflexions et propositions, n°2, 9 oct. 1984.
[38] Sciences de la vie : de l’éthique au droit, Rapport G. Braibant, La Documentation française, 1988.
[39] Loi n°88-1138 du 20 déc. 1988 relative à la protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales, JORF, 22 déc. 1988.
[40] Loi n° 2012-300 du 5 mars 2012 relative aux recherches impliquant la personne humaine, JORF, 6 mars 2012. Voir : J. Ducruet, « Protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales », Laennec, vol. 56, n°3, 2008, pp. 6-24.
[41] CEDH, 29 avr. 2002, Pretty c. Royaume-Uni, n°2346/02.
[42] CEDH, 9 juill. 2002, Salvetti C. Italie, n°42197/98.
[43] Jean, 20, 17.
[44] CC, déc. n° 94-343/344 DC, 27 juillet 1994, Loi relative au respect du corps humain et loi relative au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal, JORF, 29 juill. 1994, p. 11024.
[45] CAA Paris, 8ème ch., 4 août 2017, 16PA00157 et 16PA03634.
[46] M. Horkheimer, Éclipse de la raison, 1947, Payot, 1974.
[47] Th. W. Adorno, Minima Moralia. Réflexions sur la vie mutilée, 1951, Payot, 2016.
[48] K. Abbasi, « Covid-19: politicisation, “corruption,” and suppression of science », The British Medical Journal, 2020, 371. En ligne: <https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4425> (consulté le 7 mai 2021).
[49] L’Obs, 15 janv. 2016. Voir aussi Y. Bardie, Essai clinique : du patient à l’objet de science, Éd. Sauramps Médical, 2013
Wikistrike:Royaume-Uni : La moitié des décès dus au coronavirus concernent des personnes vaccinées
Royaume-Uni : La moitié des décès dus au coronavirus concernent des personnes vaccinées
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Pierre et le loup:Incroyable découverte des villes de Sodome et Gomorrhe confirmant les récits bibliques
Incroyable découverte des villes de Sodome et Gomorrhe confirmant les récits bibliques
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Publié le dimanche 4 juillet 2021
Catégorie : Foi, doctrine & morale catholiques

Aujourd’hui nous allons nous plonger dans un reportage exceptionnel sur les villes de Sodome et Gomorrhe. Vous allez voir qu’il y a beaucoup de preuves archéologiques qui ont été découvertes autour de ces deux grandes villes qui ont été complètement réduites par le feu et le soufre que l’Éternel notre Seigneur a fait tomber sur ces villes remplies de péchés, d’abominations à Ses yeux.
Photo : La destruction de Sodome et Gomorrhe par Jules-Joseph-Augustin Laurens (1825-1901) – Crédits : DEA / G. DAGLI ORTI / Contributeur – Getty
Documentaire au coeur de Sodome et Gomorrh

Squelettes d’hommes entrelacés retrouvés dans les vestiges de ces deux villes du passé
Des squelettes ainsi que du soufre ont été retrouvés dans ce qui reste de ces villes. Ce soufre est d’une qualité, d’une pureté que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs sur terre — on atteint les 95,7% et il est de couleur blanche, alors que normalement le soufre naturel que l’on trouve partout sur la surface du globe est de couleur jaune. On voit que c’est un soufre qui est vraiment tombé du ciel, divin, qu’on ne peut pas trouver ailleurs sur la planète terre.
Livre de la Genèse – chapitre 19
01 Les deux anges arrivèrent à Sodome, le soir. Loth était assis à la porte de Sodome ; il les aperçut, se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna, face contre terre.
02 Il dit : « De grâce, mes seigneurs, faites un détour par la maison de votre serviteur ; vous y passerez la nuit, vous vous laverez les pieds et vous vous lèverez de bon matin pour reprendre votre route. » Ils répondirent : « Non ! nous passerons la nuit sur la place. »
03 Mais il insista tellement auprès d’eux qu’ils firent le détour et entrèrent dans sa maison…
04 Ils n’étaient pas encore couchés que les hommes de la ville, ceux de Sodome, cernèrent la maison, des plus jeunes aux plus vieux, toute la population sans exception.
05 Ils appelèrent Loth et lui dirent : « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Amène-les : nous voulons nous unir à eux. »
06 Loth s’avança vers eux, à l’entrée, et ferma la porte derrière lui.
07 Il dit : « De grâce, mes frères, ne commettez pas le mal ! … »
09 Ils répliquèrent : « Ôte-toi de là ! » Et ils ajoutèrent : « Lui, le seul étranger, il voudrait juger ! À toi, nous ferons plus de mal qu’à eux ! » Ils bousculèrent Loth et s’approchèrent pour enfoncer la porte.
10 Mais les deux hommes [anges] étendirent la main et firent rentrer Loth dans la maison, auprès d’eux. Et ils refermèrent la porte.
11 Ils frappèrent de cécité les hommes qui se trouvaient à l’extérieur de la maison, du plus petit au plus grand, si bien que ceux-ci ne purent trouver l’entrée.
12 Les deux hommes dirent à Loth : « Qui as-tu encore ici avec toi ? Gendre, fils, filles, tous ceux qui sont avec toi dans la ville, fais-les sortir de ce lieu.
13 Car nous allons le détruire. Elle est grande à la face du Seigneur, la clameur qui s’est élevée contre ses habitants, et le Seigneur nous a envoyés pour détruire ce lieu. »
14 Loth sortit parler à ses gendres, ceux qui allaient épouser ses filles, et dit : « Debout ! Sortez de ce lieu car le Seigneur va détruire la ville ! » Mais, aux yeux de ses gendres, il parut plaisanter.
15 À l’aurore, les deux anges pressèrent Loth, en disant : « Debout ! Prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, et va-t’en, de peur que tu ne périsses à cause des crimes de cette ville. »
16 Comme il s’attardait, ces hommes le saisirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait l’épargner. Ils le firent sortir et le conduisirent hors de la ville.
17 Une fois sortis, ils dirent : « Sauve-toi si tu tiens à la vie ! Ne regarde pas en arrière, ne t’arrête nulle part dans cette région, sauve-toi dans la montagne, si tu ne veux pas périr ! »
18 Loth leur dit : « Non, je vous en prie, mes seigneurs !
19 Votre serviteur a trouvé grâce à vos yeux, et vous m’avez fait une grande faveur en me laissant la vie. Mais je n’ai pas le temps de me sauver dans la montagne : le malheur va me rattraper et je mourrai.
20 Voici une ville assez proche pour y fuir – elle est si petite ! – Permettez que je me sauve là-bas – elle est si petite ! – afin de rester en vie ! »
21 Ils lui répondirent : « Pour te faire plaisir cette fois encore, je ne détruirai pas la ville dont tu parles.
22 Vite, sauve-toi là-bas, car je ne puis rien faire avant que tu y sois arrivé. » C’est pour cela qu’on a donné à cette ville le nom de Soar (ce qui veut dire : Petite).
23 Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar,
24 quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu venant du Seigneur.

25 Dieu détruisit ces villes et toute la région, avec tous leurs habitants et la végétation.

26 Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel.
27 Abraham se leva de bon matin pour se rendre à l’endroit où il s’était tenu en présence du Seigneur,
28 et il regarda du côté de Sodome, de Gomorrhe et de toute la région : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d’une fournaise !
29 Lorsque Dieu a détruit les villes de cette région, il s’est souvenu d’Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.

