Thanks go to Tony Heller, who first collected many of these news clips and posted them on RealClimateScience.
SUMMARY
Modern doomsayers have been predicting climate and environmental disaster since the 1960s. They continue to do so today.
None of the apocalyptic predictions with due dates as of today have come true.
What follows is a collection of notably wild predictions from notable people in government and science.
More than merely spotlighting the failed predictions, this collection shows that the makers of failed apocalyptic predictions often are individuals holding respected positions in government and science.
While such predictions have been and continue to be enthusiastically reported by a media eager for sensational headlines, the failures are typically not revisited.
Gas hydrate dissociation off Svalbard induced by isostatic rebound rather than global warming
Abstract
Methane seepage from the upper continental slopes of Western Svalbard has previously been attributed to gas hydrate dissociation induced by anthropogenic warming of ambient bottom waters. Here we show that sediment cores drilled off Prins Karls Foreland contain freshwater from dissociating hydrates. However, our modeling indicates that the observed pore water freshening began around 8 ka BP when the rate of isostatic uplift outpaced eustatic sea-level rise. The resultant local shallowing and lowering of hydrostatic pressure forced gas hydrate dissociation and dissolved chloride depletions consistent with our geochemical analysis. Hence, we propose that hydrate dissociation was triggered by postglacial isostatic rebound rather than anthropogenic warming. Furthermore, we show that methane fluxes from dissociating hydrates were considerably smaller than present methane seepage rates implying that gas hydrates were not a major source of methane to the oceans, but rather acted as a dynamic seal, regulating methane release from deep geological reservoirs.
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Les nouvelles idéologies politiques se dirigent souvent vers les extrêmes, leurs adeptes essayant de se prouver les uns aux autres qui est le plus dévot. Les croyants woke, en particulier, sont pris dans une spirale de pureté enivrante et compétitive, qui les rend plus belliqueux et intolérants chaque jour qui passe.
Une histoire alarmante est récemment apparue au Canada, montrant que les adeptes de ce culte du XXIe siècle se sont mis à brûler des livres. Il y a deux ans, dans le sud-ouest de l’Ontario, le Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30 écoles, a procédé à une purge de ses bibliothèques, retirant et détruisant près de 5 000 livres, dont 30 ont été brûlés lors d’une cérémonie. Parmi ces livres figuraient des titres d’Astérix et de Tintin, en raison de leur représentation prétendument raciste des peuples indigènes américains.
Parmi les ouvrages visés figuraient Tintin en Amérique et Tintin et le temple du soleil d’Hergé. Astérix et les Indiens figure également parmi les ouvrages détruits, l’un des militants concernés s’étant plaint de la sexualisation des femmes indigènes. De nombreux romans et encyclopédies contenant des références prétendument négatives aux peuples des Premières nations ont également été victimes de la purge.
La commission scolaire a qualifié les autodafés de « cérémonie de purification par le feu ». Les cendres des livres ont ensuite été utilisées comme engrais pour planter un arbre. Comme l’a expliqué Lyne Cossette, porte-parole de la commission scolaire, « il s’agit d’un geste de réconciliation avec les Premières nations et d’ouverture vers les autres communautés présentes dans l’école et dans notre société ». À Lire Aussi Les statues de la discorde : tour du monde des statues vandalisées ou détruites
L’incendie et la destruction de livres au nom de la purification idéologique et du dogme puritain ont, bien sûr, des échos macabres de l’Allemagne nazie. Il appartient au moins à la science-fiction cauchemardesque de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Le fait que cela se produise dans le Canada d’aujourd’hui nous rappelle que le wokisme est effectivement un culte sinistre et puritain. Et comme le puritanisme classique, c’est un culte qui exige une obéissance totale au nom de la justice.
Comme l’a écrit le professeur d’histoire Crawford Gribben dans l’édition d’août de History Today, le puritanisme d’autrefois se caractérisait par « une volonté de pureté idéologique… et la réduction au silence des voix impopulaires. Les opinions religieuses traditionnelles ne sont exprimées qu’en privé ». Ceux qui n’adhèrent pas pleinement aux nouvelles normes « sont publiquement humiliés ». Pourquoi cela me semble-t-il familier ? », a-t-il demandé.
Dans le passé, les libéraux classiques promouvaient un non-racisme « aveugle à la couleur » pour lutter contre les préjugés. Aujourd’hui, les dogmatiques du wokisme insistent sur le fait que seul un antiracisme proactif suffira. C’est même devenu un péché d’être blanc.
De même, on considérait autrefois comme la marque d’une société progressiste et tolérante le fait de laisser les gens lire les livres qu’ils voulaient. Puis sont apparus les « avertissements déclencheurs » (trigger warnings) nous indiquant quels livres nous ne devrions pas lire. Et maintenant, il y a ceux qui brûlent et détruisent les livres que nous pourrions avoir envie de lire, tout cela au nom d’un dogme puritain.
Les Amériques anciennes ne se résument pas aux sacrifices humains. Même si je ne suis pas d’accord avec les autodafés de livres, il y a vraiment quelque chose de douteux dans Le temple du soleil d’Hergé. Dans l’histoire, les Incas ne savent pas quand une éclipse va avoir lieu. Tintin, ayant lu qu’elle allait se produire, parvient à les convaincre que son appel au soleil peut la provoquer. À Lire Aussi Cette erreur anthropologique fondamentale qui plombe la pensée EELV
Mais même Hergé a admis plus tard que ces adorateurs du soleil avaient une connaissance approfondie de l’astronomie et savaient très bien quand une éclipse de soleil avait lieu.
Le dessinateur et auteur belge était fasciné par les civilisations anciennes et disparues. S’il se trompait parfois dans les faits, il respectait invariablement ces civilisations. Dans Le temple du soleil, les Incas apparaissent comme les bons. Le livre est en fin de compte une condamnation des Européens qui ont pillé une grande civilisation pour un butin.
Le peuple qui habitait ce qui est aujourd’hui le Pérou semble être un peuple fascinant. Ils font l’objet d’une prochaine exposition au British Museum. L’exposition, qui sera ouverte au public en novembre, présente des dizaines d’objets retraçant plus de 3 000 ans de civilisation humaine dans les Andes – des artefacts des cultures Chavin et Cupisnique, qui remontent à environ 1 500 avant J.-C., aux objets de l’empire inca, qui s’est achevé au XVIe siècle. Jago Cooper, responsable des Amériques au British Museum, explique au Times que ces cultures possédaient « des pyramides, des milliers d’années d’histoire, un développement technologique étonnant et des villes plus grandes que celles d’Europe ».
Malheureusement, notre culture fait une fixation macabre sur les Aztèques – qui ne sont arrivés au Mexique que vers 1300 après J.-C. – parce qu’ils pratiquaient le sacrifice humain et avaient une forme de football dans laquelle les crânes étaient utilisés comme ballons. Quel dommage, alors, que toutes les autres grandes cultures des Amériques soient largement méconnues.
Pour lire ce courriel enligne, cliquez ici olivier — Une enquête du coroner est en cours pour découvrir les causes des multiples décès du printemps 2020 dans les établissements de soins de longue durée au Québec. Bien sur, le narratif dominant veut que nous croyions qu’il s’agisse tout simplement d’une histoire de virus qui, s’étant introduit au sein de populations fort vulnérables, n’a pas hésité à semer la mort. Or, dès avril de l’année passée nous savions, à Campagne Québec-Vie, que tout ne tournait pas rond dans cette affaire. Nous savions entre autres que des protocoles à saveur euthanasiques ont été mis sur pied dans les maisons de soins de longue durée partout au monde suite à l’annonce officielle d’une pandémie par l’OMS le 13 mars 2020 (voir ici, ici et ici). Nous avons déploré à maintes reprises la situation catastrophique des ces centres, et en novembre 2020 avons écris à la commissaire à la santé, ainsi qu’à la coroner en chef, une lettre qui citaient les causes suivantes comme étant de significatives causes des décès des personnes âgés en avril 2020 : une grossière négligence, provoquée entre autres par un manque criant de main-d’œuvre dans les établissements de soins de longue durée, lui-même suscité en grande partie par une campagne de peur médiatique qui a semé la panique chez les employés de ces centres [6]; une situation de stress causée par l’isolement et les autres mesures sanitaires, affaiblissant le système immunitaire de personnes déjà très fragiles, et les rendant plus susceptibles de succomber à des maladies en temps normal relativement bénignes [7]; une politique de « triage » des personnes aînées, leur refusant en une période de pandémie un accès à des services hospitaliers qui leur étaient habituellement accordés [8]; une contamination des établissements pour personnes âgées par des personnes âgées malades qu’on a évacuées des hôpitaux (pour « libérer » 7000 lits, dont ceux de 1400 patients toujours malades), en anticipation d’une « vague » de malades plus « prioritaires » qui n’est jamais venue[9]; une suspension de plusieurs interventions chirurgicales et autres, toujours afin de « libérer » des lits pour faire face à la crise, temps d’arrêt dans les soins qui a pu indirectement causer plusieurs décès ce printemps[10]; la mise sur pied de protocoles à consonance euthanasique[11]; Et voilà que le journal de référence au Canada anglais, le Globe and Mail, rapporte les récents développements de l’enquête du coroner sur les décès de la résidence Héron, reflétant mot-à-mot ce que nous affirmions l’année passée : Le covid-19 a été cité à plusieurs reprises comme cause de décès au foyer de soins Herron pour masquer le fait que des dizaines de résidents âgés sont morts de soif, de malnutrition et de négligence, a-t-on appris mardi lors d’une enquête du Coroner du Québec. Dans un témoignage émouvant, une infirmière auxiliaire a rappelé que l’établissement situé dans l’ouest de l’île de Montréal était déjà mal géré avant la crise, que la plupart de ses employés ont abandonné leur poste lors de l’éclosion de coronavirus, et que l’autorité sanitaire locale a ensuite pris le relais de manière autoritaire et inefficace. La vérité commence à sortir sur cette affaire. À Campagne Québec-Vie, nous poursuivons avec acharnement cette vérité sur le virus et les décès y étant attribués, non seulement pour faire justice aux aînés (le nom d’une pétition que nous avons lancé l’année dernière), mais pour nous protéger contre tout projet liberticide mis en place sous prétexte d’une crise sanitaire sans précédent. Avec votre aide, nous allons continuer à chercher toute la vérité sur cette affaire, et poursuivre la justice avec acharnement. Ce lundi, j’ai l’intention d’être de nouveau présent aux studios de Lux Média pour produire une vidéo résumant les dernières révélations de l’enquête du coroner. Notre collaboration récente avec ce studio nous a permis de diffuser une vidéo d’un professeur d’université disciplinée pour non-vaccination, qui a été visionnée par plus de 105,000 personnes sur Facebook. Merci de nous aider durant cette campagne de financement, qui nous donnera les moyens pour continuer notre travail. Nous avons recueillis 945$ à date, le but étant de 10,000$ Pour ceux et celles qui ont déjà donné, merci du fond du cœur. Si vous pensez que ce travail de vérité et de justice est important, merci de donner dès aujourd’hui ! Pour la Vie, Georges Buscemi
Au milieu des années 2000, quelques années après mes premiers pas sur Internet avec le site Résistancenet.org en 1999, je me suis proposé de poursuivre l’expérience du commentaire occasionnel de l’actualité mondiale à travers ce petit blog, et je continue aujourd’hui, dans le respect du IXe commandement du Décalogue qui interdit le faux témoignage (un commandement que tant de publicistes négligent). Ce blog vous donnera peut-être envie aussi de lire mes livres sur la Serbie, le Béarn, la Transnistrie, l’Abkhazie, les régimes populistes… (et pour une présentation plus vivante des contenus de ce blog n’hésitez pas à vous abonner gratuitement à TV Delorca sur You Tube !)
Longtemps en France (avant que les grands médias pro-américains n’imposent leur « pensée unique ») les Etats-Unis (comme le Royaume-Uni) ont eu la réputation d’être un pays de businessmen cyniques qui ne tenaient jamais leur parole. Dans la Revue des races latines de janvier 1861, l’historien catholique Lazare-Maurice Tisserand présentait cette nation comme un « peuple de navigateurs et de marchands, de colons qui volent, de squatters qui égorgent, d’aventuriers qui courent les rivières et les savanes à la recherche d’un placer, de financiers qui font périodiquement banqueroute et menacent sans cesse l’Europe de leurs « crises monétaires » ».
Le pays vient de retrouver cette image aux yeux de notre diplomatie en poussant l’Australie à torpiller un contrat de 56 milliards d’euros d’achat de sous-marins et adopter plutôt un nouveau pacte de sécurité entre avec Washington et Londres (nommé Aukus, comme « Australia, United Kingdom, United States ») incluant une livraison de sous-marins nucléaires. Paris (qui après avoir évoqué un « coup de poignard dans le dos ») vient de rappeler ses ambassadeurs à Washington et Camberra) a été sensible à l’inélégance du procédé consistant à ne l’avoir prévenu que quelques heures avant la divulgation du pacte Aukus dans la presse. Les anti-impérialistes, eux, se soucient du contexte de course à l’armement que cette affaire déclenche dans l’Océan pacifique face à la Chine, alors pourtant que des pays limitrophes comme la Nouvelle-Zélande en théorie prohibent les sous-marins à propulsion nucléaire dans leurs eaux territoriales. L’Indonésie a d’ailleurs exprimé hier diplomatiquement son « malaise« . Pékin (qui n’a pas une doctrine de première frappe nucléaire contrairement aux Américains) dénonce une violation du traité de non-prolifération nucléaire.
Ainsi après son fascisme sanitaire, l’Australie se distingue par son militarisme, qu’elle avait d’ailleurs déjà déployé en Afghanistan (avec les crimes de guerre commis par ses forces spéciales), en adoptant dès les années 2000 une doctrine de la « souveraineté limitée » de ses voisins (voir l’article de Jean Duval dans l’Atlas alternatif) et en annexant indument une partie des eaux territoriales du Timor oriental.
Les souverainistes français protestent, Jean-Luc Mélenchon demande une sortie de l’OTAN. Hélas ce sont des voix dans le désert.
Daesh envoie ses guerriers au combat en les assurant de la protection de Dieu, car les deux mouvements révolutionnaires, al Queda et Isis, disent qu’ils font la guerre au nom de Dieu. Est-ce un appel à la Providence, ou une insulte à la Providence ? Dieu peut-il permettre de tuer en son nom ? Ne l’a-t-il pas fait avant la venue du Christ ? Le texte d’Aline Lizotte est une réflexion sur la vérité théologique de la Providence.
Le départ des Américains de l’Afghanistan le 31 août et la prise, maintenant totale, du pouvoir par les talibans laissent entrevoir une paix difficile. Il ne s’agit pas du seul écrasement de la population afghane. Il s’agit d’une lutte qui peut être sans concession entre deux groupes : d’une part celui que l’on appelle «ISIS» ou «Daesh», dont le leader Abu Bakr al Baghdadi s’est auto-proclamé «calife» le 29 juin 2014 ; d’autre part, si le leader d’al Queda, Oussama ben Laden, est mort, dans son refuge pakistanais, tué par un commando américain le 2 mai 2011, l’influence d’al Queda, n’est pas morte. Surtout, elle ne l’est pas en Afghanistan.
Sous l’influence d’Ayman al-Zawahiri, le successeur de Ben Laden, l’influence d’al Queda s’est fortement renforcée au Pakistan et, en conséquence, en Afghanistan. Alors qu’al Baghdadi se proclamait calife, c’est-à-dire chef des croyants, une lettre de Mullah Muhammad Omar renouvelait sa loyauté à l’Émirat islamique de l’Afghanistan, le considérant comme le seul et légitime émirat depuis la chute du califat Ottoman en 1924. Al Queda a proclamé le départ de l’armée américaine comme le triomphe de Dieu en terre musulmane, la grande victoire de la Pure Loi, la preuve que le djihad est la seule voie qui conduise au sommet de la gloire et à la libération de l’islam contre la tyrannie et l’humiliation.
Pour ISIS, la seule mention que les talibans ont remporté une victoire est «ridicule». Ces accords ne sont «qu’un transfert pacifique d’un pouvoir idolâtre à un autre idolâtre, la substitution d’un gouvernement dirigé par des “têtes rasées” à un autre dirigé par “des têtes à barbe”». Les Afghans sont devenus les clients des Américains !!! L’accord s’est fait dans la corruption des principes religieux de l’islam. Les Afghans se sont fait avoir, et «Dieu dit qu’il n’y aura pas de paix vis-à-vis de ceux qui ont violé les droits de Dieu». Dieu nous protège !
L’Histoire est plus prudente pour célébrer la bataille de Lépante d’octobre 1571. Suscitée par Pie V et dirigée par don Juan d’Autriche, la flotte «chrétienne» défit totalement la puissante marine ottomane et stoppa ainsi l’avancée de l’empire ottoman en Europe. Victoire dont on ne saurait mépriser l’importance. Victoire aussi de 1919 célébrée à Paris par un Te Deum solennel à Notre-Dame de Paris. A-t-on répété la solennité en 1944 ? Pas aussi officiellement. Certes il y eut une messe le 29 juin, demandée officiellement par le Général De Gaulle et le Maréchal Leclerc, messe qui sera répétée chaque année, mais la foule délirante a d’abord célébrer son armée. A-t-on oublié Dieu ?
Nous avons raison de croire en la Providence divine. Mais que mettons-nous sous ce mot ?
Si l’on a la «foi», on croit à la Providence, quitte à mettre sous cette foi toute une psychologie émotive qui nous ferait justifier n’importe quel acte impur, pourvu qu’il satisfasse nos désirs. Et si nous le faisons, pouvons-nous reprocher aux musulmans d’y recourir tout en tolérant leur pratiques religieuses issues du moyen âge ?
Mais nous, que faisons-nous ? Qui, en effet, n’a pas transformé son ange gardien en «janissaire» chargé de trouver une place de parking ? Et quel est l’étudiant «ancien» qui, se présentant aux examens du bac n’a pas fait appel au Seigneur pour réussir ce passage emblématique de l’adolescence à l’âge adulte, tout en dissimulant son manque de travail pendant l’année scolaire ?
Et pourtant, nous avons raison de croire en la Providence divine. Mais que mettons-nous sous ce mot ?
La théologie de la Providence
La réalité de la Providence n’est pas d’abord une spiritualité, mais une vérité théologale. Elle permet d’attribuer à Dieu l’un des attributs de bonté qui constituent notre connaissance de l’Être. Normalement, l’intelligence humaine peut parvenir à une connaissance naturelle et certaine de l’existence de Dieu. C’est ce à quoi sont parvenus les philosophes grecs, notamment Socrate, Platon et Aristote. Cependant, c’est Aristote qui nous donne le concept le plus adéquat de l’existence divine : Premier Moteur ou Principe de toutes choses.
Bien que la notion de «Providence» soit familière à certains philosophes grecs, notamment les stoïciens, la vérité de la Providence divine découle d’un acte de foi en l’existence d’un Dieu créateur. Comme Dieu est créateur donnant l’être – essence et existence – à tout ce qui est hors de Lui, Il est aussi Maître absolu de toutes choses et Gouvernant de tout l’univers. Autrement dit, Dieu, le Créateur de l’univers visible et invisible, est l’autorité première par laquelle toutes choses, des plus élevées – comme les personnes angéliques et humaines – aux plus petites – comme les flots de la rivière, les pierres qui tombent, les herbes qui poussent, les pucerons qui chatouillent, les chiens qui aboient et les hommes qui pensent qu’ils pensent et qui veulent dominer l’univers.
Mais si Dieu gouverne tout, pourquoi y a-t-il des inondations, des forêts qui brûlent, des pierres qui tombent, des maladies qui surgissent, des serpents qui tuent, des hommes qui s’entretuent, des enfants qui ont faim, des jeunes que l’on trompe, des guerres, des mensonges, des vols, etc. ? Dieu gouverne-t-Il mal ? Ou, s’Il gouverne bien, a-t-il des préférences, des chouchous ? Nous sommes pantois devant la Providence divine et, si nous lui attribuons volontiers les bontés qui nous satisfont, nous avons de la difficulté à accepter le mal qui nous fait souffrir. C’est ce que constate la sagesse de Job : «Si bona suscepimus de manu Domini, mala autem quare non sustineamus ? » (Job 2,10).
Les distinctions qu’il faut comprendre et faire
Sans nous tromper, nous pouvons dire que la Providence est l’attribut qui applique à Dieu la vraie Prudence.
Au début du traité sur la Providence, dans la Question disputée De Veritate, saint Thomas nous prévient : «Ce qui se conçoit à propos de Dieu, nous ne pouvons le connaître qu’à partir de ce qui est en nous, à cause de la faiblesse de notre intelligence. Aussi, pour savoir comment la providence se dit en Dieu, il nous faut voir comment la providence est en nous1».
Cet enseignement du Maître nous dit à la fois comment et dans quelle mesure nous pouvons parler de la Providence divine et nous signale en même temps les difficultés qui surgissent quand nous cherchons, sans faire les distinctions qu’implique le mode analogique de l’emploi des mots, comment parler de la Providence. Sans nous tromper, nous pouvons dire que la Providence est l’attribut qui applique à Dieu la vraie Prudence. Pour ce faire, il faut d’abord que nous sachions que le mot «prudence» désigne bien la vertu par laquelle l’homme dirige ses propres actes personnellement ou socialement, comme le fait, le chef de famille ou le gouvernement d’un pays.
Appliqué à Dieu, le mot «providence» ou «prudence» désigne bien la certitude de l’ordre par lequel le Seigneur dirige dans tout l’univers les choses créées et leur opération. Cette raison de l’ordre se concrétise dans son exécution qui s’appelle «le gouvernement». Par le mot «providence», nous voulons signifier l’ordre de toutes les parties de l’univers – l’univers étant un tout d’ordre –, lequel dépend absolument de l’Intelligence et de la Volonté divines, et l’exécution de cet ordre des choses les plus élevées, comme le sont les Séraphins et les Chérubins, les anges qui appartiennent aux chœurs angéliques les plus parfaits sortant de la création divine, jusqu’au minimum de l’être, le brin d’herbe qui pousse ou le ruisseau qui dévale la montage.
Pierre Bona / Wikimedia Commons
Dans l’adéquation du langage humain, le mot «prudence» désigne l’acte de la raison pratique par lequel nous déterminons l’ordre de notre agir humain en vue d’atteindre efficacement la fin – le bien – que nous désirons parce qu’il nous attire. Si nous appliquons ce mot à Dieu, nous devons désigner l’ordre universel des choses créées donné par le Créateur pour que l’univers atteigne sa finalité : la Gloire de Dieu, c’est-à-dire Dieu volontairement donné à la créature, lui permettant de jouir de sa bonté à Lui et non uniquement de sa bonté intrinsèque à elle. Il ne s’agit pas uniquement que le soleil brille en été pour que nous puissions aller à la plage afin de refaire nos forces pour passer l’hiver. Il s’agit de la finalité propre à l’homme : la connaissance béatifique de son Créateur. Cette finalité des choses matérielles et spirituelles est la finalité de Dieu. Nécessairement, elle suppose l’existence d’être doués d’intelligence et de liberté : les hommes et les anges.
Cependant, lorsque nous nous adressons à Dieu pour lui demander de «justifier» son œuvre, nous le faisons à la légère. Était-il vraiment «nécessaire» que Dieu crée tout cet univers matériel dans sa splendeur pour que l’homme, l’être humain, soit libre et suffisamment intelligent pour «aimer et servir Dieu» ? Certes, «les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce l’œuvre de ses mains» (Ps 18/19, 1). Ne suffisait-il pas que ce bipède raisonnable se déclare lui-même pauvre, mais innocent devant son Créateur ? Pourquoi ce déploiement, si ordonné soit-il, devant cette pauvreté et cette faiblesse de l’intelligence humaine qui ne demande que le lait de la mamelle, la nourriture pour son ventre, les douceurs fragiles de l’amitié et la mort sans douleur ? Nous sommes tous devant Dieu un Job «qui parle à la légère et Dieu nous confond : “L’adversaire de Shaddaï a-t-il à critiquer ? Le censeur de Dieu va-t-il répondre ?” […] Ceins tes reins, comme un brave, je vais t’interroger comme un brave et tu me répondras» Et Job ne peut que répondre : «J’ai parlé à la légère» (Jb 40, 7. 2.) Car, comme créature de ce Créateur tout-puissant («Pater omnipotentem», Père tout-puisssant), nous avons le devoir de louange et non celui de nous enfermer dans un mutisme qui nous fait ressembler à un âne, au mépris de notre âme humaine. Nous ne pouvons pas comprendre la splendeur de la Providence divine, mais nous ne sommes pas libérés du devoir de l’admiration. Et pour admirer, il faut que l’intelligence soit en appétit de vérité.
Dans le cadre d’un article, je ne peux que me contenter de donner quelques notions simples de philosophie, sans oublier que la vérité de la Providence est une vérité théologique.
Nature, Nécessité, Contingence
Ces trois notions sont basiques pour avoir une meilleure connaissance de ce que la Révélation nous dit de la Puissance divine appelée «Providence».
Nature
Comme le dit le Philosophe, la meilleure définition qui nous est donnée sur la nature est : «la nature n’est rien d’autre que l’art divin induit dans les choses par lequel ces choses sont en mouvement vers une fin déterminée2». Bien sûr, la nature est un principe par lequel les choses se meuvent elles-mêmes dans les actes qui leur sont propres en vue d’atteindre une fin. Bien entendu, la fin vers laquelle tend un être dit «naturel» est conforme à ce qu’il est : le poirier produit des poires et non des figues, la brebis fuit le loup, etc. Et l’homme travaille, connaît et aime. Et ces œuvres des êtres naturels sont produites nécessairement par elles. Le poirier ne peut pas, de lui-même, ne pas produire des poires, autrement, s’il ne produit rien, on le coupe et on le brûle.
Tout ce qui est créé par Dieu est ordonné par Lui à connaître ce Dieu et à l’aimer. Il n’y en a pas d’autres.
Mais l’homme est-il sur terre pour se construire des maisons, élever des tours qui le dépassent, produire tout ce qu’il produit en biens techniques, matériels et psychologiques ? Est-ce sa fin déterminée ? Comme il est créé à l’image de Dieu, il doit agir comme ce qu’il est, c’est-à-dire prendre part aux finalités divines. Mais quelles sont-elles ? Quelle est la finalité de Dieu ? Une seule : Être Dieu dans l’intercommunication des opérations divines : Père, Fils et Esprit. Tout ce qui est créé par Dieu est ordonné par Lui à connaître ce Dieu et à l’aimer. Il n’y en a pas d’autres. La seule possibilité d’une autre est une contradiction inhérente. Car la seule contradiction de l’être est le non-être, comme le découvre difficilement Platon dans son discours, le Sophiste.
La contradiction de l’être n’est pas l’autre, mais le non-être. L’autre est le contraire du même. Dieu qui a créé l’univers visible et invisible ne peut pas ne pas l’ordonner à Lui-même comme Bien universel. Il ne peut non plus faire que cet univers trouve en lui-même sa propre sa finalité. Car l’univers n’est pas le principe de son être puisqu’il est créé, sa finalité n’est pas ce qu’il produit, mais ce par qui et pour qui il est produit. L’artisan qui fait une table ne la fait pas pour la table, mais pour lui ! L’artisan a besoin de la table, c’est pour cela qu’il la construit. Mais Dieu n’a pas besoin de l’univers pour être Dieu et pour être l’Amour. Et en Lui-même, Il est le Bien universel et absolument parfait.
La nature du Bien est qu’il est diffusif, non qu’il se répande, mais il attire. Dieu crée l’immensité d’un univers qu’aucune intelligence ne peut «compter», pour une seule «raison» : il est Amour. C’est totalement gratuit. Mais c’est foncièrement contraire à ce que nous dit le mensonge diabolique du Prince des ténèbres (cf. Gn 3, 4-5).
Voilà ce que signifie le mot «nature», l’art divin qui donne à chaque chose qui existe par sa gratuité d’être une ressemblance de lui-même.
La ressemblance n’est pas l’image. La ressemblance implique une certaine relation de similitude. La couleur d’une robe peut rappeler la couleur d’une «rose». Plus précise, l’image implique la représentation des éléments essentiels de son modèle. Si l’on dit que Jean est l’image de son père Pierre, c’est que les traits du visage de Jean se rapprochent des traits du visage de son père. Si nous sommes créés à l’image de Dieu, c’est que, comme créatures, il y a en nous quant à l’être et quand à nos actes quelque chose qui rappelle le Créateur, c’est-à-dire la spiritualité de l’être et de ses actes principaux. Seul l’homme, en tant que son principe formel est une âme spirituelle dans ses parties essentielles et en tant qu’il peut connaître par des puissances spirituelles, l’intelligence et la volonté, peut-être dans l’univers matériel dit à l’image de Dieu.
Nécessité
Est nécessaire ce qui découle de la nature et sans quoi l’être dit naturel ne pourrait pas exister. Pour donner des poires, le poirier doit être planté dans une terre – ou dans ce qui tient lieu d’une terre –, de laquelle il reçoit sa nourriture. Pour qu’une vache donne du lait, il faut que le pâturage lui donne des herbes grasses ou qu’une nourriture artificielle les remplace. Pour qu’il y ait des êtres qui soient à l’image de Dieu et qu’ils ne soient pas entièrement spirituels comme les anges, il faut qu’il y ait dans la nature des êtres qui aient un corps suffisamment développé pour soutenir des opérations spirituelles, comme celles de l’intelligence et de la volonté.
En disant cela, nous introduisons dans la création la réalité de la matière, comme puissance d’être et d’opération. Par le fait même, nous introduisons toutes les possibilités d’être et d’opération qui peuvent se trouver dans la puissance de la matière et dans son développement. Se trouve introduite, en dehors de la nécessité, la contingence et, en elle, et par elle, les causes accidentelles, tel le hasard. Sans refaire ici le développement de l’évolution, il est permis de se rappeler que si Dieu crée l’humain, il ne le fait pas d’un coup de baguette magique, mais au terme d’un long développement inclus dans la puissance de la matière.
Ce développement ne être attribué à la seule nécessité excluant, de ce fait, toute contingence. Si la nécessité à elle seule suffisait, la nature à elle seule serait productrice de l’opération, et l’apparition des diverses espèces d’êtres matériels inorganiques et organiques tendrait toujours, sans aucun risque, au plus parfait. Mais cela demanderait une grande réduction de la puissance de la matière. Car la matière est en puissance à toute forme et non seulement à la forme humaine. Cette puissance de la matière qui amène l’introduction d’impasses dans son développement est une richesse de la création. Cela exige, cependant, que le Maître de l’Ordre veille sur la raison de l’ordre et sur l’efficacité du gouvernement. C’est ce que Dieu fait à titre de Providence et de Gouverneur de la Nature.
Dieu est Providence : Il gouverne tout le développement de la matière sans rien réduire de sa propre nature.
Dieu est Providence. Il gouverne tout le développement de la matière sans rien réduire de sa propre nature, c’est-à-dire de sa contingence, tout en maintenant ce qui est nécessaire. Pour que l’homme soit bipède, il lui faut des pieds, une colonne vertébrale qui le tienne dans cette position et qui libère ses mains, un cerveau adéquat, dont le diencéphale se développe de telle manière que, augmentant la puissance de la connaissance sensible, il puisse y trouver ce qu’il faut d’expérience pour utiliser son intelligence et se servir de sa volonté. On peut penser que Dieu aurait dû faire plus vite. Mais qui es-tu ô mortel pour critiquer l’œuvre de Shaddai (Jb 40,1) ?
La contingence
La contingence s’inscrit dans la nature. Elle s’inscrit aussi dans l’intelligence et la volonté humaine, dans les prémices de sa connaissance et de ses développements, dans la possibilité de ses choix et de ses rejets. Que Dieu ait voulu un être libre, c’est sa volonté, mais non sa volonté contradictoire à sa création, comme nous le présenterait la pensée de Duns Scot, et surtout le nominalisme de Guillaume d’Occam. Dieu n’agit pas sans sa Sagesse ! Or, dans sa Sagesse, Dieu n’a pas réduit l’Adversaire a nihilo. Car Dieu respecte toujours sa création et ses créatures ! C’est ce que représente le drame du jardin d’Eden. Dieu respecte le choix foudroyant des premiers parents, même s’il aurait pu entraîner toute la création humaine à sa perte. Dieu « respecte » aussi l’acte de l’Adversaire d’entraîner les faibles – l’homme – à leur damnation. Cependant, Dieu ne permet pas que l’Adversaire détruise sa Création. Car Dieu ne permet pas le mal. Mais Dieu permet de demander d’être délivré du mal (Mt 6, 13). Satan n’est pas le mal incarné ! Il est le Prince, mais il est Prince des Ténèbres et Père du Mensonge.
Par leur désobéissance à l’ordre divin, les premiers parents font entrer le mal moral, le péché, dans la création humaine. Cependant, le refus de l’ordre providentiel que posent Adam et Ève n’est pas le refus commis par la personne angélique, qui est une négation absolue du Dieu Trinitaire. Le «non serviam» est un acte définitif et sans rémission possible. Céder à la tentation du fruit défendu n’est pas un refus définitif de Dieu lui-même, mais celui de lui obéir. Ce qui aurait eu comme conséquence de contredire tout l’ordre de la Prudence divine et d’entraîner tout homme vers son malheur et sa perte. Aussi Dieu, dans son immense amour, n’a pas abandonné l’homme au pouvoir de la mort, même si l’homme l’avait lui-même introduit dans sa création et dans son avenir. En réalité, l’homme n’a jamais perdu le pouvoir d’obéir à Dieu !
Une femme t’écrasera la tête
L’envoi du Christ pour être témoin de la Vérité contre le mensonge de Satan est l’accomplissement de la promesse. Dieu ne nous a pas abandonnés, les promesses de la vision de son Être et de son Amour demeurent toujours. Et Dieu respecte toujours la contingence, la bonne, celle qui permet la liberté, et même la mauvaise, celle qui enfonce l’homme dans la mort du péché. Le respect de Dieu pour sa créature est aussi irrémissible.
Dieu choisit d’opérer la rédemption de l’homme par l’envoi de son propre Fils, qui vient prendre la nature et la chair humaines.
L’annonciation faite à Marie nous ouvre une voie de contemplation. Dieu choisit d’opérer la rédemption de l’homme par l’envoi de son propre Fils, qui vient prendre la nature et la chair humaines. Si le Verbe doit s’incarner et assumer une nature humaine tout à fait semblable à la nôtre il doit recevoir cette nature, comme un enfant reçoit la nature de ses parents en acceptant sa conception. La conception n’est pas la création d’une nature humaine dans l’acte charnel des parents, mais l’assomption créatrice d’un être humain dans l’acte générateur des parents.
Le Christ est véritablement homme parce l’assomption de sa nature humaine est faite par l’acte d’être de la Personne divine du Verbe dans l’opération de l’Esprit Saint. Cependant, la gestation d’un être humain ayant corps et âme ne peut se faire que dans le corps de la femme. Et cela ne peut se faire sans son consentement à elle ! Autrement, il y a viol !
Et ce consentement, Dieu, le Créateur, le Maître de tout l’univers, le lui demande. Il demande à cette toute jeune fille de Nazareth, à cet être fragile, de recevoir dans son propre corps le droit et le devoir de la gestation humaine de son propre Fils pour qu’il prenne en vérité et objectivement une vraie nature humaine, donc un vrai corps et une vraie âme humaines. Et Marie est totalement libre ! Elle est dans la pure contingence ! La Providence divine pouvait-elle être mise en échec ? Théoriquement, oui. Marie aurait pu refuser ! Le désir de l’ordre de l’Amour est cependant plus fort. Il rejoint dans l’intimité de la volonté de la Vierge le désir de l’Amour du salut de l’humanité. Son «Oui» est libre. Libre du côté de Dieu qui l’accepte ; libre de côté de la Vierge qui le prononce dans l’élan de son Amour, heureuse de faire la Volonté de son Créateur. C’est sa liberté.
Les guérilleros de l’Islam révolutionnaire peuvent demander la «protection de Dieu», eux qui se donnent toute liberté de tuer tous ceux qui n’obéissent pas à leurs lois ! La réponse surgit d’elle-même. Elle n’est pas si évidente. Ces guérilleros demeurent des créatures humaines dont Dieu respecte la liberté. Pour combien de temps ? C’est le mystère de Dieu. Quoique nous sachions de certitude que le Père n’abandonne jamais ses enfants et que l’Adversaire, le vrai, n’aura jamais la victoire. Cela est notre foi et notre liberté.
Aline Lizotte
1 – Saint Thomas, Q. D. De Veritate, q. 5, a. Dicendum, quod ea quæ de Deo intelliguntur, propter nostri intellectus infirmitatem cognoscere non possumus nisi ex his quæ apud nos sunt ; et ideo, ut sciamus quomodo providentia dicatur in Deo, videndum est quomodo providentia sit in nobis.
2 – Saint Thomas, In octo libros Physicorum Aristotelis expositio, L. II, lect.14, no 268, (Marietti) : «quod natura nihil est aliud quam ratio cuiusdam artis, scilicet divinæ, indita rebus, qua ipsæ res moventur ad finem determinatum : sicut si artifex factor navis posset lignis tribuere, quod ex, se ipsis moverentur ad navis fortnam inducendam».
Le 19 septembre, le diocèse de Paris organise une journée Laudato Si à la chapelle de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Et surprise, Mgr Aupetit – déjà à l’origine de la réduction drastique du nombre de messes traditionnelles – exige le pass sanitaire pour sa messe, à 11 heures, bien que les activités cultuelles en soient exemptées.
On trouve sur le site du diocèse une description de ladite journée :
“Programme (à rejoindre à tout moment)
11h, messe présidée par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris ;
Repas et rencontres dans les jardins (café offert mais pique-nique à partager !) ;
De 14h à 17h, carrefour d’initiatives inspirantes pour découvrir ce qui peut être concrètement mis en place en paroisse. Avec le Dorothy, Hiver Solidaire, Jesuit Refugee Service, la Fresque du Climat, Utopia, le CERAS, Église verte… et d’autres invités surprises !
En tête, il est indiqué : “L’accès se fera exclusivement sur présentation du passe sanitaire (vaccination ou PCR)“.
Le diocèse ne semble pas avoir lu la loi, puisque le pass sanitaire peut aussi être obtenu avec un certificat de rétablissement, soit un test antigénique positif de plus de 11 jours et moins de six mois. Encore une fois, on est plus près de la liquidation que de la “start-up du Bon Dieu“.
Par ailleurs le pass sanitaire ne peut pas être exigé, ni pour les activités strictement cultuelles – comme les messes – ni pour les personnes qui souhaitent entrer dans une église pour s’y recueillir. Et le droit empêche d’apporter des restrictions supplémentaires, sans autorisation des autorités légales – en l’occurrence la mairie, la préfecture, un tribunal, un texte de loi… – à un texte qui restreint déjà l’exercice des libertés publiques. En exigeant le pass sanitaire pour sa messe à la Pitié Salpêtrière, on peut se demander si l’évêque de Paris, par excès de précaution, respecte vraiment la loi.
Par ailleurs, une des explications avancées est que la journée a lieu dans un hôpital, où règne une bulle sanitaire, et donc le pass sanitaire est strictement nécessaire pour accéder aux locaux (sauf urgences). Cependant, la chapelle de la Pitié Salpêtrière dispose d’accès particuliers, qui n’obligent pas à passer par l’intérieur des bâtiments.
On peut poser une autre question : dans la mesure où l’hôpital de la Pitié Salpêtrière est chargé, hors pandémie, du suivi et du soin des maladies infectieuses, notamment la tuberculose, des maladies infectieuses et tropicales hautement contagieuses et des maladies auto-immunes, le diocèse de Paris manque-t-il tellement de locaux qu’il peut être dans l’obligation de faire ses journées thématiques dans une chapelle hospitalière, au risque de mettre en danger la situation sanitaire d’un établissement hospitalier et de favoriser la propagation de maladies rares ou contagieuses ?
Outre un certain nombre de patronages, d’immeubles appartenant à des paroisses – parfois sous-utilisés, vides voire loués à vil prix – l’un d’eux, au coeur du XIe, l’a ainsi été 800 euros par mois (!) à des locataires qui le sous-louaient au prix du marché en encaissant la différence, et de salles des catéchismes parfois impressionnantes par leur taille, il y a aussi une maison diocésaine neuve sur l’ile de la Cité – avec une chapelle romane à l’intérieur, inaugurée en 2013 et le bien connu collège des Bernardins. Sans oublier, évidemment, le monastère de la Visitation en cours de reconversion.
Un évêque argentin, Mgr Zanchetta, à la tête du diocèse d’Oràn en Argentine, va être jugé sous peu en Argentine pour abus sexuels. Il s’agit d’un proche du Pape François – ce dernier l’a fait venir à Rome en août 2017 peu après sa démission pour raisons de santé et l’avait nommé assesseur de l’Association du patrimoine du siège apostolique (APSA) à un poste créé spécialement pour lui.
Cependant, fin 2018, trois prêtres ont accusé Mgr Zanchetta d’abus sexuel au sein du séminaire Jean-XXIII fondé par l’évêque à Oran en 2016 et fermé depuis, ainsi que d’abus de pouvoir et de mauvaise gestion, relate le journal argentin El Tribuno.
En mai 2019 le Pape François avait affirmé à la télévision mexicaine qu’il avait lui même demandé la démission de Mgr Zanchetta et qu’il suive une thérapie en Espagne – il avait même déclaré l’avoir nommé à Rome pour lui faciliter le suivi de cette thérapie (!). Seulement, il a été contredit par un ancien vicaire général du diocèse d’Oràn, rappelle La Croix : “Dans des déclarations à la presse début 2019, il avait assuré avoir transmis un rapport un dossier à Rome en 2015 évoquant des faits de nature sexuels et d’avoir réitéré les accusations en 2017, auprès de la nonciature à Buenos Aires“.
Quand José Bergoglio tente de faire innocenter un prêtre jugé pour pédophilie
A l’automne 2017, l’émission française Cash Investigation et Elise Lucet avaient levé un autre lièvre : “l’émission glisse que José Bergoglio, alors archevêque de Buenos Aires, “aurait tenté de faire innocenter un prêtre jugé pour pédophilie“, Julio Cesare Grassi, en transmettant à la justice une contre-enquête à décharge avant son procès en appel en 2010“, rappelait Le Monde en mars 2017.
Elise Lucet a d’ailleurs posé la question de but en blanc au Pape François, qui a nié, visiblement surpris, avant de s’en aller sans rien dire de plus. Julio Grassi a été condamné à 15 ans de prison ferme en 2009, condamnation confirmée en appel et par la Cour Suprême, et est incarcéré depuis 2013. Il a aussi été suspendu par l’Eglise catholique.
Le discours d’Emmanuel Macron à Roubaix, en clôture du « Beauvau de la sécurité », a clairement fixé le cap de ce que sera sa politique en matière de sécurité si, à Dieu ne plaise, il devait être réélu en 2022. Pourtant, à l’issue d’une intervention de plus d’une heure devant un parterre très discipliné et attentif, où se sont mêlés réprimandes habilement distillées et félicitations de circonstances, c’est bien l’absence de cap qui a été retenue par les acteurs et les spécialistes de ces questions.
En réalité, ce manque de vision n’a rien de surprenant. Nous savons tous aujourd’hui que la sécurité n’intéresse pas Macron, sauf lorsque des manifestants menacent l’Élysée. Le président de la République s’est donc contenté du minimum, afin de satisfaire, pour l’essentiel, à des revendications corporatistes et pour donner le change face à des forces de l’ordre qui ne croient plus en lui depuis longtemps.
La sécurité sera pourtant au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Et si nous savons désormais quelle sera la ligne du président-candidat en matière de sécurité, il est important que ses adversaires, en particulier du camp national, comprennent bien ce qu’attendent les Français.
Avoir une réelle vision de ce que doit être une politique de sécurité pour le pays pour les prochaines décennies, c’est être capable, tout en anticipant les défis à venir, de forger un outil sécuritaire solide, fiable et performant. Tout en répondant aux aspirations de nos concitoyens, c’est également savoir jouer habilement et efficacement des leviers que sont la prévention et la répression. Enfin, c’est être en mesure, dans le cadre d’une stratégie globale localement modulable, d’associer les acteurs locaux à la lutte contre la délinquance, notamment par le biais d’actions ciblées, cohérentes et articulées entre-elles. Cela suppose évidemment, d’une part, l’élaboration d’un schéma national de lutte contre le crime et, d’autre part, l’instauration d’un dialogue permanent et constructif entre les différentes parties concernées. Il y a donc là tout un travail programmatique, actuellement en grande partie inexistant, à prévoir.
Pour autant, aucune politique de sécurité robuste ne pourra être élaborée et mise en œuvre, sans que la justice n’y soit associée et en mesure de tenir la place que l’on attend d’elle. S’il est désormais une priorité, c’est bien de savoir quelle justice nous voulons. Veut-on poursuivre avec une justice paupérisée et laxiste en laquelle les deux-tiers des Français n’ont plus confiance ? Ou bien veut-on enfin exiger des juges, tout en leur donnant les moyens, qu’ils appliquent enfin la loi ? Sans une réponse claire et précise à ces questions, rien ne sera possible. Là encore, un énorme travail d’anticipation est à prévoir, afin de pouvoir, dès les premiers mois du quinquennat, mettre en œuvre ces chantiers indispensables.
Dès lors qu’il sera répondu à ces questions, c’est bien d’une réforme en profondeur dont a besoin la police nationale. La nouvelle organisation territoriale annoncée par Macron n’est, en réalité, que la reprise d’une vieille idée initiée dans les années 1980 laquelle avait, pour diverses raisons – corporatistes notamment, lamentablement échoué. Afin de redynamiser l’institution et de la préparer au mieux aux enjeux sécuritaires qui se dessinent, trois pistes doivent être suivies. D’une part, une vraie territorialisation des services où la région devra prendre une place centrale. D’autre part, une nouvelle organisation des services par filières-métiers seule à même d’aboutir à une réelle professionnalisation des policiers. Enfin, une réforme profonde de la chaîne hiérarchique avec notamment la création d’un vrai corps de « gradés ».
Il faut être conscient que ces transformations absolument indispensables seront difficiles à faire admettre à une administration et une institution profondément conservatrice et corporatiste. C’est pourtant le prix à payer pour forger la police de demain, celle qui sera véritablement au service des Français.
Olivier DAMIEN
Olivier DAMIEN
Commissaire divisionnaire honoraire
Ancien secrétaire général du syndicat des commissaires de police