Guy de La Fortelle:La véritable histoire de la Fin de l’Argent et de la vie privée

Guy de La Fortelle:La véritable histoire de la Fin de l’Argent et de la vie privée

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La véritable histoire de la Fin de l’Argent et de la vie privée

Guy l’investisseur sans costume
L'Investisseur sans Costume

  Puis ces mêmes espèces seront taxées, elles auront un cours à part et finalement elles disparaîtront (toujours selon le même rapport du FMI).  

Les arguments moraux bidons en faveur de la fin de l’argent liquide

La guerre à l’argent liquide utilisera les mêmes idioties habituelles : La lutte contre le blanchiment, l’évasion fiscale, la facilité et… « l’expérience utilisateur » : Il est tellement plus rigolo de payer avec sa puce sous-cutanée, d’un pouce en l’air. Peu importe que :

  • Les plus gros blanchisseurs soient les banques elles-mêmes — Rappelez-vous le scandale Danske Bank qui porte sur 200 MILLIARDS d’euros de blanchiment —,  
Extrait scandale Danske Bank
  • Les plus gros facilitateurs d’évasion fiscale soit les filiales de ces mêmes banques dans les paradis fiscaux et ;
  • Plus il devient rigolo de payer avec son téléphone, sa montre ou sa brosse à dents, plus les particuliers stockent des espèces selon une bonne vieille loi de Gresham : La mauvaise monnaie chasse la bonne.

BONUS : La fin des banques

D’ailleurs les banques elles-mêmes finiront par disparaître.   À la différence de votre carte bleue et de votre compte courant, l’Euro digital ne sera pas émis par votre banque commerciale mais directement par la BCE, comme vos espèces aujourd’hui.   Cela permettra à la BCE de se substituer aux banques commerciales en situtation de faillite depuis 2008 et un monopole pour la banque de détail se reformera au niveau européen.  

La guerre déjà EN COURS contre l’argent liquide

La réalité est que la fin de l’argent liquide sera la fin de l’argent tout court.   C’est un mouvement qui vient de loin et dépasse les arguties des moralisateurs en plastique qu’ils viennent de Paris, Bruxelles, Francfort ou Berlin.   Nous pourrions remonter au grand suicide de 1914 et sa matérialisation monétaire des accords de Gènes de 1922, passer par l’accélération de 1971 et la fin de l’étalon de change or mais nous nous contenterons de la phase terminale dans laquelle nous sommes entrés après 2008.   Cela fait une bonne dizaine d’années que se prépare la fin de l’argent liquide :

  • Les plafonds de paiement ont été abaissés,
  • L’impression de billets de 500€ a été arrêtée,
  • Les espèces ont disparu des guichets  

Une guerre sourde est menée contre le cash.   Et la raison en est simple : Il y a incroyablement trop de dettes.

Le vilain secret de la dette : Elle est insoutenable

Les niveaux de dette actuels sont radicalement insoutenables.   Après 2008, plusieurs solutions ont été proposées pour régler ce problème de surendettement morbide que ni la croissance ni l’austérité ne pouvaient raisonnablement surmonter :

Titre BCG
  • Rembourser le trop-plein avec une taxe exceptionnelle sur la richesse privée que le FMI évaluait à 10 % en 2013 et que l’on pourrait réévaluer à 30 % aujourd’hui ;
Titre rapport FMI
  • Les solvabiliser avec des taux d’intérêt négatifs et profondément négatifs, généralement entre -5 et -10 % selon les travaux de Kenneth Rogoff et Willem Buiter à partir de 2009.
Titre Rogoff

Les deux premières solutions ont un inconvénient indépassable : Ce sont des fusils à un coup. Si vous commencez à annuler vos dettes tous les 10 ans comme l’Argentine… Généralement, cela se passe mal.   Cela ne se passe pas mieux si vous piochez dans les comptes de votre population dès que vous avez un trou dans votre budget.   Cela signifie qu’une fois le couperet tombé la discipline budgétaire doit être de fer : Allez donc demander à un ministre des finances français d’équilibrer un budget, cela fait un demi-siècle qu’ils ont oublié comment cela marchait.  

Les taux négatifs comme seul horizon

Reste la 3e solution : Solvabiliser les dettes avec des taux d’intérêt négatifs, ce qui revient à piocher directement dans les comptes des épargnants pour soulager les créditeurs insolvables.   Dit autrement, si vous avez mal investi un crédit d’un million d’euros à 4 %, cela vous coûte beaucoup d’argent et peut vous mettre en faillite. Mais si vous pouvez refinancer ce crédit à – 2 %, vos épaules seront allégées du poids de la dette… Vous avez toujours gâché un million d’euros, mais ce sont les épargnants qui paient à votre place et vous évitent la faillite.   Le grand avantage des taux négatifs, c’est qu’ils continuent la stratégie de la grenouille dans le pot d’eau chaude, on vous spolie à bas feu, de manière opaque et sans que vous compreniez vraiment que la vertu récompense le vice.  

Les taux négatifs exigent la fin de l’argent liquide

Il n’y a qu’un seul problème aux taux négatifs : Les espèces.   Pourquoi avoir de l’argent en banque qui vous est ponctionné d’un intérêt négatif de – 5 % chaque année si vous pouvez avoir des espèces qui, elles, ne le sont pas.   C’est ce que notait la journaliste Izabella Kaminska dès 2009 dans un papier au titre cristallin « Au revoir les billets » :   « En bref, les taux d’intérêt négatifs impliquent bien la fin des espèces. »   Le problème de cette solution est qu’elle est douce : C’est une morphine qui calme la douleur mais n’incite pas à régler les problèmes et finit par tuer le patient.  

Taux négatifs et contrôle des prix

Empêcher les faillites comme on l’a fait après 2008 et comme le fait le gouvernement Macron depuis le début de cette crise en se portant garant d’entreprises privées dysfonctionnelles est insensé. Cela empêche la bonne allocation de nos ressources, cela empêche les nouvelles structures d’émerger, c’est une forme de nécrose de notre tissu économique et financier.   La production économique devient inadaptée à nos besoins réels et en ajoutant les folies de nos banques centrales : L’inflation frappe.   Bien sûr, le meilleur remède contre l’inflation est la hausse des taux. Les banques centrales ne le feront pas, elles ne le peuvent pas : Le système n’est plus capable de soutenir des hausses de taux : Tous les acteurs, publics comme privés, sont incroyablement trop endettés.   Alors pour lutter contre l’inflation, les politiques reviendront aux mêmes erreurs habituelles et reviendra le contrôle des prix.   Bien sûr, si les prix flambent, c’est qu’il n’y a pas suffisamment d’offre pour répondre à la demande.   Il faudra donc contraindre la demande. Bien sûr cette demande sera contrainte au nom de l’écologie et de la sauvegarde des ours polaires.   L’Euro digital le permettra.  

Contrôle des prix et ticket de rationnement au XXIe siècle

Vous ne pourrez payer avec ces euros digitaux qu’un certain nombre de biens et services, par exemple :   Au-delà mettons de 300 g de viande par semaine, un malus vous sera attribué et au-delà de 600 g la vente sera simplement interdite, vous n’aurez plus qu’à vous rabattre sur un succédané, un ersatz, façon Tricatel dans l’aile ou la cuisse opportunément détenus par un milliardaire américain façon Bill Gates (Beyond Meat).   Idem pour l’essence, l’électricité. Les déplacements seront également contraints.  

La fin de l’argent liquide signe la fin de l’argent tout court

Imaginez quelques années d’évolution d’une monnaie dématérialisée et contrainte : Ce ne sera plus une monnaie du tout. Simplement un registre de rationnement.   L’Euro digital, c’est le retour des bons de rationnement et des pénuries non par dessein mais par nécessité.   Plus ces politiques seront immorales et plus la morale sera invoquée, moins elles seront vertes et plus l’argument écologique sera avancé.   Il ne s’agit pas d’imagination ou d’affabulation mais de nécessité et de préservation.   Il faut que tout change pour que rien ne change.   Rarement la célèbre sentence du Guépard n’a-t-elle été plus vivace : La perpétuation du système capitaliste impose sa mutation en un système collectiviste.   Bien sûr, cette Babel un jour s’effondrera, mais il ne nous appartient pas de connaître le jour ni l’heure, il nous appartient de veiller et d’être préparés.C’est pour cela que je vous invite depuis des années déjà à construire un patrimoine en partie débancarisé et démonétisé.   À votre bonne fortune,   Guy de La Fortelle   PS : Mon conseil, en 2022 ne laissez pas Bruno sauver votre patrimoine comme il sauve notre PIB

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