Hôpital Ballanger : 80% de l’équipe de nuit et 50 % de l’équipe de jour sont en burn-out
Publié par wikistrike.com sur 21 Août 2021, 08:38am
/image%2F1044304%2F20210821%2Fob_df421e_mkli-aic.jpg)
Alors que l’hôpital est confronté à une forte affluence, 50% de l’équipe de jour des urgences est en arrêt maladie. Une situation qui a poussé la direction à rappeler les soignants en grève et en congés, provoquant la colère des syndicats.
C’est un été noir à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois qui enregistre une affluence exceptionnelle, sans lien avec le Covid-19: un tiers de patients en plus qu’en temps normal. Pour le personnel, la situation est devenue intenable. 80% de l’équipe de nuit et 50% de l’équipe de jour des urgences est en arrêt maladie depuis dimanche dernier.
Bruno est l’un d’eux et témoigne sur BFMTV de « burn-out », « dépressions » et « ras-le-bol » de l’équipe soignante.
« J’ai vu des internes pleurer, des infirmières craquer, venir avec la boule au ventre. Ça aurait pu être plus grave mais on a eu un patient qui a convulsé dans les couloirs parce qu’il n’a pas reçu ses traitements anti-épileptique de la journée. Pourquoi il n’a pas reçu ses traitements? Parce qu’il y a trop de virtuel, parce qu’il n’y a pas assez d’infirmières et parce que la surcharge de travail est trop haute. »
Conséquence, la direction de l’hôpital a activé le plan blanc depuis lundi. Tout le personnel en grève ou en congé a été rappelé.
« On nous a envoyé des SMS, on nous a laissé des messages toujours avec le même message culpabilisant nous disant qu’on devait aider les collègues et qu’on mettait en difficulté le service », raconte une soignante contactée par téléphone.
« Il y a énormément d’épuisement professionnel »
Dans un communiqué l’hôpital Robert-Ballanger se jusitfie: « L’hôpital fait face depuis dimanche soir à un fort absentéisme au sein des équipes soignantes des urgences. Cela a conduit au déclenchement du plan blanc en accord avec l’ARS afin d’organiser un rappel du personnel pour permettre d’assurer la continuité des prises en charge aux urgences. »
Un argument fallacieux selon Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au Samu de Bobigny et délégué CGT Santé.
« L’hôpital d’Aulnay est un hôpital qui est en grande difficulté, aucun effort n’a été fait concernant le personnel depuis des années (…) Nous manquons de bras à l’hôpital, explique-t-il sur BFMTV. Là, comme le personnel n’a pas été entendu, les gens s’arrêtent, et ce ne sont pas des arrêts de complaisance. Il y a énormément d’épuisement professionnel, il faut que les gens se protègent pour ne pas craquer ».
La direction de l’hôpital affirme être prête à faire des concessions au personnel. Mais pour les syndicats, le déclenchement du plan blanc n’est pas légitime: « On active le plan blanc quand il y a un attentat, une canicule, ou un événement grave. Le plan blanc n’est pas fait pour pouvoir gérer un manque de personnel! », fustige Christophe Prudhomme, également porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. Les soignants réclament davantage de moyens pour reprendre le travail, notamment l’ouverture de deux lits minimum par service