Christian Vanneste |
| Le 18 Juin, le jour de la résistance !
Posted: 18 Jun 2019
Lorsqu’il condamne le projet absurde de relever la France « livrée, pillée, asservie », et dénonce l’impossibilité de ce relèvement dans une pareille atmosphère, de Gaulle révèle une intuition politique au moins aussi importante que celle qui lui avait inspiré « Vers l’armée de métier », sur le plan militaire : une nation, c’est d’abord un peuple, et l’état d’esprit de ce peuple est essentiel, sa conscience collective est primordiale. En habituant les Français à la soumission, au sentiment d’infériorité, à l’absence de liberté et de dignité, il est impossible de redresser la France. Avec le recul, on s’aperçoit de l’absurdité grossière de la « révolution nationale ». Comment procéder à une transformation salutaire du pays alors que celui-ci est aux deux tiers occupé, et son gouvernement aux ordres de l’occupant ? Cette absurdité, couverte du képi prestigieux aux sept étoiles, a joué un rôle néfaste de longue durée. Combien de fois a-t-on entendu stigmatiser le slogan « travail, famille, patrie », comme si ces trois valeurs étaient indissociables de la collaboration , et par la-même disqualifiées. Cette trilogie héritée des Croix-de-feu du colonel de la Rocque, déporté en 1943, et qui mourut peu après son retour en France, est infiniment respectable, parce qu’elle fonde une nation solide. Mais la promouvoir alors que le travail était exploité par l’ennemi d’une façon de plus en plus oppressive, que la famille subissait le déchirement du million et demi de prisonniers séparés des leurs, et que la patrie servait de zone de repos pour l’armée allemande, était doublement criminel, d’abord parce qu’elle était totalement mensongère, et qu’ensuite ce mensonge a été une arme pour les ennemis du travail, de la famille et de la patrie, et donc contre la France. La Résistance a d’abord été le choix d’une minorité, souvent d’hommes et de femmes clairement à droite, nationalistes. Lors de la libération, le poids tardif, mais important des communistes, la volonté du général de Gaulle de gommer l’image d’officier factieux dessinée par ses adversaires et l’action de Jean Moulin dans la constitution du CNR avaient renversé la tendance. Alors que le général quittait la conduite du gouvernement avant l’avènement de la IVe République, la « culture de gauche » avait pris le pouvoir en France, un pouvoir qu’elle conserve encore aujourd’hui, qui fit vaciller l’homme du 18 Juin au mois de Mai 1968, et continue d’entretenir en France un esprit favorable au temps libre plus qu’au travail, à l’individualisme narcissique plus qu’à la famille et à tout ce qui n’est pas la patrie, que ce soit l’Europe abstraite et technocratique ou que ce soient les « communautés » qui désagrègent le pays. La France a beaucoup souffert du fait que ce n’est pas l’esprit de la résistance qui a conduit l’indispensable révolution conservatrice dont elle a encore le plus grand besoin. |
