Vers où va-t-on ? |
- Roger Stone refroidit l’ambiance
- Les puits de pétrole de schistes s’assèchent plus vite que prévu
- Réflexions du lundi sur la monétisation et les marchés
| Roger Stone refroidit l’ambiance
Posted: 16 Feb 2019 06:34 AM PST Article original de James Howard Kunstler, publié le 28 janvier 2019 sur le site kunstler.com
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
|
Peut-être que vingt-neuf agents du FBI en tenue de combat tactique et une flotte de SUV avec des lumières LED K-Force clignotantes n’ont pas suffi pour débusquer le super-vilain Roger Stone de sa cachette du sud de la Floride. Tu n’as jamais pensé à ça, n’est-ce pas ? Il aurait pu sortir de son trou comme John Wayne à Rio Bravo, brandissant une spatule ou un chausse-pied, puisqu’il n’avait pas de Colt-45 sous la main. Peut-être qu’ils auraient dû envoyer une équipe de SEALs et la ligne offensive des Boston Patriots en renfort. Bref, ils ont choppé le bonhomme ! Et CNN était là pour enregistrer la scène, grâce à l’embauche en 2018 de Josh Campbell, ancien agent spécial du FBI, qui avait été l’adjoint du directeur du FBI James Comey dans une carrière précédente. Comme le monde est petit ! Sans doute Josh a eu vent du raid avant l’aube.

|
Roger Stone n’est pas la tasse d’antigel de tout le monde. Je ne veux pas me laisser aller à juger ce gars trop vite, mais soyons francs, physiquement, il ressemble un peu à Zippy-the-Pinhead – si, disons, Zippy avait réussi à l’université communautaire et appris comment gérer une cravate à quatre mains. Stone représente un certain type de caractère typique dans la politique américaine : Le Joker. Dans le sens Batman du rôle : l’arnaqueur sociopathe. Il s’est fait un nom en inventant des gags pour « Dick le tordu » Nixon, et s’est taillé une longue carrière en tant qu’opus noir politique dans les coulisses du côté républicain. La politique américaine, du moins de mon vivant, n’est qu’un long jeu d’insinuations – la proctologie telle qu’elle est pratiquée par les maitres du commerce électoral – et Roger est célèbre pour avoir trouvé de nouvelles façons comiques de la mettre bien profond à l’opposition. Ainsi, le FBI est venu l’accuser de divers chefs d’accusation de mensonge, de falsification de témoins et d’obstruction à la justice, des accusations qui pourraient le mettre au frais jusqu’à la fin de ses jours – à moins que les agents ne puissent le faire craquer avec une belle confession sur le projet de Trump de vendre l’Arkansas à Vladimir Poutine, ou quelque chose comme ça. Comme je le souligne souvent ici, l’histoire est aussi ingénue. Les choses s’envolent tout le temps hors du champ prévu. Des éléphants roses ; des cygnes noirs ; des nids d’abeille ; des guerres mondiales ; des crash boursiers et Roger Stone. J’ai une théorie selon laquelle Stone, à sa manière tordue, s’avérera être une sorte de héros improbable dans cette sous-section de l’inquisition Mueller. Comment cela pourrait-il fonctionner ? Malgré la tentative de le coincer pour des accusations qui le mettront en faillite et l’enverront mourir dans une glacière fédérale, Stone fera ce qu’il a dit sur les marches du palais de justice : il ne fera pas de faux témoignage contre M. Trump. Ce que cela signifie vraiment, c’est autre chose : il est prêt à entrer dans une cour de justice et à affronter les procureurs de Mueller. Mueller ne veut pas que cette affaire soit jugée au tribunal, je vous l’assure. En l’occurrence, beaucoup de preuves sombres émergeront du côté de la défense dans un tribunal au sujet de la malfaisance criminelle au sein de l’équipe Mueller, et de leur dépendance envers le réseau Clinton de fixeurs, d’escrocs et de voleurs qui ont cuisiné ce coup tordu du FBI c’est-à-dire la longue collusion et l’ingérence russe, des années vous dis-je, au moins si on remonte au printemps 2016. La cause de Stone n’est pas sans rappeler celle du général Mike Flynn, qui a été envoyé à la niche pendant trois mois en décembre par le juge fédéral Emmet Sullivan pour reconsidérer son plaidoyer de culpabilité. Le juge Sullivan sait peut-être que les accusations portées contre le général Flynn constituent une faute professionnelle de la part de Mueller, et Sullivan est intéressé à juger l’affaire pour voir ce qui pourrait en ressortir. Il faudra attendre le mois de mars avant que quelqu’un sache si le général Flynn a eu l’esprit clair dans cette affaire. Stone, d’un autre côté, est prêt au combat. Il a sans honte mis en place un site de soutien aux fonds de défense juridique (Googler le) parce que c’est l’Amérique où vous devez être un gérant de hedge fund pour vous défendre devant une cour de justice contre un bataillon d’inquisiteurs fédéraux qui n’ont jamais à soumettre de factures pour des heures facturables. Pour la plupart des citoyens américains, c’est comme être entraîné dans une fusillade avec un coupe-papier contre une batterie d’obusiers. Tout le monde dans le pays, y compris moi, a sûrement une piètre opinion de Roger Stone et de sa réputation en tant que fossoyeur des basses œuvres politiques. Mais je salue le courage dont il a fait preuve en allant au procès, ne serait-ce que pour voir les preuves présentées par les deux parties. En attendant, je m’interroge sur autre chose. Bien sûr, Trump va finir en enfer à cause du blocage du gouvernement. Mais en le rouvrant pour trois semaines, est-ce que cela permettra de confirmer William Barr comme procureur général ? Et quand cela se produira, cela pourrait-il changer le cours des événements dans le show RussiaGate ? James Howard Kunstler Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel. |
| Les puits de pétrole de schistes s’assèchent plus vite que prévu
Posted: 16 Feb 2019 06:30 AM PST Article original de Sharon Kelly, publié le 19 janvier 2019 sur le site DeSmog
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
|
Puits de pétrole dans l’ouest du Texas, près de Midland. Crédit : © Laura Evangelisto
En 2015, Pioneer Natural Resources a déposé un rapport auprès de la Securities and Exchange Commission fédérale, dans lequel l’entreprise de forage et de fracturation de schiste a déclaré qu’elle forait les puits les plus productifs du Eagle Ford Shale » au Texas.
Cela a fait de l’entreprise un acteur majeur dans ce que les journaux commerciaux locaux appelaient sans doute le plus grand événement économique de l’histoire du Texas », puisque les foreurs ont pompé plus d’un milliard de barils de combustibles fossiles de l’Eagle Ford.
Ces puits dans la zone Eagle Ford, selon le papier de Pioneer, ont été des découvertes massives, chacun d’eux pouvant livrer en moyenne environ 1,3 million de barils de pétrole et d’autres combustibles fossiles sur leur durée de vie.
Trois ans plus tard, le Wall Street Journal a vérifié les chiffres et a enquêté sur la façon dont ces puits massifs se sont révélés être une réussite pour Pioneer.
Il s’avère que ca n’a pas tourné si bien. Et Pioneer n’est pas seul.
Ces puits de 1,3 million de barils, selon le Journal, « semblent maintenant être en mesure de produire environ 482 000 barils » chacun – un peu plus du tiers de ce que Pioneer a dit aux investisseurs qu’ils pouvaient livrer.
Dans le célèbre bassin Permien du Texas, aujourd’hui le gisement de schiste le plus productif du pays, où Pioneer a prédit 960 000 barils pour chacun de ses puits de schiste en 2015, le Journal a conclu que « ces puits sont maintenant en voie de produire environ 720 000 barils » chacun.
Non seulement les puits s’assèchent déjà à un rythme beaucoup plus rapide que prévu par la société, selon le rapport d’enquête du Journal, mais les projections de Pioneer exigent que le pétrole coule pendant au moins 50 ans après que le puits a été foré et fracturé – une projection que les experts ont qualifiée d’« extrêmement optimiste » par le Journal.
La fracturation de chacun de ces puits a nécessité une grande quantité de produits chimiques, de sable et d’eau. Dans le comté de Karnes, au Texas, l’un des deux comtés de la zone Eagle Ford où Pioneer a concentré ses activités de forage en 2015, le nombre moyen de fracturations cette année-là a augmenté la consommation d’eau d’environ 143 000 barils d’eau par puits.

L’enseigne de la station d’eau de Dry Creek semble très sèche à l’extérieur de Sanderson, au Texas. Crédit : Brant Kelly, CC BY 2.0
Un milliard de barils manquants
Et si Pioneer est devenu l’un des foreurs les plus actifs du Permien, il n’est pas le seul à faire des projections douteuses, selon le Journal.
« Les deux tiers des projections faites par les sociétés de fracturation entre 2014 et 2017 dans les quatre régions de forage les plus chaudes d’Amérique semblent avoir été trop optimistes, selon l’analyse de quelque 16 000 puits exploités par 29 des plus grands producteurs dans les bassins pétroliers du Texas et du Dakota du Nord », a-t-il indiqué. « Collectivement, les entreprises qui ont fait des projections sont sur la bonne voie pour pomper près de 10 % moins de pétrole et de gaz que prévu dans ces régions, selon l’analyse des données de Rystad Energy AS, une société de conseil en énergie. »
« C’est l’équivalent de près d’un milliard de barils de pétrole et de gaz sur 30 ans », a ajouté le Journal, d’une valeur de plus de 30 milliards de dollars aux prix courants.
Les problèmes sur lesquels le Journal s’est penché sont familiers à ceux qui ont jeté un regard critique sur les réserves de schistes dans le passé : Les zones les plus productives sont plus petites que prévu et les entreprises prévoient que les puits s’assécheront plus lentement qu’ils ne l’ont fait. DeSmog a lancé sa dernière série sur les difficultés financières des schistes en avril 2018 et notre couverture de cette industrie s’étend déjà sur une demi-décennie.
Pour le Journal, les déceptions étaient d’ordre financier. « Jusqu’à présent, les investisseurs ont largement perdu de l’argent », souligne le journal, ajoutant qu’un examen de 29 foreurs a montré que les sociétés ont dépensé 112 milliards de dollars de plus que ce qu’elles ont gagné en forage au cours de la dernière décennie. « Depuis 2008, l’indice des sociétés pétrolières et gazières américaines a chuté de 43 %, tandis que l’indice S&P 500 a plus que doublé au cours de cette période, dividendes compris. »
Les défenseurs de l’industrie soutiennent que dépenser de l’argent maintenant pour faire de l’argent plus tard, c’est tout simplement la façon dont fonctionne une entreprise – les « pertes » de cette année sont en fait des investissements dans les profits futurs.
Mais comme le forage du schiste argileux est relativement nouveau, même les experts sont laissés dans l’incertitude quant à la quantité de pétrole qui s’écoulera des puits 10, 20 ou 30 ans après leur fracturation – et les investisseurs sont frustrés car les foreurs de schiste argileux n’ont pas réussi à tourner la page et à commencer à faire des profits au lieu de continuer à fonctionner dans le rouge.

« Le seul espoir de l’industrie de rembourser ses dettes et de récompenser les investisseurs en actions est que les prix du pétrole grimpent assez longtemps pour qu’ils puissent générer des flux de trésorerie réguliers sans se ruiner sur les dépenses d’investissement », a déclaré Clark Williams-Derry, directeur des finances énergétiques au Sightline Institute.
« Mais ils auront de vrais problèmes – les zones profitables s’appauvrissent, la production des puits diminue plus vite qu’ils ne l’espéraient, les pipelines sont toujours soumis à des contraintes qui entraînent des rabais importants dans certains marchés, le gaz coproduit est presque sans valeur et tout rebond soutenu fera augmenter le coût des services de forage (c’est-à-dire que des prix plus élevés se traduiront par des coûts supérieurs). »
« En plus », a-t-il ajouté, « les investisseurs doivent s’inquiéter des coûts d’assainissement à long terme ».
Faire appel aux experts
Et la pression sur les experts chargés de préparer les estimations de production de pétrole et de gaz pour les foreurs est énorme. Au fur et à mesure que les premiers puits de schiste argileux vieillissent et que l’histoire de la production s’allonge, les ingénieurs ont mis au point des modèles qui, selon eux, peuvent faire de meilleures prédictions – mais le Journal a suggéré que ces outils n’ont pas été largement adoptés.
« Pourquoi ne le faisons-nous pas ? » a demandé à maintes reprises un ingénieur après que John Lee, l’un des plus éminents spécialistes des réserves aux États-Unis, eut donné une conférence à Houston en juillet sur l’établissement de projections plus précises pour les schistes.
« ‘Parce que nous possédons des actions’, répondit un autre ingénieur, provoquant des éclats de rire », rapporte le Journal.
Les articles du Journal citent fréquemment Rystad Energy, une société indépendante d’experts-conseils en pétrole et en gaz, comme source de projections plus conservatrices – mais, comme DeSmog l’a déjà signalé, Rystad n’est pas la seule grande société indépendante à trouver des indications troublantes que les puits de schistes sont en voie de produire seulement une fraction de leurs réserves « prouvées ».
Wood Mackenzie, une autre grande société d’experts-conseils en pétrole, a étudié le schiste de Permian’s Wolfcamp, où les premières projections prévoyaient que la production d’un puits vieux de cinq ans devrait diminuer à un taux de 5 à 10 %. Selon l’entreprise, ces puits, en fait, diminuent d’environ 15 % par année – une baisse beaucoup plus importante que prévu et un signe inquiétant pour toute entreprise qui projette que des puits peuvent durer 50 ans.

|
Et le géant Schlumberger – qui, comme Halliburton, se spécialise dans les travaux de fracturation hydraulique sur des puits forés par d’autres sociétés – a commencé à attirer l’attention sur un problème aux impacts beaucoup plus immédiats : Il y a trop de monde dans les bons coins. Depuis des années, l’industrie affirme qu’elle peut minimiser les impacts en forant plusieurs puits à partir de la même plateforme de forage, mais dans certaines parties du Permien, les puits forés plus tard sur ou près des plateformes existantes se sont révélés environ 30 % moins productifs que le premier puits foré. « Le consensus bien établi du marché selon lequel le Permien peut continuer à fournir 1,5 million de barils par jour de croissance annuelle de la production dans un avenir prévisible commence à être remis en question », a déclaré Paal Kibsgaard, PDG de Schlumberger, lors d’une conférence téléphonique en octobre 2018. « À l’heure actuelle, notre industrie n’a pas encore compris comment l’état des réservoirs et la productivité des puits changent alors que nous continuons à pomper des milliards de gallons d’eau et des milliards de livres de sable dans le sol chaque année. » M. Kibsgaard a averti que des problèmes similaires commencent à apparaître sur la zone appelée « Eagle Ford ». Les coûts à long terme d’un boom et d’une récessionLe comté de Karnes est toujours la partie la plus active de la zone Eagle Ford, avec 562 permis de forage émis l’an dernier. Après un boom pétrolier enivrant, les prix du pétrole ont chuté en 2015 et 2016, entraînant la mise à pied de milliers de travailleurs et l’assèchement des redevances. Au cours de la dernière année, les forages ont refait surface, mais à un rythme plus lent. « Ce n’est pas un boom, mais il y a une résurgence ici dans l’Eagle Ford », a déclaré Rick Saldana, surintendant d’une société énergétique, au Houston Chronicle en octobre. Les investisseurs ont fait face à une période difficile. Sanchez Energy, le troisième plus important foreur dans la zone Eagle Ford, a été averti à deux reprises par la Bourse de New York qu’il sera radié de la cote si le cours de ses actions, maintenant à environ 0,26 $ par action, ne dépasse pas bientôt 1 $.
Mais d’autres impacts du cycle d’expansion et de récession sont plus profonds. Et alors qu’au cours de la dernière décennie, Wall Street et d’autres investisseurs ont investi des milliards de dollars dans la fracturation – le Journal a comptabilisé 112 milliards de dollars de dépenses de plus que les revenus de production de 29 grands foreurs – les États-Unis, plus généralement, n’ont pas investi sérieusement dans une transition rapide vers un changement climatique loin des carburants fossiles. Les États-Unis risquent donc d’être laissés pour compte, car le reste du monde concentre ses efforts sur l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables qui ne s’épuisent pas comme les puits de pétrole. Bethany McLean, journaliste financière célèbre pour avoir d’abord publié l’histoire d’Enron, a récemment raconté à Fortune les conversations qu’elle avait eues avec d’importants investisseurs privés alors qu’elle étudiait son nouveau livre Saudi America.
|
| Réflexions du lundi sur la monétisation et les marchés
Posted: 16 Feb 2019 06:20 AM PST
Article original de Chris Hamilton, publié le 6 janvier 2019 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr Ou dire que les notions fondamentales n’ont pas d’importance, seule la liquidité compte
|
Comme je ne suis ni économiste, ni associé à des institutions financières ou d’investissement, et que je n’ai rien à vous vendre ou à vous acheter, cher lecteur, j’ai la liberté totale de dire ce que je veux et de partager ce que je vois.
Dans cet esprit, je reviens sur le bilan de la Réserve fédérale par rapport au curieux cas des réserves excédentaires des méga-banques. La semaine dernière, j’ai détaillé qu’à chaque fois que la Fed a cessé d’augmenter son bilan ou de le réduire complètement, le résultat a été nettement négatif pour les prix des actifs (ICI). Cependant, comme pour tout, il y a un peu plus à creuser dans cette histoire.
Le graphique ci-dessous montre la hausse des bons du Trésor de la Fed (ligne bleue), des titres adossés à des créances hypothécaires (ligne rouge) et la hausse plus la baisse des réserves excédentaires des banques. Ce qui est si intéressant, c’est que les réserves excédentaires des banques n’ont pas commencé à diminuer lorsque le resserrement quantitatif de la Fed a commencé, mais dès la conclusion de l’assouplissement quantitatif à la fin de 2014. Et les réserves excédentaires ont déjà diminué de 1 200 milliards de dollars, tandis que le bilan de la Réserve fédérale a diminué « seulement » d’environ 400 milliards de dollars.
Maintenant, si j’étais cynique, je dirais que c’est presque comme si le plan de la Fed avec ces réserves excédentaires était de les utiliser comme une éponge pour absorber les liquidités pendant l’assouplissement quantitatif et ensuite de continuer à libérer des liquidités longtemps après l’assouplissement quantitatif… et même bien après que l’assouplissement quantitatif ait été oublié (je suis assez cynique en fait). Le terme pour cela est « monétisation », quelque chose que la Fed a dit qu’elle « ne ferait jamais ».

Le graphique ci-dessous montre l’augmentation massive du bilan de la Fed (ligne blanche), les réserves excédentaires des banques (ligne noire), et la quantité de monétisation (ligne jaune) flottant dans le système n’attendant qu’un effet de levier de 5x, 10x ou peut-être même 20x pour ce montant.

Ainsi, dans un monde où le flux de liquidité semble être le saint graal, le graphique ci-dessous devrait être intéressant. C’est la variation hebdomadaire du Wilshire 5000 (ligne pointillée jaune … représentant toutes les actions américaines cotées en bourse) par rapport à la variation hebdomadaire de la monétisation (ligne bleue) depuis le début du resserrement quantitatif à la fin 2017.

Ce qui n’est peut-être pas si surprenant, puisque le QT de la Fed a augmenté (et diminué le flux de monétisation), les actions américaines ont réagi de manière synchrone. Les deux cases rouges ombragées montrent l’impact sur le Wilshire pendant les périodes où le flux de monétisation est devenu négatif …. volatilité massive pendant les périodes où il n’y avait plus de liquidités disponibles. Encore une fois, il n’est pas surprenant que le rebond du marché après Noël ait été précédé par la plus importante monétisation depuis la dernière fois que le marché a été soulagé par une monétisation nette aussi importante en mars 2018 (toutes deux soulignées par des flèches rouges).
C’est presque comme si toutes les histoires de guerres commerciales, d’emploi, etc … n’étaient que du bruit dans un marché qui ne réagit vraiment qu’à la hausse et/ou à la baisse de la liquidité. Donc, à la fin de la semaine dernière, lorsque le président Powell a dit que la Fed écoutait, je crois que c’est le bruit d’une convulsion systémique pendant une période d’illiquidité qui a pu être entendu … et la liquidité est probablement ce que lui et son équipe vont « coordonner » (c’est-à-dire, plus de monétisation via des réserves excédentaires sortant plus rapidement que les réductions de bilan de la Fed) si le but est de maintenir le statu quo, au moins jusqu’à épuisement des réserves excédentaires et avant une nouvelle ronde de QE et plus de NIRP ? Bien sûr, tout cela n’est que du rouge à lèvres sur le cochon, car les vrais problèmes ont récemment été détaillés ICI et ICI.
Chris Hamilton



